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 You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren

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MessageSujet: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Dim Déc 13 2015, 12:00


You have the choice. Stand and join the race, or get down.
Ren & O'Shean


Quand mon téléphone personnel à bourdonné au milieu de la nuit, je l'ai immédiatement saisit. Il n'y a que ma meute et mes proches alliés qui ont ce numéro, et cela signifie en général qu'il y a urgence, car nous préférons tous nous parler de vive-voix, les affaires surnaturelles n'étant pas matière à discuter dans un téléphone pouvant très facilement être mit sur écoute. Et étant donné que la plupart des créatures ont également une ouïe très fine, il n'y a guère de discrétion en utilisant l'un de ces appareils. 'Brianna', je fronces les sourcils et décroches, tout en me redressant en position assise, tout le corps raide et douloureux de la transformation récente et de l'entraînement sans relâche qu'on impose au greenie.

"-Brianna, je t'écoutes."

Sa voix n'est pas essoufflée de peur ou de douleur, et elle me rassure tout de suite en me disant qu'elle va bien, mais elle doit à tout prix me mettre au courant de quelque chose. Frottant mon visage pour en chasser le sommeil, je grognes pour l'enjoindre de continuer, sentant déjà les ennuis arriver. Brianna est une sorcière, et elle protège notamment notre domaine, mais elle ne m'appellerait pas à cette heure là juste pour une vérification, alors soit il y a une intrusion et un problème que je n'ai pas sentit, soit c'est à propos d'un loup. Je fais rapidement un check de mes loups. Le lien est évidemment plus facilement retraçable pour ceux qui sont proches, mais même pour ceux vivant dans le centre de Inverness je suis capable de sentir qu'ils vont bien. Ce qui laisse....Un loup étranger. Enfin pas si étranger que ça. Son frère. Ancien chasseur MacTavish. Un gamin qui vient seulement de lui demander son aide devant la fatalité.

Mes mains se crispent sur les draps, forçant ma voix à rester tranquille, je demandes à Brianna de l'amener séance tenante et de m'attendre à la limite des protections. Car sous les siennes dans la terre même sont imprégnées les miennes. Et bien qu'il ne se soit pas encore transformé, il n'appartient pas à ma meute et ne pourra donc pas entrer sans mon accord. Nous raccrochons et je m'habilles rapidement, enfilant un jean et un t-shirt. Ca sent les emmerdes à plein nez cette histoire. Le gamin vient d'un grand clan, plus réputé pour sa chasse du surnaturelle que pour s'être alliés à des créatures. Brianna étant la brillante exception. Ce qui veut dire que le petit à certainement une haine des loups enchaînés au corps. Mais il a survécut a la morsure, ce qui implique aussi un esprit déterminé et fort, un instinct de survit qui l'a poussé à combattre la fièvre. Ca ne veut pas dire qu'il survivra à la première transformation. En tout cas pas sans alpha. Et pour que Brianna me l'amène, c'est que l'Alpha l'ayant mordu ne souhaite pas le réclamer. Il s'est certainement rendu compte de l'identité de sa victime trop tard. Et s'apprêtait à le laisser mourir. De rage je cognes le mur, écorchant ma peau assez durement pour me remettre les idées en place. Je vais devoir trouver qui est cet alpha qui nous met tous sur la sellette. Et en attendant me voilà avec un nouveau greenie sur les bras.

Camille est solitaire et méfiant, il me demande beaucoup de patience et de finesse car il réfléchit à chaque seconde, ne se laisse jamais aller, ce qui est à la fois bien car il garde le contrôle ainsi, mais il va devoir apprendre à embrasser la bête également s'il ne veut pas que celle-ci riposte. Alors avoir un deuxième greenie va surement pas m'aider. C'est pas le genre à aimer une saine compétition ou camaraderie. J'ai peur qu'il ne se referme encore plus, surtout si le nouveau est plus agressif.

Bordel de merde. Inverness est vraiment la capitale des surnats. Je vais sûrement devoir revisiter mes plans. On commence à être trop. La ville n'est pas si étendue que ça, et bien que notre territoire le soit, avec deux loupiots on s'expose beaucoup, surtout que l'un a été mordu par un autre alpha. La maison est encore plongé dans le noir, bien que l'aube soit proche. Ce sera une journée froide, et je devines déjà que l'herbe sera figée sous une rosée glaciale. Je prépares du café, sort du thé et du chocolat, des trucs à manger, il est impératif que je me cales une dent histoire d'endormir un peu la rage du loup. Car celui-ci est encore juste sous ma peau, brûlant et acéré. Et il va vouloir refaire surface en voyant un petit non marqué sur son territoire. Je vais devoir lui donner ma marque, et dieu seul sait comment. Le plus simple sera d'échanger notre sang, mais je doutes qu'il accepte, alors il me faudra peut être attendre la pleine lune si je ne veux pas avoir à le faire en le contraignant, ce qui ruinerait toutes nos chances de commencer sur le bon pied. Il va donc falloir que je le protèges de tous les autres loups d'une autre manière. Il me faudrait du whisky.

A l'heure dite, mes pieds nus foulent la terre froide, et je me connecte à mon territoire, cherche à dessiner dans mon esprit les limites de notre terre. Je me tiens juste dessus, créant une brèche. Après avoir salué Brianna, je l'enjoins de rentrer. Je ne peux me permettre de l'inviter à cet instant présent. Ce que je vais devoir révéler à son cousin est l'essence même de notre race. Et toute sorcière bienveillante qu'elle est, elle est humaine et ne pourrait comprendre. Je vais devoir faire affleurer sa bête, l'appeler pour qu'elle reconnaisse la mienne, et ce n'est pas quelque chose qu'un non loup peut voir. Je lui assure que tout ira bien, que je l'appellerais dans quelques heures.
Puis me tournant vers le gamin, je le détailles rapidement. Regard sombre et posture droite, il est jeune mais il a vu assez d'hiver pour être un homme et je ne doutes pas qu'il a déjà suivit un entraînement physique si il était sur le point de se lancer dans la traque. Lentement mais fermement, je poses une main sur son coeur et une autre autour de son cou. Je ne sers pas, je ne mets pas de force dans ces deux gestes, ils servent simplement à l'attirer avec moi tandis que je recules à l'intérieur de nos limites. Ceci fait, les protections l'empêcheront à présent de sortir sans mon autorisation. Ce qui lui laisse tout de même quelques centaines d'hectares s'il souhaite s'échapper. Je le relâche et commences à me diriger vers la maison, invisible à cette distance.

-Je suis O'Shean, alpha de Inverness, maintenant suis moi, on a beaucoup à parler.

 
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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Dim Déc 13 2015, 20:36




Le nez dans les étoiles.
Elle lui avait chuchoté que tout allait bien se passer, la Lune.
Et il lui avait dit d’aller se faire foutre.


Son sac dans les bras, pressé contre son torse, la lèvre inférieure tremblante d’une frayeur qu’il était difficile de nommer, Renier observait Brianna de sa prunelle sombre. Le battement de son cœur bourdonnait à ses tempes. Son visage le tiraillait, à force de cris et de larmes qui avaient séchés sur sa peau. Tu m’as vendu, qu’assassinait son regard à la sorcière. Comme un animal aux abois, il s’était tassé sur lui-même en voyant la silhouette du lycan s’avancer dans la nuit. Il s’était fait tout petit, pendant l’échange entre les deux complices. De la même manière qu’il était venu jusqu’ici comme un condamné à l’échafaud. C’était impuissant, qu’il avait assisté au coup de téléphone. Qu’il avait entendu la voix grave à travers le combiné. Qu’on avait décidé de se le refiler comme un paquet de linge sale encombrant. Il observait le colosse barbu et sa présence l’empêchait de respirer. Il l’avait déjà ressentie, à l’orée de ses perceptions, comme s’il goûtait de loin de quoi il était fait. Il allait l’avaler, Renier aurait pu en jurer.

Un glapissement s’était échappé d’entre ses lèvres, quand le lycan avait posé ses grosses pattes sur lui. Il avait eu l’intention de se débattre, le louveteau, mais la poigne de l’alpha l’avait ramolli. L’instant d’avant, il n’avait aucune envie de le suivre et maintenant il ne pouvait plus regarder en arrière, de là où sa sœur était partie. Big O’, comme Ren décida de le surnommer instantanément, se présenta brièvement seulement. Un prénom. Puis ce gros mot d’Alpha et il était attendu du loup qu’il le suive sans rechigner. Et le pire c’était que ses guiboles se mirent au pas d’elle-même. Dans le sillage du chef de meute, Renier n’aurait pas été jusqu’à dire qu’il se sentait bien mais les larges épaules du loup le rassurait. Et il devait l’avouer, il avait un beau cul.

Par bien des égards, Renier était surpris par l’animal. Il s’était sans doute figuré une montagne de muscles, tout en griffes et en crocs. Une bête de l’enfer avec deux braises à la place des yeux. Mais le regard du lycan était surprenant de douceur et même s’il avait l’air d’un gars avec lequel il ne fallait pas chahuter, il n’imposait pas chez le cadet MacTavish cette franche terreur à laquelle il s’était attendu. Pourtant cela ne l'empêcha pas, une fois à l’intérieur de l’imposant manoir qui était la demeure des loups, d’aller se caler dans un coin, dos contre le mur et de se laisser tomber au sol, un grondement ininterrompu roulant dans son poitrail. Il n’avait aucune intention de le laisser le toucher encore, et le transformer en chewing-gum pour le modeler selon ses désidératas. Il n’était pas une bête, lui. Il se lécha les lèvres, plusieurs fois. Mal à l’aise. Puis montra les dents quand O’Shean esquissa le moindre mouvement, se renforçant plus profondément dans son petit coin, si c’était possible. Il ne le regardait pas dans les yeux, il s’imaginait qu’il serait perdu s’il le faisait.

Quelques secondes, Renier se gratta le front pour son visage se contracta alors qu’un sanglot lui échappait. Il serra les dents, à s’en faire péter la mâchoire, pour retenir les larmes. Il n’était pas un faible non plus. Il avait le sang des MacTavish dans les veines. Comme Brianna. Comme Alastair. Il n’avait pas à se soumettre à toutes ces conneries. « Tout ce que je veux moi c’est que vous sortiez ce truc de moi. » Dit-il, mâchoires verrouillées, crachant sa rage sur son menton.

« Avec votre vaudou machin. J’m’en fous de comment. » Ouvre moi le bide, façon alien si ça te chante.




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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Dim Déc 20 2015, 20:08


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Ren & O'Shean


Le petit pue la peur et la colère. Tout son corps tremble de ses deux émotions, et je suis même étonné qu'il n'ai pas déjà pris ses jambes à son cou ou en tout cas tout fait pour s'arracher à cette situation. Cela aurait été plus logique et peut être même plus facile s'il avait réagit comme ça, car alors j'aurais pu lui prouver les avantages d'être ce que l'on est et ce qu'il va devenir. Mais là, il est coincé dans une situation qu'il subit et en plus il doit se sentir trahi par sa soeur qui le confie à un total étranger. Je sens ses sentiments, et je peux comprendre que la situation lui répugne et même le terrifie. Mais on n'a pas le choix. On aurait eu plus de temps je l'aurais laissé rester chez Brianna encore quelques temps, se reposer, la laisser soigner sa plaie et amorcer le terrain. Mais il a révélé trop tard à la sorcière ce qui lui était arrivé, ce qui fait que la bête est en lui, profondément ancrée, mais non liée. Je peux sentir les deux coeurs qui battent, l'odeur fauve qui se cache derrière son odeur d'humain. Le loup pour l'instant végète, prisonnier de l'esprit et du corps de l'humain, mais la lune va vite rétablir l'équilibre et il vaudra mieux pour lui que je sois là pour appeler la bête moi-même, la soumettre à mon autorité et lier humain et animal en un être. A partir de là, on sera liés également lui et moi, et il deviendra membre de ma meute, ma responsabilité. Une vie sur laquelle je devrais veiller en tout temps.

Je pourrais ravager une forêt entière de mes griffes, et déchirer de nombreuses carcasses pour passer ma rage à défaut d'avoir le monstre qui a mordu le gamin avant de l'abandonner, laissant à la chance le soin de décider s'il s'en sortirait, au risque d'avoir un loup sauvage en liberté et un humain à l'esprit déchiré erré parmi les villes. Et s'il ne s'en était pas sortit, cela ne fait aucun doute que ça ne l'aurait pas empêché de dormir vu qu'il n'a rien fait pour approcher le jeune Mac Tavish et le réclamer. Je ne peux évidemment pas me permettre de me lancer dans une vendetta contre un autre alpha, mais il va falloir que Ren me parle des circonstances de son attaque que l'on puisse remonter d'une façon ou d'une autre à son agresseur et que celui-ci soit châtié pour cela.

Mais pour le moment il me faut parler au loup. Il me file pratiquement la nausée tant ses sentiments sont puissants. Peur et dégoût ne sont pas habituels chez les loups, ils ne sont pas surprenant chez un humain, mais il sent aussi la bête, alors c'est plutôt déroutant. Surtout que je ne peux utiliser aucun de mes tours d'Alpha sur lui vu qu'il me regarde comme si j'étais le croquemitaine.

On finit par arriver après me semble-t-il une éternité, et je fouilles rapidement la maison de mes sens avant de nous faire entrer. J'ai heureusement eu le temps de prévenir ceux qui habitent ici que j'avais besoin d'avoir la maison pour moi jusqu'au deux jours précédant la pleine lune ou nous nous retrouvons toujours tous ici. On ne sera donc pas interrompu, et il n'y a aura pas de nouvelles rencontres éprouvantes pour le jeune Mac Tavish.

Il s'éloigne de moi autant qu'il le peut, se roulant en boule au sol dès que cela lui est possible. Un sourire amusé ourle mes lèvres tant il ressemble à un chat enragé, montrant les dents, et grognant. Il n'est pas encore l'un de mes loups alors je laisse passer. Il a peur, je l'impressionne très certainement et bien que je ne l'ai pas traîné de force, je ne lui ai quand même pas laissé le choix, alors je peux me montrer flexible pour une fois et tenter d'arrondir les angles. Il finira par prendre ses marques. Ignorant donc royalement ses marques de défense, je nous sers deux bières, posant la sienne à portée de mains sans l'approcher de trop près et finit par m'assoir moi aussi par terre, laissant une distance trop importante entre nous pour que cela soit réellement naturel, mais ça ne fera pas de mal de lui laisser son espace. En tout cas tant que la lune ne sera pas pleine.

Les premières paroles qu'il prononce sont comme un coup de poignard. Je sens sa détresse, sa douleur et le fait que malgré tout il me croit le seul capable de régler la situation. Mais ce n'est pas le cas. Je ne peux pas reprendre la bête. Mais ce que nous allons accomplir ensembles sera bien plus fort et changera complètement sa vie. J'ai bien conscience que c'est une course contre la montre, qu'il ne faudra rien relâcher, pas une seconde, que j'aurais à affronter les angoisses les plus profondes d'un humain et l'instant d'après sa rage. Il a été élevé pour devenir chasseur et on lui a attaché la peur et la répulsion de ce qu'on est au corps. Alors il va falloir qu'on trouve un compromis pour qu'il survive à la transformation, qu'il accepte le loup. Qu'il apprenne à être libre. C'est peut être le plus dur.

-Je ne peux défaire ce qui a été fait. Tu as survécu à la transformation et vos deux corps et esprits sont déjà liés. Mais je te protégerai et je t'accompagnerai.

Je bois une gorgée de ma bière avant de reprendre.

-Tu es ici chez toi. Il doit encore y avoir des chambres de libres à l'étage, choisis celle que tu veux, installe toi. S'il te manque quoi que ce soit, ou si tu veux récupérer des affaires, je ferais le nécessaire. La cuisine est aussi en libre service, a toi de voir si tu préfère partager tes repas ou pas. Pour le reste je peux répondre à tes questions et t'expliquer ce qu'il va se passer, ou te laisser tranquille. A la pleine lune les choses s'enclencheront d'elles-même et je les gérerais. Ensuite on verra ensembles. Si ça te va on peut fêter ta venue par un duel sur la Xbox, ou alors je te laisses découvrir la baraque.

J'espère que lui laisser de l'espace et ne pas lui mettre de pression l'aidera à se calmer. C'est en tout cas le premier point sur lequel on va devoir se pencher car la situation va devenir atroce si je n'arrive pas à le rassurer. Mais j'ai confiance. Il est certainement naturellement assez curieux pour ne pas rester dans son coin. La faim le poussera au moins à ne pas se laisser mourir, et j'espère aussi également qu'un jeune homme de son âge ne saura résister à l'appel d'une console, surtout avec la possibilité de me battre...



 
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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Dim Déc 27 2015, 01:36



Des regards à la dérobée.
L’épine dorsale hérissée sous le pull ;
Un roulement de tambour entre les côtes, il regardait le géant blond comme s’il était la mort.


Mais il était attentif tout de même, à sa position dans la pièce et à l’intention de ses mouvements, prêt à se carapater à la moindre menace qui couverait. Il se tendit, muscles en défense quand l’alpha fit mine d’approcher, rien que pour déposer  la bière au sol et il la considéra avec défiance alors même que la bouteille était toujours close. Territoire ennemi. Il détestait avouer qu’il était faible à une autre personne. Le seul qui connaisse certains de ses trémolos, c’était Alistair, son cousin car ils partageaient certains points de connivence. Le dégoût de l’arme et de la sueur sur la peau, pour autre chose que dévorer la chair à coup de passion. La traque patiente sur le papier, cachée sur les étagères du monde entier.  Même certaines de ses angoisses étaient inconnues de Brianna, son amazone de sœur car il craignait par trop de la décevoir. Rêve déchu, ce soir il était un paquet laissé à la porte d’un inconnu. Un problème dont il avait fallu se débarrasser. La bouteille resta à un mètre de lui, intacte. Il croisa ses bras devant lui, protégeant ses flancs, face à la menace.

La détresse posa un masque de douleur sur ses traits lorsque le lycan refusa tout de go de le sauver. La bête avait pris racine en lui, chose qu’il avait crainte en la sentant pousser les parois de son corps et y faire griffes et crocs. Comme lorsqu’enfant, il piégeait une grenouille dans ses paumes et la sentait pousser sur ses pattes pour échapper à sa prison de chair. Même lorsqu’elle semblait s’apaiser, il ressentait toujours sa respiration en sourdine. Son intrusion dans ses pensées. Des images vives qui n’avaient curieusement pas de secret pour lui. Ils parlaient un langage commun, mais il refusait d’en reconnaître l’apprentissage. Il emmêla ses doigts aux boucles qui tombaient sur son front, tirant dessus, les malmenant alors qu’il cherchait déjà comment contrer le fatalisme de Big O’. Impossible que ce soit « trop tard ». Des mots comme ceux-là, n’existaient pas dans leur monde à eux. Aux monstres de contes.

Il décortiqua chacune des paroles de l’alpha, gardant le silence mais ses prunelles vives accrochées au chef de la meute. Il se demandait comment tout cela marchait vraiment. Si c’était à lui de faire les arrangements pour qu’il récupère ses affaires, c’était qu’il n’était pas libre de ses mouvements. Accès illimité à la cuisine. Il détailla l’endroit pour la première fois avec plus d’attention. Oui mais qui allait payer pour tout ça ? Est-ce qu’il était tombé dans une secte qui allait ponctionner son compte jusqu’au dernier penny et lui faire porter des vêtements de l’armée du salut ?

« Sérieusement ? » Qu’il railla enfin, en détournant enfin le visage, cachant le sourire plein de dents qu’il avait esquissé. Férocité latente. « Y a ce truc qui me bouffe et vous vous voulez jouer à la console ? Ca tourne pas rond dans votre caboche. Vous allez gérer quedal ! J’veux pas devenir un putain de monstre alors faut arracher ce truc de moi ! Vous comprenez pas, j’veux pas puer le cabot mouillé et hurler à la lune. Encore moins jouer les hippies et me balader le cul à l’air dans cette baraque de merde. J’suis déjà mort si vous le faites pas partir ! J’suis mort ! »




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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Mer Déc 30 2015, 15:31


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Ren & O'Shean


Karma, le destin, le cosmos ou je ne sais quel lutin malfaisant a vraiment dû faire une erreur en me confiant Renier, et surtout en le transformant. Ce gosse n'est pas un louveteau. C'est un chaton. Un putain de chaton qui miaule de mécontentement quand il ne feule pas contre son sort. S'il le pouvait il me lacérerait certainement de ses petites griffes ridicules avant de se glisser sous le canapé. Malheureusement pour lui il occupe un corps d'humain alors c'est plutôt mal barré. Et je n'ai pas de maîtrise en psychologie, alors soit on trouve une solution tous les deux, soit je vais devoir appeler un charmeur d'ado.

Vu que dialoguer n'a pas l'air de marcher, je finis par fermer ma gueule devant l'air boudeur et vengeur de mon invité. Pas plus que lui je n'ai voulu de cette situation, mais on n'est pas en guerre ni en fuite, on n'a pas de chasseurs à notre trousse ou de vampires voulant manger du lycan à dîner. Alors oui ça fait chier, mais bordel si c'est ça ou crever, il va devoir vivre le morveux. Contrairement à nous autres, il pourra toujours voir Brianna, en tant que sorcière elle est évidemment au courant de notre façon de vivre et de nos règles, je pourrais la laisser revenir ici aussi souvent qu'ils le souhaiteront dès qu'il sera capable de se contrôler. Car malgré sa force indéniable, je ne mettrais pas la sorcière en danger juste pour conforter le gamin. Il va devoir apprendre à penser large plutôt que le bout de son nez. Quand je sens la bête qui tente de se faire une place, de se lier à lui, j'en profites pour pousser ma magie dans la pièce et autour de lui. Je lui transmets des ondes apaisantes et peu à peu j'endors le loup. Ce ne sera que temporaire, Renier est bien trop agité pour que ça dure, mais en attendant ça devrait le soulager. Les humains se comporte en bêtes acculées face à la douleur.

Quand soudain il décide de me répondre, il se montre acide et agressif, et bien qu'en soi j'en ai rien à carrer de ses menaces sous jacentes ou compliments charmants, je ne peux pas le laisser croire qu'il va s'en sortir en se cachant derrière sa peur et sa colère. Alors quand il arrête, je le regarde dans les yeux et intensifie mon aura d'alpha.

-Si tu as finis, je vais t'expliquer les choses d'une façon que tu vas devoir comprendre. Il n'y a aucun moyen de te séparer du loup, si l'un de vous meurt, l'autre meurt. Et c'est hors de question que je laisse ça arriver. Tu as survécus à ça, et à présent tu ne seras plus malade, tu ne craindras plus ni le froid ni personne. Tu entends ? Tu n'es pas une proie. Tu es un putain de loup-garou, alors va falloir bouger ton cul maigrichon de mon parquet parce que tu fais à présent partis d'un clan et tu vas y gagner ta place.

Quand j'ai finis, je ramasse ma bière, et le relève en le tirant par son col. Ceci fait, je me diriges vers la cuisine. Ca creuse de se disputer, et j'ai perdu l'habitude de devoir prendre des pincettes. Je sors un pot de glace et une cuillère, s'il décide de manger il se servira comme un grand. Ouvrant en grand les baies vitrées je vais me poser sur une chaise à l'extérieur et allume une cigarette. C'est ça ou frapper quelque chose bordel. Alors ce sera goudron.

 
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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Dim Jan 03 2016, 23:54



Les crocs aiguisés rognaient son intérieur. Les frissons roulaient sous sa peau comme une mauvaise fièvre et c’était « là ». La bête cherchait à l’atteindre et étouffer ses craintes mais elle ne faisait qu’aiguiser sa panique car Renier ressentait déjà une certaine résilience à sa présence. A tâtonner pour puiser dans sa sauvagerie et la cracher au visage de l’alpha. Un picotement à la nuque l’alerta, et fit couiner le loup en interne et ses muscles devinrent mous comme du chamallow. Sa peau le picotait, soumise à l’influence du chef de meute. Et soudain il fut seul. Un discret soupir franchit ses lèvres et il s’avachit contre le mur qui le soutenait, plutôt que d’essayer de s’y incruster. Une résistance en lui, néanmoins, testait les liens qui le rattachait à son loup et il serra les poings en constatant qu’il était toujours là.

Un glapissement sinistre s’échappa de ses lèvres et il se laissa manipuler comme un vieux torchon, ses jambes ne le soutenant que par la volonté d’O’Shean. La poigne du lycan était aussi solide que l’acier. Il comprit alors que l’alpha était bien en train de le manipuler, mais pas dans le sens où il le souhaitait. Il faisait déjà de lui « sa chose ». Il le dit, haut et fort, qu’il ne permettrait pas sa disparition et le jeune homme eut déjà l’impression de s’être perdu. Entre l’animal qui le rognait de l’intérieur et celui qui lui faisait face. Si son speech avait pour but de secouer Renier, il partait dans la mauvaise direction car l’idée d’appartenir à la meute le répugnait. Il avait déjà une place dans le monde.

La baie ouverte, était une invitation trop idéale. Si ni lui, ni Brianna ne souhaitaient l’aider, il allait le faire lui-même. Qu’ils aillent tous se faire foutre. Il récupéra son sac, oublié dans la joute engagée avec le loup, et passa les bretelles sur ses épaules. Son cœur pompait son sang à ses tempes et ses oreilles bourdonnaient. Pourtant il savait, exactement, où se tenait Big O’ dehors. Et s’il était assez rapide, il pourrait l’éviter. Les bras le long du corps, ses doigts s’agitant convulsivement, il inspira plusieurs fois, paupières closes. Et à mesure que l’oxygène se déroulait dans ses veines, il avait cette certitude que ses bras et ses jambes étaient des pattes. Et que ses griffes l’aiderait à garder son équilibre sur le sol meuble de la forêt.

Il déboula en trombe à l’extérieur et fila aussitôt vers les arbres. Il louvoyait entre les troncs, rapide et léger comme jamais auparavant. Juste à temps pour ne pas se prendre les pieds dans les racines ou heurter les branchages. Il se sentait pousser des ailes, sa foulée de plus en plus alerte. Il déboucha bientôt à la lisière du territoire lycan. Il y était presque. Un rire hystérique franchit ses lèvres et il augmenta encore sa vitesse. Puis il se retrouva allongé au sol à voir toutes les constellations. Il se redressa rapidement, malgré la confusion qui le faisait tituber, et se heurta à une paroi invisible. Animal en cage. Il eut beau se plier et charger, gratter la terre ou s’y abîmer les poings. Il n’avait pas moyen d’aller de l’autre côté.

Il n’y avait rien d’humain dans le cri qui franchit ses lèvres.
Ni dans la fureur d’or qui brillait dans ses prunelles.
Et rien qu’une douleur indicible, quand sa colonne vertébrale craqua.






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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Mer Jan 06 2016, 00:17


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Je la regarde cette putain de cigarette. Ce bâtonnet de cancer, fragile petite chose toxique qui se glisse pourtant avec aisance entre mes doigts s'immisçant entre mes lèvres sans que je ne puisses l'en empêcher. Pas que je le veuilles. La cigarette et moi on a une longue histoire. De celle sans heurts, sans bataille. Non c'est une vieille compagne, douce amère, réconfortante. Elle me permet de m'éloigner, de prendre de la distance, elle repousse les plus sensibles, et fait taire ceux qui n'ont rien contre une de ses soeurs. J'aime la fumée dont elle enrobe mon visage, me volant au regard des autres pendant un instant délicieux. Et la brûlure dans ma gorge, l'incandescence de son extrémité. Elle se consume et m'emporte avec elle jusqu'à la dernière seconde. Mon corps se détend, le loup chassé par l'odeur et les substances cancérigènes fuit au fond de moi, se tapissant quelque part en attendant son heure. Mais cette fois la ruse ne va pas durer longtemps car il rôde, intrigué et agacé par ce louveteau qui le provoque.

Il grogne, il gémit, il remue, mais il ne fait preuve d'aucune force. La bête voudrait le pousser du museau, le retourner de la patte, le pousser à courir, à bondir, à se défaire de cette coque humaine qui l'entrave. Je le sens, ces envies qui sont trop brutales, cette volonté implacable. C'est inéluctable, mais pas maintenant. Techniquement il pourrait se transformer avant la pleine lune, et sans mon aide, mais cela fera de lui quelque chose de brisé, ni loup ni homme, coincé entre ses deux réalités qu'ils cherchent à repousser de toutes ses forces. Mais on peut se battre pour ce que l'on veut obtenir, pas contre ce que l'on est.

Je le laisses filer. L'air frais lui évitera peut être une crise de panique, bien que la maison soit un grand espace ouvert à l'exception de l'étage des chambres et salles d'eau, c'est un espace clos avec des murs et un toit, ce qui est quelque peu anxiogène au début. Peu à peu on s'y fait à nouveau, on trouve du réconfort à ce foyer qui est stable quand toute notre vie peut basculer au moindre instant. Mais je me rappelle combien il m'était difficile de me détendre et d'accepter de rester dans un espace fermé alors que je venais tout juste de me transformer. Rien ne pouvait me retenir. Je pouvais courir des jours et des nuits, pourchassant mes congénères par jeu quand nous avions repus nos estomacs affamés. Mais il est loin ce temps de libertés ou nos territoires étaient dépourvus de toute vies humaines autres que les nôtres. Je regrettes de ne pouvoir le laisser courir jusqu'à l'épuisement. De le laisser fuir jusqu'à ce que son corps prenne le relais et que son esprit doive accepter que ses nouvelles sensations sont extraordinaires et qu'il ne peut pas les abandonner par peur de l'inconnu. Mais nous vivons trop près des humains, des flics, des chasseurs, et sa propre famille n'hésiterait pas à le descendre s'il s'approchait d'eux à présent. Cette époque et cruelle et grinçante.

Je le sens, au fond de moi, ce premier souffle qu'il prend en tant qu'animal. Il habite toujours son corps d'humain, mais quelque part il sait ce qu'il est, il le sent. Et ça suffit à changer les choses. Ca me bouleverse, me colle la nausée ce nouveau lien qui se crée malgré moi, malgré nous, qu'il rejette avec véhémence, et pourtant sur lequel il tire sans s'en rendre compte alors qu'il puise instinctivement dans la magie sans âge qui coule à présent dans ses veines. Ce petit con est en train d'appeler le loup. Et la lune n'acceptera pas que deux humains repartent. Il lui faut un pelage à caresser de ses rayons glacés, des yeux ambrés à immuniser de sa lumière blafarde.

Il n'y a pas de temps à perdre, je l'entends déjà hurler, le sang rugit à mes oreilles alors que je me déshabille en un tour de main. La transformation est beaucoup plus lente et infiniment plus douloureuse hors pleine lune, alors je me sers dans notre lien de meute, dans toute la magie qui crépite entre nous tous, j'en emprunte un peu, que je canalises pour l'entourer lui, interrompre sa transformation, et me transformer moi à la place. En temps normal c'est ma transformation qui le pousserait inéluctablement à changer, mais ce soir je dois l'en empêcher tout en donnant à la magie le prix qu'elle réclame pour ce qu'il a demandé dans sa rage. Je me mords jusqu'au sang pour ne pas hurler alors que tout mon corps se disloque, se déchire et se reforme. Quand c'est enfin finit, je n'ai que quelques foulées pour le retrouver. D'un coup de patte je le retournes sur le dos, plongeant mes prunelles d'ambres dans les siennes, grognant gueule ouverte sur ce petit être qui me défie ainsi alors qu'il ne porte même pas ma marque. Chose que je rectifie aussitôt en le mordant entre l'épaule et le cou. Je ne transperce ni la chair ni la peau. Je maintiens juste assez ma prise pour qu'il comprenne qui je suis. Une fois ceci fait, la rage s'estompe et je le pousse plus gentiment du museau alors que je m'allonge à côté de lui, vérifiant qu'il ne s'est pas blessé et qu'il n'a pas subit de conséquences de sa transformation interrompue. Je suis si grand par rapport à lui. Il n'a même pas de crocs dignes de ce nom. Mais cela viendra. S'il a en lui assez de rage pour essayer de me fuir, alors il aura assez de force pour devenir un loup.

 
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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Lun Fév 01 2016, 00:39




Tout le monde connaissait cette sensation atrocement cruelle du petit orteil qui heurte le coin acéré d’un meuble. D’abord le choc, l’absence bienheureuse de toute sensation, puis la douleur qui grimpe et vous paralyse. Et les éclairs affligeants de souffrance qui traversaient Renier à cet instant n’avait rien de comparable. Il pouvait entendre le bruit assourdissant de ses os en train de craquer comme des brindilles et sa peau qui se lacérait. Les sons de sa métamorphose, les cris qui s’échappaient de lui, devaient pour toujours rester gravés dans sa mémoire. Non pas comme le commencement de quelque chose, mais le harcèlement constant de sa nouvelle nature l’empêchant ainsi d’oublier qu’il était bien frappé d’une malédiction.

Il était sur le point de s’évanouir, il lui semblait, quand une sensation étrange fit monter la nausée en lui, lui picotant la peau et stoppant net la fuite sauvage de l’animal hors de son corps. Il retomba sur le flanc, dans la terre moite de ses sueurs à chercher son souffle. Il roula dans les feuilles mortes, et se figea en sentant le poids de prunelles tachetées d’or sur lui. Le loup qui l’avait mordu était impressionnant, mais Big O’ était époustouflant, majestueux et tout en fourrure et crocs. Il lui glaça l’échine de terreur, alors qu’il se remémorait l’effet de son corps percé par les canines cruelles. Qu’on s’entende bien, il avait déjà été mordu par un vampire. Non pas qu’il veuille le reconnaître avec fierté et à voix haute, mais la sensation l’avait transcendé. Il y avait quelque chose d’hypnotisant, apaisant et aphrodisiaque dans l’étreinte d’un seigneur de la nuit. Celle d’un lycan n’était que le présage d’une mort violente.

Et bien qu’il le regrette, qu’il se trouve trop jeune pour cela, Renier MacTavish appela ce soir-là la mort de toutes ses forces. Il espéra que quelqu’un qui connaissait la souffrance d’être loup, lui épargnerait celle de le devenir. Il avait foi en la pitié du chef de meute. Il se mit tout de même à sangloter, la morve au nez, les menottes agrippées dans la fourrure dense de l’animal. Il se trompait. Il le comprit quant au lieu de la douleur qu’il attendait, quelque chose d’autre prit racine dans son corps. Et que le loup qui gisait encore dans les lisières de sa conscience, s’agita en tous sens et lui envoya des images de loups en pleine danse entre les troncs des arbres. Une part de lui s’alliait à cette joie. L’autre détesta aussitôt l’alpha. Il rogna les liens qui voulaient s’insinuer en lui et faire de lui un membre de la meute, rejetant l’appel doux et tentateur de la lune.

Il roula sur le ventre, lestement, s’éloignant de la masse chaude et réconfortante du loup et plongea ses ongles dans la tourbe noire. Son estomac se révulsa, et il vomit de la bile qui se mélangea à la terre sur son menton. Il cria encore. Jusqu’à se sentir faible. Toute sa haine au destin. Et quand il se fut essoufflé, il contempla le loup qui veillait sur lui, la splendeur morbide de sa force et le maudit. Lui et tous les chiens comme lui. Y compris sa propre personne.

« Fuck you. » Qu’il grogna. « T’façon j’suis en train de pourrir comme un vieux champignon. J’serais bouffé par les vers avant la pleine lune. »






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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Mer Fév 10 2016, 15:31


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Le sang a un goût étrange dans ma bouche, il n'est ni humain ni loup, il est un entredeux. Une aberration pour la nature qui l'inflige donc d'une fièvre virulente et d'autres symptômes qui pourraient lui coûter et la vie et la raison s'il n'accepte pas l'aide qu'on lui propose. La marque est sanguinolente mais propre, et je sais que la peau cicatrisera. Pas tout de suite, mais demain il n'en paraîtra déjà rien. Il m'en veut certainement encore plus, vu son regard. Il a la fois celui apeuré de la proie qui sait qu'elle ne peut pas gagner, et celle du loup enragé qui acculé se battra jusqu'à la mort. Je me lèches les babines, cherchant mon esprit humain qui est là pas loin. Ce n'est pas ma nuit, ce n'est pas l'ivresse de la course et des hurlements. La lune n'est qu'un croissant pâle et timide. Le jour lui sera bientôt là, je le sens comme une brise qui couche mon poil et me pousse à retrouver ma caverne sombre. Mais je ne peux rentrer sans le louveteau qui gémit et se traîne. Je le laisse s'agripper à ma fourrure, ajouter son poids au mien, et bien que la sensation de ses pattes humaines et des sons qui sortent de ses babines me surprennent, je n'ai pas envie de le manger, ni même de le chasser. Alors doucement je m'assois pour être plus près de lui, l'entourant de mes pattes, le protégeant du vent. Je poses mon museau sur le sommet de sa tête, cherchant à deviner ce qu'il peut bien vouloir. Peut être a-t-il besoin d'un lapin juteux ? Ou d'un écureuil croquant ? Ces idées me font frémir d'envie et ma queue s'agite d'impatience, mais soudainement je le sens qui recule, qui me claque métaphoriquement parlant la porte de son esprit. Le loup, mon petit loup adopté vient de disparaître, et il n'est à présent qu'une brume hurlante prisonnière de cette carapace de chair. Je gémis doucement, souffrant du combat qu'il mène. Je ne sais que faire de cette créature qui refuse de me laisser parler avec son loup. Alors je penses à tout les autres. Aux mâles loyaux et forts, aux femelles rapides et malignes. Leurs pelages tous si différents, leurs senteurs aussi. Les bois défilent à toute vitesse dans mon esprit alors que j'invoque notre dernière chasse, la peur et le coeur battant de notre proie qui martelait de ses sabots le sol meuble.

De nouveau il s'éloigne, à reculons, plongeant ses pattes sans griffes dans la terre. Ce mouvement de soumission me retient de le ramener par la peau du coup, et quand je sens l'odeur de sa maladie, je sais qu'il n'y a rien que je puisse faire. Alors je m'éloignes à petites foulées vers l'un des nombreux arbres creux qui abritent des vêtements pour chacun de nous. J'enfiles un jean déchiré, mon corps entier douloureux et ultra sensible dû aux deux transformations trop proches et trop éloignées de la pleine lune. J'ai l'impression d'avoir été roué de coup après une gueule de bois. Or notre organisme étant trop rapide pour que l'on ai des hématomes ou que l'alcool nous rende malade, ce ne sont que des sensations métaphysiques. Et savoir que la magie me punit, n'arrange en rien mon humeur de dogue. Il me faut une douche brûlante et de la bouffe décadente. Mais je crois pas que ce soit possible, alors je me résigne, souffle un bon coup, et tout en retenant la grimace et le grognement qui veulent m'échapper, je rejoins le gosse. Je le relève d'un bras, prenant soin à ne pas serrer trop fort le sien, et je le soutiens le temps qu'il retrouve son équilibre. En ce moment ni lui ni moi ne pourrions tolérer un contact alors je me contentes de le toiser, la colère rôdant sournoisement entre nous bien qu'en réalité ce soit le destin que l'on maudisse.

-Tu ne vas pas mourir. Et personne ne peut te rendre ta vie, alors arrête de te rendre malade en rejetant ton loup aussi violemment.

Machinalement je rejette ma masse de cheveux humide en arrière, trouvant un certain réconfort dans ce geste. Il me faut trouver ce qui pourra le convaincre d'arrêter de s'automutiler. Je ferais ce qu'il faut pour ça. Même si cela exige que je demande à tout le monde de crécher ailleurs pour héberger Brianna pendant un temps. En tant que sorcière et alliée de notre meute, elle est protégée et connaît nos codes. Je ne suis toujours pas enclin à accueillir un humain comme ça chez nous, mais si c'est la seule solution, nous le ferons. Aussi je demande, la voix rauque et grognante mais assez audible pour qu'il me comprenne.

-Est-ce qu'avoir Brianna ici t'aiderai à te sentir mieux ?

Tout mon être se rebelle à cette idée qui est un sacrilège. Mais avec les années et chaque loup qui m'a rejoint, j'ai appris qu'il faut évoluer, changer, et accepter que le monde, notre monde ne peut plus être régit que par l'instinct et la violence. Je ferais ce qu'il faut si les circonstances l'exigent, mais je n'userais pas de force contre lui tant qu'il ne menace ni sa vie ni celles des autres. Et pourtant je penses à proposer à Brianna de venir. Pas seulement à l'extérieur poser des sorts, mais à l'intérieur, et pour plus longtemps qu'un café de courtoisie. Il faudrait qu'elle s'installe au moins quelques temps pour être près de lui. Ce qui veut dire qu'il faudrait que je prenne quelques jours aussi, pour ne pas le lâcher des yeux. Dougal est déjà plus que prit avec Camille et sa taverne et je n'ai personne d'autre d'assez puissant pour le gérer. Quelle merde. Cette ville ne sait vraiment pas se tenir tranquille.



 
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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Jeu Fév 18 2016, 21:19




C’était affreux. De là où il se tenait, Renier entendait parfaitement le son des os qui se brisaient et changeaient de forme, de la peau qui se déchirait et des ligaments qui roulaient à leur place. Un son humide, atroce. Il se boucha les oreilles, en espérant que quand ce serait son tour, il ne se rappelle de rien de tout ça. Le cœur battant contre ses côtes, l’apparition du loup et ses transformations n’avaient fait qu’augmenter son angoisse et sa panique. Surtout que depuis qu’il était marqué, il sentait le loup plus fort dans son corps. Ce salaud lui avait donné une raison supplémentaire de s’accrocher et il détestait cela. Tout ce qu’il voulait, c’était un nouveau petit soldat à sa botte. Il couina, grognant et grommelant alors que l’alpha le prenait pour un objet en le manipulant et le remettant sur ses pieds. Dans ses muscles faibles s’attardaient encore les frémissements de la transformation avortée et il se sentait comme dans du coton. Demain, ça allait faire un mal de chien cette histoire.

En trois phrases, O’Shean assassina ce qui restait de ses espoirs et malheureux et apeuré, Renier se tassa sur lui-même, le scrotum recroquevillé par la peur. Il renifla plusieurs fois, mâchonnant l’intérieur de ses joues pour s’empêcher de crier. Le loup lui, s’installait plus confortablement dans son corps. Refermant ses bras autour de lui, il essayait de s’empêcher de trembler alors que l’ombre de l’alpha semblait l’écraser. Il était conscient d’attendre un geste ou un ordre de sa part et il en avait la nausée. Il n’était plus qu’une putain de marionnette, un chien.

« Non. » Dit-il en essuyant du revers de la main la morve qui lui coulait du nez, le menton tremblant. « Elle m’a vendu. » Qu’il accusa avec aigreur. Conscient que de toute façon il ne voulait pas qu’elle soit témoin de « ça ». Il n’allait pas être complaisant. Il voulait s’entêter et être de ceux qui ne survivent pas. De toute façon ça ne devait plus être très long, il l’entendait déjà, l’appel de la facétieuse lune. Elle ne voulait que ça, exposer ses organes internes à la nuit. Finalement, Renier se retrouva le dos voûté, la tête rentrée entre les épaules, à lutter contre les larmes. Il n’avait plus moyen de se soustraire à la volonté de l’alpha, et les siens lui avaient tourné le dos. Il se retrouvait bel et bien seul pour expier ses derniers jours.

La mort dans l’âme, il ramassa son baluchon et revint sur ses pas. Il aurait eu l’air d’un loupiot, la queue entre les jambes et les oreilles basses. Les odeurs étrangères de la maison l’agressaient. Il aurait voulu retrouver le confort et l’anonymat de sa minuscule chambre d’étudiant mais le vaudou magique des poilus le retenait sur leur territoire. Ne sachant trop quoi faire, il retrouva sa position prostrée contre le mur, dans le coin, son sac entre ses jambes comme un animal apeuré qui cherchait à se cacher, la cage thoracique secouée de temps en temps par un sanglot.







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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Lun Fév 22 2016, 16:08


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Je suis devenu alpha au moment ou celui qui l'était avant moi m'a mordu. Agonisant, grièvement blessé, il m'a passé son pouvoir quand je l'ai achevé. J'aurais pu mourir comme tout humain subissant cette transformation, malgré les soins dont j'ai bénéficié, c'est mon esprit et ma volonté de vivre qui m'ont permit de m'en sortir, d'accepter le loup, de le laisser faire sa place a coups de griffes à l'intérieur de moi, et de tout changer. Mais c'est lui aussi qui m'a aidé à traverser les années et les crises, à sécuriser notre territoire, à prendre les décisions qu'il fallait. Car il a tout de suite reconnu dans les hommes et les femmes qui m'entouraient sa meute. Ces loups. Pour moi ils étaient des étrangers, mais je leur devais la vie, et ils ne pouvaient espérer sans sortir sans moi. Les débuts n'ont pas toujours été facile. Personne ne pouvait venir à ma rescousse en cas de perte de contrôle, de désorientation ou de colère monstrueuse. J'étais seul face au loup, à ses besoins, ses peurs, son instinct de tueur. Il m'a fallut apprendre vite, et me relever toujours. Retenir mon propre bras, et parfois plonger mes dents dans ma propre chair pour ne pas le faire dans celle de l'un de mes loups qui pour une raison ou une autre avait provoqué mon double animal. Nous avons vécut une vie en autarcie faite de très peu pendant quelques années le temps que l'on arrive à trouver un équilibre, une place pour chacun de nous. Mais vivre ainsi, dehors, chasser notre nourriture, devoir se protéger les uns les autres à tout instant, nous a forgés. Nous a soudés. Car il n'y avait pas de place pour le doute ou la faiblesse. Aucune opportunité pour l'égoïsme ou la lâcheté. Les plus timides se sont découverts braves et aussi indispensables que les plus assurés. C'était il y a longtemps, tellement que parfois j'ai l'impression que c'est une autre vie, dont je n'ai que certains souvenirs, des sensations surtout, et l'arrière goût des sentiments.

Entre temps nous nous sommes établis, nous avons bougés, occupés différents territoires selon nos besoins. Certains nous ont quittés pour rejoindre leur âme soeur, d'autres nous ont rejoints avec. Il y a aussi des greenies évidemment, mais il n'y en a qu'un que j'ai moi-même mordu. Cette vie est faite de violences et de sacrifices et elle impose une vie communautaire et placée sous une hiérarchie stricte qui est difficile à concilier avec une vie humaine. On vit dans le secrets également et cela est pesant. Mais c'est également une vie faites de défis, de voyages, de victoires, d'entraide et de liberté. On se dépasse chaque jour. Et on est une famille envers et malgré tout.

Mais pour le moment et certainement au moins jusqu'à la pleine lune, voir peut être encore plus longtemps, Renier MacTavish ne voit certainement pas les avantages que peuvent avoir sa nouvelle condition. Ce qui est effectivement difficile alors que la douleur doit lui vriller le crâne et fait trembler ses membres. Il ne contrôle plus tout à fait son corps, et le loup doit s'étirer sous sa peau, provoquant une sensation des plus étranges quand on n'y est pas habitué. Il y a ses pensées aussi sous formes d'images, de flash comportant des informations sensorielles qu'il est plus que difficile de comprendre avant d'avoir occupé sa peau animale assez longtemps pour se souvenir de ce qu'il se passe durant la pleine lune. Je n'ai aucun moyen de savoir à quel stade il en est, car je ne suis pas l'alpha qui l'a transformé, et vu qu'il refuse complètement son état et la situation c'est déjà un miracle qu'il ne soit pas brûlant de fièvre, ou complètement apathique.

Je sens le loup. Pas autant que lorsqu'il aura vécut sa première transformation évidemment mais je sens son énergie à la flagrance fauve, et les murmures que sont pour le moment ses hurlements. Il réagit à ma présence ce qui est au moins une chose de positive, car il me faut une accroche, quelque chose pour réussir à percer la carapace de Renier. Les hommes de maintenant ne croient plus en rien. Ni en Dieu ni en la nature, et ils ont oubliés que leurs folklores ne sont pas nés de l'imagination de bardes, mais bien de récits d'habitants colportés tant de fois qu'ils finirent pas être écrits pour témoigner de la beauté incroyable dont ils étaient témoins, ou de l'atrocité macabre quand ils survivaient à ces rencontres. La magie a toujours été là, plus ou moins présente, plus ou moins impressionnante, libre et sauvage. Mais la foi décroissante des humains, jusqu'à ne devenir qu'une brume qu'ils chassent de leurs pensées plus vite que leur fatigue, fait qu'ils ne sont plus capables d'accepter quoi que ce soit à présent. Ils se révoltent contre le changement, prennent peur à la moindre différence, se barricadent...

Renier est un cas à part, car il a été élevé dans la connaissance. Il connaît peut être même certaines races de méta que je ne connais pas. Mais grandir dans un clan de chasseur c'est se voir imposer un destin certainement plus tragique et violent encore que celui d'un garou. Car un chasseur dédie sa vie, son corps, son âme au fait de tuer les créatures surnaturelles qui tuent des humains. Cette vocation se transmet de père en fils et les enfants grandissent dans la peur et la colère, la haine et les armes. Or on ne peut transmettre un talent ou une croyance. Renier n'est pas un chasseur. Tout ce qu'il aspire à être, c'est un humain lambda, sans problèmes. Malheureusement son sang MacTavish l'a certainement condamné à son sort actuel. Et c'est à moi à présent de convaincre ce jeune homme terrifié qu'il n'aura plus jamais à avoir peur, qu'il deviendra la force que l'on évite de provoquer, qu'il savourera plus de liberté qu'il n'en a jamais eu auparavant. Je suis certes responsables de mes loups et en ce sens je n'hésite pas à utiliser mon autorité pour les préserver quand il le faut, mais ça ne veut pas dire que je les contrôle ou les empêche de faire leurs propres choix. Au contraire. L'humain comme la bête me sont importants et mon rôle est d'encourager les deux à s'épanouir. Il n'y a qu'ainsi que l'on peut traverser les épreuves et les années en gardant sa raison.

Je ne réponds rien aux quelques croassements dont me gratifie le brun misérablement replié sur lui-même. Son sentiment envers sa soeur est atroce, et il ne m'a certainement pas dans ses petits papiers non plus, mais cela ne sert à rien d'essayer de lui parler visiblement. Alors si m'insulter peut le soulager, je peux tout à fait détourner mon attention des mots qui sortent en cascade de sa bouche. Je nous ramènes tous les deux dans la maison, m'absentant un instant pour vérifier que sa chambre est prête. Elle l'est heureusement et je retournes dans la cuisine, préparant un repas pour plusieurs personnes au cas ou certains de mes loups décideraient de rentrer. Je leur ai demandé quelques heures pour être certain d'accueillir Renier dans le calme, et comme plusieurs d'entre eux travaillent de nuit, ils pourraient terminer et rentrer bientôt. Ils apprécieront certainement un repas chaud, et quelque chose de normal pourrait rassurer Renier. Il est aussi impératif que j'occupe mon propre esprit et mes mains, ou je vais certainement le secouer pour qu'il arrête ses pleurnichements qui me font l'effet d'ongles longs sur un tableau à craie. Heureusement je me contiens, et je repousse le loup qui fait les cent pas dans mon crâne.

 
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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Mar Fév 23 2016, 17:04






Les jours qui le rapprochaient de la pleine lune furent tout autant éprouvants pour Renier. Le loup, qui se tenait tout juste sous la surface de sa peau exacerbait ses sens et il devenait de plus en plus conscient du monde qui l’entourait. Les odeurs devenaient épouvantables ou intoxicantes et le moindre bruit résonnait comme une cacophonie à son oreille. Il avait assisté impuissant, la nuit de son arrivée, à l’invasion graduelle de la meute dans la maison. Chaque loup était venu flirter avec les limites de sa psyché, curieux du nouveau venu dans la meute mais cela avait été trop pour le jeune loup qui était allé se réfugier dans la chambre qui lui était assignée. Vaguement nauséeux, il avait refusé toute nourriture et était resté prostré dans un coin, ou recroquevillé sous sa couette pendant que d’une oreille il suivait l’activité joyeuse de la maisonnée. Etait arrivé un moment où il avait épuisé son stock de larmes, où la morsure de l’alpha le brûlait à un tel point qu’il était certain d’avoir contracté de la fièvre et que l’odeur de sa propre chair en train de pourrir l’incommodait, pourtant il refusa toujours de sortir de sa bulle.

Il en était arrivé à souhaiter que ce soit enfin le moment. Chose qu’il regretta quand il le sentit approcher. Le jour, c’était encore supportable mais à mesure qu’il avançait dans la soirée le loup se faisait plus pesant dans ses membres. Il lui arriva d’avoir sa propre voix et d’inonder son esprit d’images diverses. Renier avait la sensation qu’il se faisait les griffes pour déchiqueter sa peau et s’extirper de lui. Et ce n’était pas une métaphore, son corps était devenu élastique et se tordait parfois en des angles étranges, lui arrachant des gémissements étouffés. Rien de ce qu’il pouvait faire ne l’apaisait. Pas même se prémunir des rayons de la lune sous une couette épaisse.

Il en vint à faire les cents pas dans la chambre. A un moment, il vit l’ensemble de la meute se diriger joyeusement vers la forêt et il leur dédia à chacun des noms d’oiseau dans son esprit. Pas question pour lui qu’il ne mette le nez dehors. Il n’allait pas non plus s’offrir avec complaisance à cette fichue lune. Il comprit que c’était une erreur, que rien n’allait empêcher ce qui se préparait, quand son corps s’arc-bouta soudain et qu’il tomba à genoux. Sa colonne vertébrale se brisa et se déforma. Sa peau frissonna d’une drôle de façon. Et une de ses dents sauta sur le plancher, le laissant perplexe. A l’intérieur, ses intestins se réarrangeaient.

Peut-être l’appela-t-il, faiblesse à moitié régurgitée, mais soudain en levant le menton il vit que l’Alpha se tenait là, dans l’encadrement de la porte. Sa présence animale qui avait gagné en charisme depuis la dernière fois où il avait osé l’affronter les yeux dans les yeux, l’apaisa d’une façon discrète et Renier serra les dents pour ne pas l’insulter. Un nouveau réarrangement de ses os le fit tomber au sol, à gesticuler comme un vermisseau. Il se retenait de toutes ses forces à sa nature humaine, se récitant des codes informatiques pour garder son propre mode de pensée. Mais le loup avait faim et il savait son heure venue et lui faisait amèrement payer de le garder encore en prison. Dans cette coquille qui n’avait pas de sens pour lui.


Renier perdit pied quand ses poignets se tordirent, qu’il perdit ses ongles en s’accrochant au plancher. Sur le dos de ses mains, un fin duvet sombre était apparu et son pouce formait un drôle d’angle. Ses doigts s’étaient raccourcis. Il beugla d’horreur. Des cris où perçaient les hurlements du loup, mélange cacophonique insupportable. Si l’on devait comprendre une chose de ce qui sortait de ses lèvres craquelées, c’était la même protestation farouche - Non… Non… NON ! - sur diverses variations horrifiques. Créature étrange, bloquée entre les deux phases, il se traîna aux pieds d’O’Shean, son regard l’implorant de mettre fin à cette agonie.





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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Mar Mar 01 2016, 22:09


You have the choice. Stand and join the race, or get down.
Ren & O'Shean


Ces jours passés à la maison s'écoulèrent comme des années, des siècles peut être même. Je regardais la mort dans l'âme chaque matin mes colocataires quitter la maison après un salut bref, emmenant avec eux agitation et discussions agréables. Je n'étais déjà pas ravit de devoir fermer la clinique comme ça quelques jours, mais devoir en plus subir les attaques et humeurs colériques de Renier, n'aidèrent certainement pas à arranger les choses. Le silence devint signe de catastrophe éminente, et je planquais peu à peu tout ce qui pouvait servir d'armes au cas ou le petit déciderait de mettre fin à sa vie. La litanie des pourquoi et des fais quelque chose reçut toujours la même réponse de ma part, et on en vint à se regarder en chien de faïence, surveillant les moindres gestes de l'autre. Mon loup est une véritable furie, ressentant avec force les sentiments du louveteau et devinant tout comme moi ce qu'il pense devoir faire pour régler la situation.

Des heures dans la salle de gym à me défouler ou dehors à jouer au rugby avec les autres loups n'ont pas réussis à enlever la tension de mon corps, et je suis d'une humeur absolument massacrante. Chacun l'a compris et évite donc à présent de passer à portée de crocs car la pleine lune apporte avec elle encore plus d'agressivité et des réactions au temps beaucoup plus court que d'habitude. On la sent tous. Elle est ronde, elle est pleine, comme si elle s'apprêtait à mettre au monde elle-même nos bêtes. Ses rayons fantômes semblent nous suivre, passer sur nous pour nous réduire en fragments qui bientôt tomberont pour libérer ce loup qui s'agite, qui tourne, qui s'apprête à bondir, et à tuer. Car on fera couler le sang ce soir, et on arrachera chair et os. Je suis infiniment soulagé à l'idée qu'enfin je vais pouvoir donner satisfaction et mon loup et libérer celui de Renier.

Cette première nuit devrait être celle qui nous liera vraiment, lui et nous. Son loup et la meute mais aussi l'humain et la bête. Il expérimentera la plus grande liberté jamais vécue, la puissance, la force, la rapidité. L'absence totale de peur. C'est une euphorie sauvage et terrible, mais oh combien délicieuse. Bien sûr il ne se rappellera de rien, pas avant quelques mois du moins, mais les sentiments, les sensations devraient lui rester. Et bien sûr le loup aura après cela une certaine emprise, or son instinct de survie et son besoin d'être près des siens ne pourront que nous aider dans cette tâche qu'est de faire accepter à un ancien chasseur le fait qu'il est à présent un loup garou.

Tout le monde est là, la maison grouille d'activité, de rires, de blagues, de chamailleries aussi et tous me tournent autour, pour un mot, une attention, ou un simple contact. Je ne porte qu'un short ce qui facilite les gestes entre nous et je leur suis reconnaissant à tous de leur présence, de leur soutien. Je finis par les envoyer courir escortés par mes lieutenants pour retrouver mon greenie qui s'est depuis longtemps réfugié dans sa chambre. Il a encore refusé sa nourriture et cela m'inquiétait jusqu'à présent, mais maintenant je sais que le loup ne le laissera plus se négliger ainsi. Et cette nuit il prendra part au festin avec nous.

La transformation s'enclencha chez lui d'elle-même comme elle le faisait chez tous les autres, et je serrais ma mâchoire jusqu'à ressentir une douleur vive pour retarder la mienne, pour empêcher quelques minutes encore mon loup de jaillir. Je dois attendre qu'il soit transformé, pour être capable d'intervenir s'il le faut. Je ne peux pas prendre toute sa douleur ni réellement accélérer le processus, pas la première fois en tout cas, mais je le soulages un peu, et surtout je ne le quittes pas des yeux, venant m'agenouiller près de lui, grondant doucement pour qu'il focalise son attention sur moi. Des crampes atroces me déchirent le ventre et je sais qu'il me faut céder à l'appel inexorable de la lune. Alors quand il ne reste qu'une enveloppe de peau sur un corps de loup recroquevillé, je me transforme moi aussi.

M'ébrouant avec délice, je découvres enfin mon louveteau. Il est tout noir, tout ébouriffé, avec de grands yeux et un petit museau ou pointe une mâchoire redoutable. Je mordilles sa gorge, ses flancs, et donne quelques coups de museau sur son crâne pour l'imprégner de mon odeur, puis je dévales les escaliers, traversant chaque porte ouverte au petit trot avant d'enfin rejoindre la terre froide et vibrante de notre territoire sauvage.


 
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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Sam Mar 12 2016, 18:21






Après les cris, un silence entrecoupé de grognements. La transformation s’achevait plus gracieusement qu’elle n’avait commencée. Le louveteau se retrouvait avec un poil long et noir, ébouriffé en tous sens à cause de sa chaotique arrivée dans le monde mais qui n’était pas sans rappeler la touffe de cheveux sur le crâne de sa moitié humaine. Il se dressa sur ses grandes pattes tremblantes, jappant alors que l’odeur fauve de l’alpha emplissait toute la cambre. Il retomba sur son arrière train, les membres encore trop faibles. Se recroquevillant comme peau de misère au sol, il se laissa aller à l’inspection minutieuse du chef de meute avec un plaisir qui se retrouvait dans la façon dont il haletait, langue pendante.

La panique le prit un peu, quand le lycan disparut dans les entrailles de la maison d’une démarche gracieuse alors que lui déambulait sur ses pattounes comme s’il avait été drogué. Sa truffe était à l’extase et examinait chaque recoin avec minutie et il se serait soulagé de tous les côtés si l’odeur du chef de meute n’avait pas été prégnante dans la bâtisse. L’instinct lui faisait savoir que Big O’, ne serait pas foncièrement heureux qu’un de ses loups laisse sa marque un peu partout.

Un loup enfin. L’animal ressentait encore la présence de l’humain dont il avait pris le contrôle qui se débattait et hurlait en écho dans son crâne mais elle était atténuée par la joie d’être enfin libre et matérialisé et l’impérieuse faim qui le tenaillait. Il émergea dans le jardin toujours un peu incertain sur ses pattes, mais bien vaillant. Il était de la trempe des gagnants, même s’il avait cru un instant que le gamin les entraîneraient tous deux dans la tombe. Mais il existait déjà, un de ses liens qui parsèment la vie, et qui malgré sa finesse était si incassable qu’il l’avait gardé parmi les vivants. Le loup étendit sa conscience vers ce lien-là mais il ne lui laissa qu’une impression agréable et les contours flous d’un visage.

Il se traîna donc jusqu’à l’alpha et le reste de la meute qui jouait gaiement et se dégourdissait les pattes. Ils le saluèrent en se frottant contre lui, l’inondant de leurs odeurs musquées et terreuses et il lapa leurs museaux pour leur signifier sa joie d’appartenir à la meute et son allégeance. Puis le jeu le rattrapa. Son corps devint plus aguerri, avec l’esprit de la forêt pour le guider, et les rayons de lune qui lui caressaient le poil. Les flancs palpitant, la langue pendante, il s’arrêta de courir quand il vit les forces se rassemble, à l’affut d’une proie. Il en avait les crocs qui le démangeait et il était appliqué mais il couru après de nombreux lapins sans jamais réussir à les attraper. De frustration grandissante, il lança un appel à la lune qui fit l’echo parmi les autres membres de la meute. Le lien tangible et chaleureux qui le liait à présent à elle, le guida jusqu’à des loups aux museaux barbouillés de sang.

Ils jouaient de leurs crocs impressionnants pour se réserver les meilleurs morceaux du cerf abattu et le louveteau pignait et leur tournait autour mais n’avait pas la force de venir s’imposer au cœur de la mêlée, il attendait de pouvoir aller leur voler un bout d’os où rogner de la chair, ou un morceau de viande juteux qui aurait échappé à leur gloutonnerie.






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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Ven Mar 18 2016, 16:50


You have the choice. Stand and join the race, or get down.
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La plénitude. Après la tension, l'impatience brûlante, vient enfin la délivrance quand la lune répand sa magie et que l'on s'y abandonne, mais cette délivrance, cette liberté enivrante, elle a un prix. Nous le payons à chaque fois, déchirant peau et muscles, brisant les os et les mâchoires, rejetant un corps pour un autre. Mais une fois la douleur chassée et oubliée, nous ouvrons les yeux sur un monde autrement plus intense, vivant dans les moindres détails, ou tout appelle nos cinq sens. Tout mon corps vibre de force et d'énergie, je peux sentir la puissance du moindre d'entre nous. Ils sont tous là autour de moi et je grognes doucement de satisfaction. Je les salue tous, mordillant les gorges et les ventres offerts, me laissant lécher le museau, alors que d'autres se pressent autour et se bousculent.

Puis je me dégages et viens observer le louveteau. Il est pas bien gros, hirsute, un peu perdu et encore faible, mais il est vivant, et je le sens connecter à nous, il est à présent part de la meute et la magie, l'instinct vont bientôt faire partis de lui et lui donner l'énergie et la confiance dont il manque. Et puis il a maintenant plus de frères et soeurs dont il ne saurait que faire, et ceux là ne lui tourneront jamais le dos.

Je les laisses le saluer, observant avec bienveillance et fierté mon petit loup bondir et japper, tourner autour de tout le monde avec joie et finalement rejoindre la course qui se lance dès qu'on est tous prêts. On court avec tant de légèreté et de vélocité que notre proie n'a pas le temps de courir avant qu'on ne l'abatte. Un jeune cerf, un peu boiteux, mais qui nous fournira un festin de roi. Après quelques moments de lutte acharnée, nous remportons la victoire et le sang barbouille les museaux. La chair est brûlante, encore frémissante alors que je déchire la peau et prend le premier morceau. Bientôt lieutenants et dominants me rejoignent, et nous nous serrons tous à grands renforts de grognements et de claquements de dents.

Couché à quelques pas de la carcasse, je regardes mes loups se chamailler autour de leur proie, fier de constater qu'ils sont tous en bonne santé et que notre vie ici leur réussit. Le petit trépigne et cherche une place mais d'instinct il sait qu'il doit attendre son tour, aussi je n'interviens pas, certain qu'il verra la brèche sur le flanc de l'animal. A lui à présent de prendre ce qui lui revient de droit, et de devenir officiellement des nôtres. Une fois tout le monde repu, nous enterrons ce qui reste de la carcasse, marquant au passage copieusement les arbres, et la terre de notre passage. On trottine à présent, le ventre lourd et la faim satisfaite. La nuit est jeune, il nous reste encore des heures pour nous défouler, unir nos voies et faire frémir la forêt de nos combats amicaux. Puis nous trouverons l'une de nos tanières quand la fatigue arrêtera même les plus intrépides et que le besoin de se rouler les uns contre les autres se fera sentir. Je sens mon humain à cette pensée, son inquiétude pour le petit. Mais je le chasse d'un claquement de mâchoire. Le louveteau est mon affaire, à lui de se débrouiller avec le petit d'homme.

 
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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Mar Mar 29 2016, 21:04






La faim devait finalement l’emporter sur la crainte et la prudence et le louveteau se jeta en avant pour saisir à plein crocs un jarret de la bête et l’entraîner avec lui un peu plus loin, la viande laissant une traînée sanglante dans la terre. Il se laissa tomber sur le flanc, grignotant avec appétit l’os qu’il avait subtilisé et grognant de concert avec les loups de la meute. Son appétit était féroce après les jours de privation imposés par son humain et il revint sur la carcasse pour piquer des restes de chair qui y étaient encore accrochés. Ne participant que mollement à enterrer la bête, il se contenta de trimballer de partout un os qu’il avait conservé et qu’il attaquait de ses quenottes de bébé. Il le traîna sur quelques centaines de mètres quand la meute se remit en marche, mais il était trop lourd pour qu’il le porte dans sa gueule et les obstacles de la forêt trop nombreux pour qu’il le garde avec lui. Alors il se décida à l’abandonner.

Maintenant il commençait à percevoir les nuances de la personnalité de chaque loup auquel il était relié à travers le lien de meute. Alors que son humain l’avait malmené et s’était isolé, il avait choisi de laisser le courant magique qui circulait entre chacun l’imprégner tout entier. Il ressentait alors la prudence avec laquelle ils l’accueillaient dans le groupe, puis cet incroyable instinct de protection qui faisait avancer la meute comme un seul homme. Certains vinrent corriger sa route d’un coup de museau sur le flanc. Ou ils s’arrêtaient patiemment quand il se trouvait subjugué par une odeur nouvelle ou la trace d’un rongeur.

Au-dessus de tout ça, il sentait la force et l’amour de l’Alpha qui les englobaient. C’était le lien le plus présente et le plus vibrant de tous et il communiquait son plaisir sans retenue. Devenu le centre de gravité du groupe de loups, il attira vers lui le louveteau qui passa entre ses pattes pour aller lui coller une léchouille timide sur le bout du museau. Le geste le fit japper de contentement. L’Alpha était devenu le seul élément auquel il pouvait se fier totalement. Le seul auprès de qui il se sentait en sécurité.

Pourtant quand une balle siffla dans les airs, et le frôla de peu, il perdit sa belle confidence et ses muscles se tendirent dans la seule idée de fuir. Soudain il avait plein le museau l’odeur de poudre et d’hommes. Le palpitant cognant contre ses côtes, il s’était lancé dans une course effrénée. Loin du reste du groupe finalement. L’odeur des hommes fini par l’encercler et il ralentit sa course. Il cherchait une issue mais les balles sifflaient en tous sens, l’effleurant et le blessant à peine.






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MessageSujet: Re: You have the choice. Stand and join the race, or get down. > Ren   Mar Avr 05 2016, 15:46


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J'observes avec satisfaction le petit prendre sa part, il est assez malin pour ne provoquer aucun dominant, mais ne se laisse pas marcher sur les pattes pour autant, se faufilant habilement pour subtile une grosse part du butin. Le morceau ainsi réclamé tient à peine dans sa gueule et il doit le traîner plus loin mais aucun des autres loups ne le conteste. La bête étant bien grasse nous avons largement de quoi tous nous sustenter. Bientôt les bruits humides de mastication sont remplacés par les raclements des mâchoires sur les os juteux, les craquements des cartilages et les grognements de satisfaction. De temps à autre une langue râpeuse me lèche le museau ou mordille mon oreille, et je réponds par des gestes ancestraux que nous connaissons et utilisons d'instinct.

Le petit traîne alors qu'on repart, continuant d'attaquer son os pourtant bien trop encombrant. Je jappes pour attirer son attention et il finit par laisser sa prise, rattrapant la file sans plus de délai. Je prends la tête sans plus d'inquiétude, sentant la responsabilité des plus anciens et des plus puissants de propager. Nul ne sera laissé derrière, et il y a toujours une épaule pour rattraper les pattes curieuses qui se laissent emporter hors de la route. Les soumis n'approchent pas encore le petit, ne sachant quelle place il aura, mais sa jeunesse est évidente et captivante. Certains d'entre nous avons déjà vécu plus d'une vie, et le temps ou nous étions humain est si loin, que retrouver cette jeunesse insouciante est intriguant.

Alors qu'on s'arrête enfin, j'attire le petit entre mes pattes, le bousculant gentiment, et le mordillant du bout des dents pour lui montrer qu'il est le bienvenu. Les choses ne seront jamais faciles et ne redeviendront pas ce qu'elles étaient. Mais nous prendrons soin de lui.

Brusquement quelque chose déchire le calme de la forêt. Les oiseaux s'envolent avec un cri strident qui nous fait tous bondir quelques secondes avant que la première balle ne siffle. Un grognement terrible gonfle tout mon corps, rendant ma stature encore plus impressionnante. Rapidement nous nous organisons, chacun sait ou courir, ou se réfugier, et comment retrouver nos différentes planques dans les espaces sauvages. Cela fait bien longtemps que nous n'avons pas eu à fuir ou nous battre contre les chasseurs, mais ces vermines ne sont jamais bien loin, ne respectant aucun accord ou traité. Pas le temps de mémoriser odeurs ou visages.

Tout s'accélère et bientôt des éclairs de fourrure bondissent et halètent, autrement silencieux, communiquant par images et sensations. Mais quelque chose ne va pas. Il y a cette peur insensée, d'une force terrible. Je sens de la douleur aussi. Je ne peux rester pour éloigner les chasseurs, car c'est le greenie que je sens ainsi. Je ne peux le voir, et pourtant j'en suis sûr, son odeur ne part pas vers la profondeur de la forêt, il a couru vers la ville, vers la maison. Je me retiens de courir, marchant à pas feutrés jusqu'à une cabane cachée sous des arbres morts.

Je reprends ma forme humaine de force, contrariant la magie et la lune ce qui provoque des douleurs atroces et me laisse faible alors que je me relève, tout mon corps pulsant, mes muscles raides ne répondant qu'avec difficulté. Me revêtant rapidement d'une tenue de garde chasse, je saisis également un pistolet tranquillisant.

Je n'ai pas à courir longtemps pour les trouver. Ces imbéciles de chasseurs sont bien trop jeunes et inexpérimentés. Ils ont réussis à isoler le petit, mais il leur échappe constamment en bondissant et se glissant de part et d'autre, se cachant dans la végétation jusqu'à la prochaine balle qui le force à courir de nouveau. Mais ils sont ralentis par le poids de leur matériel et j'arrive à les intercepter. A distance je leur présente le badge fluorescent de la protection animale et leur ordonne d'arrêter cela. Une fois les gros benêts rassemblés, je coupe court à leurs menaces pour leur assener que j'ai été envoyé ici spécialement pour tranquilliser et déplacer cette meute qui normalement se trouve bien plus profondément dans la forêt et ne menace en rien la population. La fatigue me ralentit et mon mal de crâne risque bientôt de me rendre confus, mais je luttes avec acharnement, ne cédant aucunement face à leurs tentatives d'abattre un trophée. Ils finissent par capituler, mais je sais qu'ils reviendront à la charge, et que la prochaine fois ils n'hésiteront peut être pas à faire des pertes collatérales s'il le faut.
Une fois qu'ils sont loin, je plonges mes mains dans la terre pour me connecter plus profondément aux loups qui la foule et leur ordonne de rester cachés, et de changer seulement une fois certain qu'ils sont hors de portée. Maintenant il me faut suivre la trace du louveteau. Débris infimes et gouttelettes de sang sont mes seuls indices, mais je dois le retrouver. Je tire sur sa trace d'énergie également, espérant qu'en me sentant faire il se calme et s'arrête à l'abri d'un terrier ou quelque chose d'assez solide pour contenir son corps animal le temps que je le trouves et puisses le soigner.

 
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