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 Le retour du héros. ♣ Clyde

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MessageSujet: Le retour du héros. ♣ Clyde   Lun Fév 08 2016, 12:42

Le retour du héros
Saleté de magie qui avait le don de faire des siennes quand il ne fallait pas. De toute ma – plus ou moins longue – vie, je n’avais jamais rencontré de problème de ce genre. Bien sûr, il y avait parfois mes pouvoirs de faucheuse qui s’emballaient – surtout lors de mes jeunes années –, il y avait toujours des conséquences étranges, comme des gens qui revenaient d’entre les morts, des sorcières qui se trompait dans une formule, paniquant toute la communauté surnaturelle. Mais jamais le temps n’avait eu un soubresaut, jamais il ne s’était trompé dans sa courbe… Etait-ce le cadeau empoisonné de certaines sorcières désagréables ? De démons déçus de la tournure que prenaient les choses ? Un petit recadrage ordonné par les anges eux-mêmes ? Une énigme insoluble ? Etant immortelle, cela ne me posait pas plus de problème que ça ; je pouvais bien revivre trois cent ans à cette époque-là, qui avait su me charmer de par de nombreux aspects. Je ne me souvenais pas exactement d’où j’étais à cette époque-là, mais certainement avec Sinead et Clyde à une des cours royales. Je n’avais pas encore établi la date exacte à laquelle nous nous trouvions actuellement, alors bon…

Après de nombreuses recherches infructueuses d’une sorcière qui aurait pu faire abracadabra et nous ramener chez nous, j’avais décidé de fausser compagnie à Sinead quelques temps, de réfléchir de mon côté, d’envisager cette nouvelle vie. Les papiers n’étaient pas importants à cette époque, il me suffisait de chaparder une jolie robe, un joli carrosse et me prétendre orpheline d’une famille méconnue des landes écossaises. Un jeune homme me trouverait à son goût, et avec un peu de chance, ce serait réciproque, et la vie reprendrait doucement son cours, jusqu’à ce qu’un paradoxe temporel fasse son apparition, que nous disparaissions tous dans un tourbillon de magie incompréhensible, ou que nous remplacions ou soyons remplacé par nos doubles. Sauf si nous étions dans une réalité parallèle, auquel cas le futur pourrait être toute autre chose…

Je m’étais éclipsée dans la forêt, remarquant pas mal de fermes aux alentours, qui suspendaient des tenues convenables pour une dame – beaucoup plus que l’attirail que je m’étais trouvé accompagnée de Sinead et Daria, qui me faisait ressembler… à rien, concrètement. J’avais repéré une magnifique petite robe que j’aurais aimé porter dans d’autres temps. Lacée dans le dos, elle remontait outrageusement au-dessus du genou, un peu comme une robe sous-vêtement. Ça ressemblait drôlement à une robe de fiancée, ou en tout cas à ce qu’on qualifiait de ‘coquin’ en ces temps-là. A l’abri des regards mais pas à l’abri de la morsure du froid – quoi que ma qualité de faucheuse m’octroyait le talent d’être beaucoup moins sensible aux changements de température que les humains – je changeai rapidement d’accoutrement. Ca paraissait encore très fin et très remarquable pour l’époque, mais c’était suffisant pour moi. Je contemplai un moment la maison, et compris qu’il s’agissait plus d’une résidence secondaire pour une famille bourgeoise, qu’à une réelle ferme de paysans. Les vitres étaient immenses, ce qui était marque de richesse à cette époque, avec de gros rideaux en velours sur les côtés. Le porche manufacturé était recouvert de roses d’hiver, et deux chevaux piaffaient dans la cour, même si celle-ci n’était pas dallée. Il s’agissait certainement d’une famille atteignant tout juste une richesse et une renommée attendue depuis longtemps, et donc la reconnaissance était encore à bâtir. Les grandes vitres donnaient sur une salle à manger, où deux hommes semblaient en grande discussion. En s’approchant un peu plus, je remarquai les traits singuliers de l’un d’entre eux. J’aurais pu les reconnaître entre mille. J’aurais pu les reconnaître au toucher. J’aurais pu les dessiner les yeux fermés. Il n’avait pas changé depuis notre dernière rencontre, restant le jeune homme fringuant et pourtant solitaire qu’on connaissait tous, avec ses sourcils arqués comme lorsqu’il faisait le garçon concentré. Je m’approchai à pas de loup de la demeure, essayant de ne pas me faire remarquer, mais j’étais trop intriguée pour reste de marbre. Sinead et Clyde, ici, en même temps ? Est-ce qu’une main divine essayait de lui faire comprendre quelque chose ? Devait-elle réparer ses erreurs passées, ou faire comme si ce clin d’œil du destin n’était qu’un leurre ?
« Que faites-vous là ? » hurla un homme qui venait de sortir sur le perron, certainement un serviteur, qui venait de l’attraper en train de regarder à l’intérieur de la maison, comme une voleuse de bas étage.
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Dernière édition par Dawn Leask le Mar Fév 09 2016, 20:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le retour du héros. ♣ Clyde   Mar Fév 09 2016, 18:33



 
Le retour du héros

 
 
Dawn & Clyde
« Coming back in time just to see what we missed »

 
Inverness. J'y avais suivi Sinead, sans bien me préoccuper de la destination. À l'arrivée, j'avais loué une chambre d'hôtel et m'y étais installé pour un premier temps.

C'est l'une des choses vraiment pratiques quand on vit éternellement. Les réserves d'argent sont plus ou moins illimitées, et on peut prendre son temps - choisir exactement où s'installer, comment se présenter et quelle activité exercer dans une nouvelle ville.

Seulement cette fois, mes projets se trouvèrent légèrement contrariés. Je m'étais levé un matin de bonne heure, j'avais pris mon petit déjeuner - si tant est qu'on puisse qualifier cela ainsi - dans ma chambre, puis... le décor avait changé. J'étais debout, toujours nu sous ma robe de chambre matelassée brune, les pieds dans les claquettes jetables de l'hôtel et ma brosse à dents à la main, dans ce qui ressemblait fort à un très joli... jardin.
 
Je me débarrassai de la brosse à dents dans un buisson, et entrepris d'en découvrir un peu plus sur mon environnement. Y avais-je été convoqué par un sorcier - ou tout autre créature surnaturelle - pour quelque obscure raison ? Je n'aimais pas particulièrement être amené quelque part contre mon gré, mais si le sortilège avait été suffisant pour me tirer de ma chambre d'hôtel, l'individu qui l'avait lancé devait être particulièrement puissant... Il valait donc mieux éviter de me le mettre à dos.

En tout cas, force m'était de constater que l'individu en question était un fervent amateur d'Histoire. La maison, avec son porche couvert de roses, ses fenêtres de belle taille aux épais rideaux et sa cour de terre battue, faisait très XVIIIème siècle, mais l'absence de rouille, le bois encore clair et les marches aux angles bruts, sans aucune trace d'usure, suggéraient une construction récente. Le propriétaire avait même poussé la reconstitution historique jusqu'à stationner deux chevaux devant l'entrée de sa demeure.

Ce furent eux qui me trahirent, à vrai dire. À mon approche, les bêtes se montrèrent nerveuse, et l'une d'elles poussa un hennissement strident - autant pour la discrétion. Un homme de petite taille, très large d'épaules, sortit en trombe du bâtiment et m'apostropha.

 
Son accent prononcé remit en cause toutes mes déductions précédentes. Personne ne parlait plus avec un tel accent au XXIème siècle, même dans les villages les plus reculés des Highlands. Avais-je remonté le temps ? Je ne connaissais aucune magie capable d'une telle prouesse - mais après tout, je n'avais rien d'un spécialiste, et Dawn et Sinead étaient bien capables, à l'occasion, d'arrêter le temps...

Mon interlocuteur interrompit sa diatribe quand il vit ma tenue. J'étais en train de chercher une explication à lui servir quand il s'étonna, toute animosité disparue, de la présence d'un moine dans son jardin - il avait pris ma robe de chambre pour une robe de bure.

Je lui inventai alors une histoire, toujours un peu bancale mais nettement plus crédible que le voyage dans le temps : j'avais été détroussé par des voleurs sur la route, et avais trouvé refuge dans un monastère, où les moines avaient consenti à me prêter l'une de leurs robes, à condition que je l'échange contre des habits laïcs à la première occasion. En passant sur le chemin, j'avais été impressionné par la richesse et l'importance apparente de leur domaine, et j'étais venu leur demander l'hospitalité. J'ajoutai que toute assistance serait largement récompensée, ce qui acheva de dérider le domestique. Ayant vécu cette époque et étant originaire d’Écosse, au moins mon accent ne m'avait-il pas trahi, apportant de l'authenticité là où mon récit en manquait.  

Le domestique me conduit à l'étage et me fournit de quoi me changer, avant de me faire patienter au rez-de-chaussée, où je devais rencontrer le maître des lieux. Celui-ci me reçut avec beaucoup d'amabilité, jouant visiblement la prudence tant qu'il ignorait mon rang. Je ne fis rien pour le renseigner sur le sujet, mais me montrai aussi bon hôte que possible, et il m'invita bientôt à partager son repas.

Celui-ci touchait à sa fin, et j'étais en pleine discussion avec mon hôte, quand on entendit un grand fracas du côté de la porte d'entrée : le domestique était de nouveau sorti en trombe - à se demander s'il jouait le rôle de valet ou de chien de garde -, et hurlait sur quelqu'un.

Au mépris des convenances, je sortis avant mon hôte - si quelqu'un d'autre avait voyagé dans le temps, comme moi, alors... Je poussai la porte, et tombai nez à nez avec Dawn.

Si je n'avais pas été un vampire, je crois que mon cœur se serait arrêté de battre sous le choc. Je n'avais pas revu la jeune faucheuse depuis des dizaines d'années, depuis... depuis qu'elle avait mis fin à notre relation et que j'étais parti de Londres.

Je la dévisageai, plongeai mon regard dans ses yeux. Je remarquais à peine qu'elle portait une robe d'époque ; je ne doutai pas un instant que c'était bien la Dawn du XXIème siècle que j'avais en face de moi. Il y avait quelque chose, au fond de son regard, quelque chose qui savait. Elle avait l'air aussi surprise que moi par cette rencontre.

"Dawn..."

Sans réfléchir, je murmurai son nom, et c'est en le faisant que je me réalisai à quel point elle m'avait manqué. Le maître des lieux, surpris, me demanda, si je la connaissais. Vu l'attitude du domestique, il valait mieux que je la présente comme quelqu'un de respectable, et vite.

"Voici Dawn, ma..."

J'avais failli la présenter comme ma femme, le meilleur moyen d'écarter tout soupçon à cet époque, mais subitement je me demandai si elle l'aurait bien pris, et je m'interrompis.
 
- Adrenalean 2016 pour Bazzart

 
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MessageSujet: Re: Le retour du héros. ♣ Clyde   Mar Fév 09 2016, 20:45

Le retour du héros
Je rechignais souvent à utiliser mes pouvoirs, car non seulement ils étaient gourmands en énergie, mais c’était aussi plus simple et serein comme mode de vie que de s’accommoder de la perception des autres. Pourtant, depuis que j’avais atterri dans cette nouvelle époque, j’avais utilisé par deux fois ma magie : une fois plus arrêter le temps et sauver un autre habitant des temps présents d’une fâcheuse altercation avec une écossaise un peu trop curieuse, et une deuxième fois, maintenant, pour me sortir d’un mauvais pas. « Dawn… » Ses expressions traînantes, la surprise aussi éclairée au grand jour sur ses traits, tout en lui lui rappelait une époque passée – enfin, plus tant que ça si on prenait en compte la date à laquelle ils se trouvaient – des temps immémoriaux qu’elle chérissait plus tendrement encore que son amour pour les humains. Elle se souvenait si clairement avoir dit à O’Shean que le destin remettrait ses amis sur son chemin quand ce serait le bon moment ; Dieu, les anges, la destinée, ou qui que vous voulez, ce en quoi vous croyez, avait décidé de remettre Sinead et Clyde sur ma route, sur cette route pleine d’embûches, et pourtant si belle. La puissance des émotions d’antan m’étreignit le cœur, et ce fut lui qui réagit en premier en voyant le regard courroucé de son hôte. « Voici Dawn, ma… Sa femme. » On se connaissait assez bien pour lire dans les pensées l’un de l’autre, pour anticiper nos mouvements, et pourtant rester si imprévisible – son retour, là, ici, maintenant. Pourquoi ? Elle saupoudra l’esprit des deux hommes d’une pincée de magie. « J’étais ici depuis le début, voyons. » J’utilisai mon regard insistant, celui de la faucheuse et non pas celui de l’humaine, car ces deux regards avaient une différence fondamentale – le regard de la faucheuse voyait les âmes, voyait le monde tel qu’il était, entrelacs de fils magiques, miraculeux et scintillants, s’opposant totalement au regard de l’humaine, celle qui voyait les feuilles plutôt que la vie, celle qui voyait les gens plutôt que les âmes. Je m’accrochai au bras de Clyde et mon cœur sembla manquant un battement. Tous les souvenirs se bousculèrent au portillon et une délicate couleur rosée se déposa sur mes joues (je pouvais la sentir rien que d’ici, brûlant tendrement ma peau comme une légère touche de maquillage). Tout en moi fourmillait de plaisir d’être à nouveau à son bras, de le voir à nouveau sourire.
Comment avions-nous pu seulement nous perdre de vue ?

J’avais beaucoup de démons à combattre dans mon cœur, et je savais que Clyde en représentait un grand, un gros, et un costaud. Il avait été cette déchirure dans son cœur, car elle ne s’était pas sentie, à ce moment de sa vie, prête de lui donner son amour, prête à vivre une aventure passionnée, et aussi écourtée. Je voyais l’amour comme quelque chose d’éternel, et c’était un oasis que de m’être amourachée d’un homme, de mon mari, de cet homme si magnifique qu’il avait rempli mes pensées des années, des décennies entières. Mais qu’est-ce que c’était, pour une faucheuse, que quelques décennies ? Rien qu’une pincée de sel sur un met gourmand. Rien qu’un petit interlude, le temps de se perdre dans les bras d’un homme jusqu’à ce qu’il embrasse la mort. Avec Clyde, ça avait été court et si intense que j’avais pris peur, que j’avais peur qu’il m’abandonne, qu’il me laisse, que je me retrouve seule, dépourvue d’amis. Clyde et Sinead étaient si proches à cette époque, que je m’étais toujours demandé s’ils n’avaient pas été amants, s’il n’y avait pas toujours eu un triangle amoureux entre nous. Pourtant, Sinead avait préféré Asmodée au vampire s’ils avaient véritablement eu une aventure. Je m’étais alors évaporée dans la nature, abandonnant Clyde plus qu’autre chose, à la recherche de la personne que j’étais, et surtout celle que je voulais être. Je suis prête, aujourd’hui, avais-je envie de lui dire. Et pourtant, n’avait-il pas trouvé une compagne, lui aussi ? Pourquoi pas une vampire, après tout ? Avait-on déjà vu une faucheuse et un vampire se perdre dans le bal de l’amour ?

Nous entrâmes tous dans la maison et j’aperçus le reste de leur dîner, qu’ils devaient avoir fini depuis un moment déjà. Notre hôte nous mena jusqu’à un boudoir, pour que nous puissions discuter de la marche à suivre pour la suite, et qu’il nous attendrait dans le salon avec un cigare, déjà importées depuis presque deux cent ans déjà. Une fois que la porte se referma sur nous, les époux Lumdsen, cette mascarade put tomber.
Je ne pouvais que me jeter à son cou, aussi heureuse qu’une petite fille de retrouver son ami d’enfance, de jeux, d’amour, de passion. Je ne savais pas vraiment comment il voyait notre relation maintenant, mais nous nous étions quittés en termes cordiaux. Pas comme avec Sinead, pour qui les tensions s’avivaient de jour en jour. Peut-être serait-il à nouveau médiateur entre nous deux ? Mais avais-je véritablement envie qu’il la revoit ? C’était égoïste, et peut-être méchant de ma part, mais pour une fois, j’avais envie de le garder pour moi toute seule. Et vu comment Sinead traitait l’amour, je n’avais pas envie que Clyde tombe dans ses filets… Ah, la blanche colombe, obligée de s’abaisser à faire d’horribles choses pour se protéger d’horribles gens. « Laisse-moi te regarder… Par tous les saints, qu’est-ce que tu fais là… Tu étais à Inverness ? Nous avons remonté le temps, mon ami. Et je ne saurais pas exprimer mieux l’ironie de la situation que de nous savoir réunis en ces temps ensemble. » Pourquoi ne nous étions-nous jamais retrouvés, pourrait-on se demander ? On ne se doutait pas combien il était complexe de retrouver une créature surnaturelle qui souhaitait se cacher. On changeait de nom, de ville, de métier… Je gardais toujours au sein de mon nom quelque chose qui pourrait mettre la puce à l’oreille et le prénom Dawn, mon premier prénom, revenait régulièrement, tous les cinquante ans, car je l’aimais trop, car il s’agissait de mon essence, car à l’instar des humains, je m’étais attachée à ce patronyme que Sinead elle-même m’avait donné. C’était ainsi que tous les êtres qui m’étaient le plus cher m’avaient appelée, et je ne voulais changer rien pour rien au monde. Qu’on me chuchota Dawn au creux de l’oreille au cœur d’une fraction de désir inavoué, restait la plus belle chose pour moi, traversant les âges, les destinés, les vies…
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MessageSujet: Re: Le retour du héros. ♣ Clyde   Mer Fév 10 2016, 00:15



 
Le retour du héros

 
 
Dawn & Clyde
« Coming back in time just to see what we missed »

 
Je m'étais inquiété pour rien. Dawn compléta d'elle-même et se présenta comme ma femme. Je laissai échapper un soupir de soulagement quand elle utilisa ses pouvoirs de faucheuse pour convaincre les deux acolytes - ça simplifiait bien la vie, mine de rien, de temps en t... Je tressaillis de surprise quand elle pris mon bras, avant de sourire sans pouvoir m'en empêcher. La posture nous était tellement naturelle, et ramenait tellement d'anciens souvenirs qu'une vague d'émotions contradictoires m'assaillaient, et une seule se démarquait du flot tourbillonnant qui s'était emparé de moi : je n'avais aucune envie qu'elle lâche mon bras.

Je la vis rougir légèrement et devinai que, d'une certaine façon, elle ressentait la même chose - nous nous connaissions trop bien pour nous cacher ce genre de choses. À mesure que l'hôte nous menait à travers la maison, je la sentis songeuse. J'attendais que nous soyons seuls pour lui demander ce qui la tracassait, mais je n'en eu pas l'occasion. Sitôt que le maître des lieux nous eut laissé dans un boudoir (il nous attendrait dans le salon en fumant le cigare - je le remerciai mentalement de ne pas m'en avoir proposé et de nous accorder ce moment d'intimité), elle me sauta au cou. Un tourbillon de cheveux doux et soyeux se nicha contre mon cou et je refermai les bras autour d'elle, presque par réflexe. J'embrassai doucement le haut de sa tête - je lui laissai le choix d’interpréter ce baiser comme une marque d'amitié ou de bien plus, n'étant moi-même pas certain de mes intentions.

Nous nous étions quittés en bons termes, mais à vrai dire je n'avais jamais vraiment compris la raison de son départ. Ce qui la retenait il y a plus d'un siècle pouvait toujours la retenir aujourd'hui, et son amitié - à défaut d'autre chose - m'était trop précieuse pour que je la perde à nouveau en la brusquant.

 
Je ne l'avais pas vu depuis si longtemps que ses sentiments avaient peut-être changés, dans un sens ou dans un autre. Pour ma part, je ne m'étais pas vraiment intéressé au beau sexe depuis le départ de Dawn. Chaque début de relation m'avait inexplicablement ennuyé et m'avait paru apporter plus de contraintes que d'avantages, avant qu'immanquablement je me rende compte que si je mesurais ainsi le pour et le contre c'était que l'amour ne me rendait pas aveugle et que je n'avais aucune raison de rester. J'avais attribué ces réactions à mon état d'esprit, somme toute assez morose, du XXème siècle, mais maintenant que je revoyais Dawn... je n'en étais plus si sûr.

"Laisse-moi te regarder… Par tous les saints, qu’est-ce que tu fais là… Tu étais à Inverness ? Nous avons remonté le temps, mon ami. Et je ne saurais pas exprimer mieux l’ironie de la situation que de nous savoir réunis en ces temps ensemble."

Dawn et ses questions - nous étions à peine réunis qu'elle m'en posait déjà deux, mais j'adorais ce trait de caractère. Son explication m'apportait confirmation pour le voyage dans le temps, mais sans toutefois répondre au pourquoi...

"Oui, j'étais à Inverness, par une succession de hasards... Tu y étais aussi ?"
Sa question semblait sous-entendre que la réponse à cette question était positive, mais je préférais en être sûr, vérifier que nous étions en effet aveugles au point de s'installer dans une même ville sans savoir que l'autre y était, même en se connaissant depuis plus de trois - quatre ? - siècles.

"Pour ce qui est du voyage dans le temps, notre hôte ne semblait pas vraiment à sa place au XXIème siècle, en effet... Saurais-tu pourquoi et comment nous avons voyagé ainsi ?"

Je m'assis sur une banquette brodée à la main, dévisageant Dawn autant qu'elle me dévisageait. Je finis par sourire.

"Et en ce qui nous concerne, nous, je n’appellerais pas cela de l'ironie. Je ne sais pas à quelle date nous avons atterri, mais je crois pouvoir dire sans me tromper que nous sommes au XVIIIème siècle - et si je me souviens bien, à cet époque-là, nous écumions le monde tous les trois, toi, moi et Sinead... Peut-être que l'époque est propice à notre rencontre, ou peut-être est-ce une sorte d'impondérable temporel ... dans tous les cas, je ne vais pas m'en plaindre."

 
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MessageSujet: Re: Le retour du héros. ♣ Clyde   Mer Fév 10 2016, 18:03

Le retour du héros


J’étais un peu dans tous mes états. Entre Sinead qui débarquait dans ma vie quelques temps avant ce problème temporel, et ensuite Clyde, qui n’avait pas changé d’un poil, et moi non plus, enfin physiquement parlant, car nous avions la possibilité de changer… Et j’avais tellement changée, moi aussi. Est-ce qu’il accepterait ma nouvelle façon de voir les choses ? De voir la vie ? De voir les humains ? Je m’étais attachée, et mariée à un humain. Vu  la réaction qu’avait eu Sinead à ce propos, je n’étais pas certaine de vouloir me dévoiler autant au vampire centenaire. Je n’étais pas non plus certaine que parler de nos conquêtes passées était vraiment le meilleur moyen de reprendre notre amitié – et plus, si affinités ?

« Tu y étais aussi ? » « J’y vis… enfin, vivais ? Depuis quelques mois maintenant… » Je ne savais pas comment prendre le fait qu’il avait été dans la même ville que moi… Nous ne nous étions jamais croisés… Peut-être que ça aurait pu se produire ? Je ne savais pas s’il fallait prendre ça comme un signe du destin. Etait-ce possible, qu’après trois siècles d’amitié, de tomber par hasard l’un sur l’autre, sans le vouloir ? Est-ce que Clyde était revenu pour moi ? Vu la tête qu’il avait tiré en me voyant… non, décidément. « Saurais-tu pourquoi et comment nous avons voyagé ainsi ? » Je ne pouvais me concentrer sur rien d’autre que sur le baiser déposé sur mon front, comme une petite sœur, comme une amie, peut-être comme plus ? Je ne savais pas trop comment me positionner maintenant. Mais nous n’avions pas le temps de trop tergiverser ; si nous étions vraiment maris et femmes, l’homme dans le salon ne nous attendrait pas des années. Il s’assit sur un siège matelassé, me dévisageant tandis que je ne savais pas trop quoi faire de mon corps, de mes mains, de mes sentiments. « Oui, XVIIIè, tu as bien jugé. Ca fait un moment que j’ai atterri ici… Et toi ? J’ai l’impression que nous ne sommes pas tous arrivés en même temps. » Je gardais encore un instant pour moi l’information capitale : Sinead était avec moi. Il me demanderait certainement d’aller la retrouver, mais je n’étais pas certaine de vouloir passer plus de temps en sa compagnie pour le moment, ayant toujours notre dernier échange du présent en travers de la gorge. Ce n’était pas parce qu’on avait fait un bon de plusieurs siècles dans le passé que tout allait changer d’un coup. Je ne savais pas trop quoi dire de plus… « Il faut qu’on trouve un moyen de… déjà de retourner chez nous, mais aussi un moyen de rester dans ce monde le temps qu’on reparte… Je pense pouvoir modifier les perceptions des habitants des lieux pour leur faire croire quelque chose, mais il faut que ce soit logique et que l’on reste discret, car je ne pourrai pas altérer celle de tous les habitants alentours… Mais c’est plutôt une jolie maison, ici, le temps de trouver ce qui nous est arrivé. Par contre, j’ai pris cette robe sur la corde dehors, donc notre hôte a une femme, ou une fille… Tu serais au courant ? » Je ne savais pas bien depuis combien de temps il était arrivé, peut-être avait-il déjà noué une relation avec les habitants de ce pavillon tout neuf… «  Je ne pense pas que ce soucis dans le continuum espace-temps soit en rapport avec nous… Certes, je suis arrivée en même temps que Sinead, mais il y avait aussi des personnes d’Inverness avec nous, donc nous sommes beaucoup coincés dans cette nouvelle réalité, ou ce retour dans le passé, enfin, je ne sais pas trop comment on peut l’appeler. » Derrière la porte, on pouvait entendre le domestique piaffer d’impatience, comme si nous fomentions un mauvais coup contre son maître… Je pouvais entendre le cliquetis des affaires de cuisine dans la salle à manger, ce qui signifiait qu’il y avait aussi un cuisinier ou une cuisinière, à qui il faudrait changer la perception des choses aussi.  
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MessageSujet: Re: Le retour du héros. ♣ Clyde   Ven Fév 12 2016, 01:41



Le retour du héros


Dawn & Clyde
« Coming back in time just to see what we missed »

Notre hôte ne nous attendrait pas éternellement, il fallait songer à retourner dans le salon, mais je ne tenais vraiment pas à écourter ces retrouvailles. Qu'étaient quelques minutes de retard, quand on ne s'était pas vus depuis plus d'un siècle ? Probablement juste le point déclencheur des soupçons des hommes de la demeure, seuls appuis que nous ayons pour l'instant dans une époque que nous avions quittée depuis trop longtemps pour nous y trouver une place facile... Oui, il faudrait penser à retourner dans le salon. Bientôt.

« Oui, XVIIIè, tu as bien jugé. Ca fait un moment que j’ai atterri ici… Et toi ? J’ai l’impression que nous ne sommes pas tous arrivés en même temps. » me répondit Dawn. "Je ne suis arrivé que ce matin, en effet... Mais j'étais arrivé à Inverness peu de temps avant, alors peut-être que le sort affecte seulement la ville et renvoie dans le temps les personnes qui y viennent ?" dis-je en réfléchissant à haute voix.

Dawn semblait songeuse également, elle parut sur le point de dire quelque chose, mais garda le silence, avant de continuer :
« Il faut qu’on trouve un moyen de… déjà de retourner chez nous, mais aussi un moyen de rester dans ce monde le temps qu’on reparte… Je pense pouvoir modifier les perceptions des habitants des lieux pour leur faire croire quelque chose, mais il faut que ce soit logique et que l’on reste discret, car je ne pourrai pas altérer celle de tous les habitants alentours… Mais c’est plutôt une jolie maison, ici, le temps de trouver ce qui nous est arrivé. Par contre, j’ai pris cette robe sur la corde dehors, donc notre hôte a une femme, ou une fille… Tu serais au courant ? »

L'altération de la perception des villageois était un problème de taille. Par un procédé sans doute différent, j'étais aussi capable de les manipuler - voire de modifier leurs souvenirs - mais cela ne résolvait pas la question du nombre... Tout au plus serais-je capable d'assister Dawn si elle venait à s'épuiser, et cela restait une stratégie à éviter. Je compris enfin où elle avait trouvée cette jolie robe d'époque - quoique, dévoiler ses genoux n'était pas si répandu au XVIIIème, mais je n'allais certainement pas m'en plaindre -, et esquissai un sourire.

"Non, j'ignore qui sont les autres occupants de la maison, je n'ai rencontré que le maître des lieux et son domestique... Il vaudrait mieux éviter de trop modifier la perception de nos hôtes, on devrait s'en sortir en leur racontant une histoire cohérente, mais pour la robe il faudra certainement que la femme en question "oublie" qu'elle lui appartient, ce serait plus prudent. Pour l'instant, je leur ai raconté que j'avais été détroussé par des voleurs avant de trouver refuge dans un monastère et de m'arrêter ici pour leur demander l'hospitalité. C'est loin d'être une histoire parfaite, mais cela me paraissait toujours mieux que l'explication du voyage dans le temps. Comme tu as réussi à leur faire croire que tu étais là depuis le début, il faudrait qu'on brode sur la même histoire tous les deux..."

Le meilleur moyen de leur offrir une histoire crédible était d'agir de concert - mais après tout, Dawn et moi avions déjà été confrontés à ce genre de situation chaque fois que nous devions nous construire une nouvelle identité quelque part. Nous nous connaissions assez bien pour pouvoir nous compléter et finir nos phrases, nous épauler quand l'inspiration venait à manquer. Le voyage dans le temps, cependant, était une expérience tout à fait nouvelle, qui changeait un peu les règles du jeu. Pour me sentir dans mon élément, il me manquait la date précise où nous avions atterri, les petites informations, potins, scandales, situations politiques et économiques qui permettent généralement de se bâtir de nouvelles identités solides et attirant peu de soupçons.

Dawn m'apprit qu'elle avait voyagé avec Sinead et qu'elles n'avaient pas été les seules, que nous étions un certain nombre à arriver du XXIème siècle. Dans ce cas, il serait sans doute de prendre en charge les nouveaux arrivés, de les aider à s'adapter et de les empêcher de trop modifier le cours du temps... Mais chaque chose en son temps, il nous fallait d'abord nous assurer une position plus stable.

Ce n'est qu'après avoir réfléchi à cela que je saisis toute l'implication des premiers propos de Dawn. Elle avait voyagé...avec Sinead. Ainsi donc, les deux avaient dû se réconcilier - à l'époque où j'avais perdu Dawn de vue, leurs rapports étaient assez tendus. Notre trio était donc réuni et... et je n'étais pas aussi heureux que j'aurais dû l'être.

Je l'étais pourtant, quelques instants plus tôt. Et Sinead était une amie proche, alors pourquoi donc le fait qu'elle soit là avec nous jetait une ombre au tableau ? J'aurais dû me réjouir de sa présence...

Ce n'était pas sa présence qui me dérangeait, réalisai-je tout à coup. C'était qu'elle se soit réconciliée avec Dawn - ce qui en soi était une bonne nouvelle - mais qu'elle ne m'en ait pas parlé. Sinead et moi étions juste amis, mais nous avions coutume de tout nous dire, donc qu'elle garde cela pour elle constituait une entorse à notre confiance. Je ne l'avais pas réalisé avec autant de force que depuis que nous étions réunis, mais Dawn m'avait manquée - et sans le silence de Sinead, je l'aurais retrouvée bien plus tôt.

Le domestique cessa de faire des vas et viens derrière la poste, et je l'entendis prendre une profonde inspiration, comme une bouée que l'on gonfle avant de la lancer sur l'eau à toute vitesse, et il ouvrit la porte en grand. Agressa la porte serait plus exact : les gongs couinèrent misérablement, et je haussai les sourcils en voyant l'angle improbable que faisait la poignée par rapport à son axe.

Quand il s'adressa à nous, son ton était poli, mais tout juste :
"Monseigneur, milady, vous êtes attendus au salon."
Il s'adressait à nous comme à des personnes de haut rang - ou tout du moins de rang respectable -, et je me gardais bien de le contredire. Plus ils nous pensait important, plus notre hôte serait enclin à nous garder aimablement chez lui.
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MessageSujet: Re: Le retour du héros. ♣ Clyde   Mar Fév 16 2016, 15:23

Le retour du héros
« Je ne suis arrivé que ce matin, en effet… Mais j’étais arrivé à Inverness peu de temps avant, alors peut-être que le sort affecte seulement la ville et renvoie dans le temps les personnes qui y viennent ? » Un instant, l’idée que Sinead et Clyde soient arrivés en même temps traversa mon esprit, me donna un coup de pied dans le cœur, et repartit aussitôt chassé par mon côté plus rationnel. Allons bon, Sinead, malgré toutes nos divergences, restait une personne loyale, et proche à mon cœur. Jamais elle ne m’aurait caché telle chose, surtout en sachant ce que j’avais ressenti pour Clyde par le passé. Alors que je me confiais toujours à elle à ce moment-là, elle avait eu le droit à mes quelques déboires personnels, et sentimentaux, quand j’en étais encore à tout lui dire… Lorsqu’elle ne se moquait pas de moi quand je ressentais de l’amour, bien sûr… Elle s’était presque enorgueillie de savoir mon mari mort, quelle amie pouvait se comporter comme ça ? Mon cœur s’approcha à nouveau du bord de mes lèvres. Mon petit cœur de faucheuse n’était pas certain de pouvoir supporter tant de changements en si peu de temps. « Oui, tu as peut-être raison… » dis-je, penseuse, ayant presque envie de mordre mes ongles, comme j’en avais encore l’habitude lorsque nous étions ensemble. Allons bon, je n’allais pas reprendre toutes mes anciennes mauvaises habitudes n’est-ce pas ?! Quand Clyde m’adressa un sourire après ma petite tirade songeuse, je crus que j’allais fondre. Bon dieu, Clyde, arrête de sourire, arrête de sourire ou j’en serais presque à me damner. Objectivement, il n’était pas vraiment mon style. Ce n’était pas le genre de personnes sur qui je me retournerais dans la rue, ce n’était pas le genre de beauté qui me faisait craquer. Mais quand il souriait, bon sang, quand il souriait, mon  ventre se tordait presque et mon cœur débordait. On disait bien souvent qu’on pouvait apprendre à aimer. C’était peut-être ce qui s’était passé avec Clyde ; c’était un vampire, et pourtant Sinead et moi n’étions vraiment du genre à traîner avec des vampires. Mais il avait un cœur, il n’avait pas fait taire ses émotions, il était cultivé, joueur, intéressant, et ce sourire, bon sang, ce sourire ravageur.

Reprends-toi, Dawn. Je me reconcentrai sur ce qu’il était en train de me dire, alors que mes yeux ne pouvaient se détacher des lèvres. De ses lèvres, punaise. « … je n’ai rencontré que le maître des lieux et son domestique... Il vaudrait mieux éviter de trop modifier la perception de nos hôtes, on devrait s’en sortir en leur racontant une histoire cohérente, mais pour la robe… » Une histoire cohérente ? Tous les souvenirs de leurs histoires resurgirent. Ils en avaient inventé tellement, des personnages, et pourtant ils restaient les même. Dawn, et Clyde. Leurs véritables prénoms. Quelle était la probabilité pour qu’ils se revoient alors qu’ils portaient leur prénom, celui qui leur appartenait depuis toujours ? Quoi que, Sinead prenait peut-être un autre prénom, et Clyde aussi, elle n’avait pas vraiment eu le temps de leur demander. « D’accord. Disons alors que je me suis enfuie, pendant le vol. Ils m’auront arraché le restant de ma robe avant qu’on ne se retrouve après le monastère. » Le domestique s’arrêta derrière notre porte, prit une profonde inspiration et enfonça presque littéralement la porte. « Monseigneur, milady, vous êtes attendus au salon. » Il était étonnant de le voir si dévoué à la cause de ses patrons. D’habitude, les domestiques étaient plus du genre à se moquer de leur sort, tant que le salaire arrivait à la fin de mois. Ou alors peut-être qu’il résidait ici aussi. Enfin bref, lui, nous n’avions pas intérêt à nous le mettre à dos. Pourtant, il s’adressait à nous comme des personnes de haut rang. Peut-être qu’ils pourraient jouer sur ça ? J’avais caché dans mes sous-vêtements les bijoux que je portais dans le présent, de peur, que sans protection, on me les vole. Malheureusement, maintenant que j’étais accompagnée d’un homme, tout irait dans le meilleur des mondes. Plus rares étaient les femmes violées ou volées quand elles avaient un mari à leur bras. Alors que le domestique nous tournait le dos, j’attrapai un collier très ancien, du dix-neuvième siècle au moins, mais que les plus ignorants ne remarqueraient même pas. Il pourrait être signe de ce que nous avancions ; de riches personnes, l’homme s’étant fait dépouillé et sa femme ayant évité le larcin en fuyant. « Tu m’aides ? » lui demanda-t-elle, presque sur la voix du flirt, alors que le domestique les attendait plus loin. Le collier était un peu fin pour l’époque, pas assez voyant ni trop recouverts de pierres précieuses, mais il s’agissait de l’emblème d’une famille de renommée, anglaise, qui portait le hibou comme symbole. L’animal avait été sculpté en céramique avec deux yeux de saphirs brillant faiblement. Ca ferait peut-être l’entourloupe histoire de.

Elle attrapa le bras de Clyde, presque heureuse que le destin les ai mis sur la même route. « Il faudra que tu lui racontes mon histoire, » lui chuchotai-je. « Même si je sais que tu te souviens de ces coutumes affreuses, n’est-ce pas ? » Il avait souvent entendu le déluge de son courroux à cause de la misogynie, et il avait qu’il ne fallait pas la titiller sur ce genre de question. Pourtant, elle voulait rester en vie, elle voulait avoir un toit au-dessus de la tête, alors elle ne dirait rien.
Pour un temps.
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MessageSujet: Re: Le retour du héros. ♣ Clyde   Dim Fév 21 2016, 00:19



Le retour du héros


Dawn & Clyde
« Coming back in time just to see what we missed »

Dawn jouait le jeu. Ce vieux jeu, repris des centaines de fois mais pas usé, celui qui consistait à nous inventer des identités, des titres, des histoires et des vies, comme si au fond nous étions humains, parce que nous savions d'expérience que c'était la meilleure façon de se fondre parmi eux. Je me demandais brièvement si nous faire passer pour des humains ne nous donnait pas, depuis tout ce temps, une part d'humanité à nous aussi - avant de réaliser que c'était certainement le genre de question que Dawn se poserait, pas moi.

« D’accord. Disons alors que je me suis enfuie, pendant le vol. Ils m’auront arraché le restant de ma robe avant qu’on ne se retrouve après le monastère. »

Son histoire était cohérente, et s'insérait dans la mienne avec la fluidité née d'une longue habitude. Pour ma part, j'aimais beaucoup sa robe telle qu'elle était - c'est-à-dire sans le restant -, mais je me mordis la langue plutôt que de le lui dire. Il était encore trop tôt, sans doute, pour une telle familiarité, bien que nous ayons déjà retrouvé une bonne part de notre complicité d'autrefois. C'est en tout cas ce que j'essayais de me faire croire, étouffant sans vergogne la petite voix au fond de moi qui murmurait que j'avais simplement peur de la perdre à nouveau, de la faire fuir avec un commentaire trop intime, sortant trop vite du cadre de l'amitié, venant trop tôt et brisant la magie du moment.

Inconscient de mon bref débat intérieur, le domestique nous tournait le dos. Je vis avec surprise Dawn sortir un magnifique collier... de ses sous-vêtements. Autant pour la formalité, j'aurais dû sortir mon commentaire quelques instants plus tôt, cela ne l'aurait visiblement pas gênée : elle s'était souciée du regard du domestique mais pas du mien.

Je me dis, un peu tard sans doute, qu’elle tenait peut-être pour acquis le fait que je me conduirais en gentleman. Après tout, on était retournés au XVIIIème siècle. Je m’efforçais de ne pas regarder, quand elle me demanda de l’aider. Sa voix était envoûtante, et je songeai un instant qu’elle était bien en train de jouer – pas avec nos histoires, mais avec moi. Je me plaçai derrière elle pour attacher le collier et me retrouvai avec une chaîne délicate entre les mains, les doigts frôlant la nuque de Dawn. Les souvenirs affluèrent, des temps anciens comme un peu plus récents, de l’époque où nous n’étions qu’amis et confidents à celle où j’avais cru que… Peu importe. C’était absurde. Personne ne passait l’éternité ensemble, ça n’avait aucun sens. Les amitiés pouvaient durer, entrecoupées de longues périodes de séparation bénéfique, mais une éternité de vie commune ? Cela revenait à rapprocher de force deux concepts opposés, puisqu’au fur et à mesure le temps emporte tout, mais… Mais c’était Dawn, et pour un moment j’y avais presque cru.

Pour penser à autre chose, je regardai par-dessus son épaule, et détaillai le collier en lui-même. Délicat, sobre, peut-être même un peu trop pour l’époque, il représentait un hibou avec un regard de saphirs qui semblait presque vivant. Je reconnus l’emblème, étonné d’avoir retenu de tels détails après tout ce temps – mais après tout, dans les manœuvres politiques, j’étais vite devenu familier de blasons de toutes sortes.

"Alors comme ça, nous sommes anglais ? " remarquai-je avec un léger amusement.

Il faudrait que je réfrène mon accent écossais, si toutefois notre hôte reconnaissait le symbole, ce qui n’était pas certain. Je laissai mes doigts s’attarder sur la nuque de Dawn, alors que j’avais fini d’accrocher le collier. Après tout, le domestique nous croyait mari et femme, et puis Dawn avait bien utilisé une voix sensuelle, je pouvais bien m’amuser un peu aussi.

« Il faudra que tu lui racontes mon histoire. Même si je sais que tu te souviens de ces coutumes affreuses, n’est-ce pas ? » remarqua-t-elle à voix basse.

Comment aurais-je pu oublier ? Ne serait-ce que laisser entendre, devant Dawn, que la femme n'était pas l'égale de l'homme pouvait être suffisant pour déclencher un courroux, titanesque et surprenant, qu'on avait peine à associer à sa personne. Je me souviens m'être retourné, la première fois, et avoir cherché quelqu'un d'autre dans la pièce, tellement j'étais surpris qu'une telle véhémence puisse sortir d'une si petite cage thoracique.

À l'évocation de ces moments mémorables, et à l'idée de Dawn me laissant tranquillement raconter son histoire à sa place, je ne pus retenir un début d'éclat de rire. Un éclat de rire. Je n'avais pas produit ce son depuis... longtemps. J'étais surpris d'être assez détendu, assez léger pour le faire. Renouer de vieilles relations avait du bon, je suppose.

Penser au temps où j'avais cheminé seul, cela dit, m'éloigna de la gaîté de l'instant. Je fis mon possible pour y revenir, relevai le regard pour croiser celui de Dawn dans le miroir qui nous faisait face - il y avait peut-être bien des occupantes féminines dans la maison, vu l'accessoire -, et murmurai à son oreille :

"C'est difficile à oublier..."

Je ne savais pas moi-même si je parlais des éclats de Dawn face à la misogynie ou de mes propres errances, pendant tout ce temps où nous ne nous étions pas vus.
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MessageSujet: Re: Le retour du héros. ♣ Clyde   Dim Fév 21 2016, 09:16

Le retour du héros

On ne se doutait pas de tout ce qui pouvait passer au travers d’un regard, d’une envie, d’une éternité de non-dits et de souffles entrecoupés. Pourquoi passer son temps à se regarder, à son dévorer du regard sans jamais passer le pas, sans jamais se jeter dans la gueule du loup ? Je ne savais pas. Je ne pouvais décemment pas me jeter dans les bras de Clyde cinq minutes après nos retrouvailles ; pas après ce que nous avions vécu à Paris, la déchirure étrange, et étrangement humaine qui m’avait étreinte. Et puis, ce nouveau sentiment, qui fleurissait au cœur de ma poitrine, cette culpabilité monstrueuse recouverte d’épines qui déchirait tout sur son passage. J’avais été amoureuse, si décidément amoureuse de mon mari décédé que j’avais presque, un instant, envisagé de le rejoindre dans l’outremonde, dans la tombe, au travers du Voile, où qu’aille mon âme à moi, la mienne, car je savais qu’elle était toujours là, quelque part. J’avais voulu mettre fin à mon existence éternelle pour lui, et voilà que je retournais dans mes propres démons, que mon cœur voulait s’ouvrir à nouveau pour un être que j’avais fui, de peur de trop m’attacher. A cette époque-là, je ne connaissais pas encore la passion, elle me faisait même peur, je la craignais car c’était si profondément humain que ça me dépassait complètement, que j’avais peur d’être ensevelie par elle. Et détruite, aussi, quelque part, car Clyde était parfait, parfait en tout point, mais Clyde était Clyde, Clyde était un vampire qui se trouvait chamboulé par mon ancienne candeur, mais qui ne saurait pas comment me gérer au quotidien. Il n’était pas mesquin, il était loyal, mais quoi, on se lassait, non ?
Pouvait-on se lasser d’une amie comme on se lassait d’une amante ?
Etait-ce de l’hypocrisie de ma part de penser ainsi ? D’avoir pris les devants, en imaginant ce que Clyde aurait ressenti sans lui demander, sans lui faire part de mes craintes et de mes peurs ? Peut-être que les choses auraient été différentes si elle lui avait dit, ouvert son cœur. Ils avaient été amis, amants, un tout uniforme mais aujourd’hui, que restaient-ils d’eux ? Que les miettes d’une nostalgie passée, quelques souvenirs éparpillés aux quatre vents, et rien que la possibilité d’en créer de nouveau, de se sentir encore aimé avec la flamboyance dont savait faire preuve l’humanité, de se sentir à nouveau heureux, complets, retrouvés.

Est-ce que j’étais prête à ouvrir mon cœur meurtri ? Est-ce que j’étais prête à prendre le risque d’avoir changé, que Clyde ait changé ? Mais est-ce que ces yeux bleus ne m’appelaient pas à me jeter dans la gueule du loup, comme un lapin coincé entre les deux phares d’une voiture roulant à toute vitesse ? Tout ça dans un regard, tout ce tourbillon de peur et d’incompréhension dans ce regard, ce maudit regard.
Crève-lui les yeux, Dawn, crève les lui et alors tu n’auras plus rien à craindre.

« Alors comme ça nous sommes anglais ? » Et lui arracher la langue, aussi.
Il accrocha le collier, laissant ses doigts traîner sur la peau de ma nuque qui ne manqua pas d’être parcourut de frémissements. Elle ne trouva rien d’intelligent à lui répondre, laissée pantoise par ses pensées écœurantes. Le rire de Clyde retentit un instant lorsqu’il se rappela le courroux du dragon auquel il avait dû faire face de nombreuses fois. Beaucoup de personnes en avaient fait les frais ; la plus grande injustice du monde, la plus grande aberration, la plus grosse monstruosité perpétuée sur des siècles pour moi, et pourtant… Irréalisme total, extrémisme de ma pensée que je voulais pourtant beaucoup plus subtile. J’aimais avec cette même fièvre que je ne défendais mes idéaux. Stupéfaction indolore.

« C’est difficile à oublier. – Nous sommes difficiles à oublier. » Je lançai cette idée, sans même savoir ce qui se cachait derrière, pour lui témoigner combien je l’avais aimé, et combien je pourrais l’aimer s’il m’en laissait l’occasion, la chance, le temps. Peut-être que quelque part l’attendait une épouse éprise du regard, du rire, du parfum de Clyde. Peut-être que quelque part, Clyde avait refait sa vie, adopté de beaux enfants, fait le bonheur d’une femme, ou de plusieurs. La vie d’un immortel était longue, très longue, et très remplie. Ma vie se trouvait au cimetière de Paris, où avait été enterré mon défunt mari. Personne n’était venu à son enterrement. Personne, car il s’était détaché de sa famille, de ses amis, pour ne pas avoir à leur expliquer pourquoi sa magnifique épouse ne vieillissait pas. Il était mort seul, dans la douleur, alors que j’avais refusé d’amener son âme au-travers du Voile. Il était mort dans un cimetière sans personne pour lui tenir compagnie, corps esseulé dans un tombeau de noirceur. Des doigts glacés recouvrèrent mon cœur tandis que nous allions dans le salon rejoindre notre hôte. Les yeux saphir du hibou, glacés, imprimaient au fer rouge deux marques de la honte sur ma poitrine, alors que tout remontait à la surface. Les larmes perlèrent sur mes cils, et notre nouvel ami dû prendre ça pour la réaction normale d’une femme qui venait de se faire voler et agresser. « Allons ma chère, vous êtes trop magnifiques pour pleurer ainsi. Laissez mon domestique vous trouver une tenue qui vous réconfortera, vous le voulez-bien ? » Il baisa sa main et une vague de dégoût me rappela combien la femme était traitée comme une marchandise à bien des époques. Prends donc ta tenue, vile créature, et arrête de pleurer. Je baiserai ta main comme je baiserai ton corps, lorsque je t’aurai passé l’anneau au doigt et la corde au cou. « Je vous remercie de votre amabilité monsieur… Je vous serai très reconnaissante de ce geste envers-moi. Je viens tout juste de voir votre magnifique et étrange collier. Une belle chose pour deux gens du commun des mortels, n’est-ce pas ? » Il porta cette fois-ci son regard sur Clyde. Il avait fait sa part du marché ; je pouvais maintenant m’enfoncer dans un silence de plomb, tandis que Clyde pouvait babiller à loisir, car les hommes ne parlaient pas pour rien dire, c’était bien connu. Notre hôte semblait un peu plus opportuniste que je ne l’avais cru de prime abord. Peut-être s’attendait-il à recevoir une quelconque récompense suite à cette hospitalité fortuite.
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MessageSujet: Re: Le retour du héros. ♣ Clyde   Lun Fév 22 2016, 19:44



Le retour du héros


Dawn & Clyde
« Coming back in time just to see what we missed »

« Nous sommes difficiles à oublier. »

Du tac au tac, dans un seul souffle, en continuité directe avec ma propre remarque si l'on ne se fiait qu'aux sons. Et pourtant, dans le sens, un tel aveu ! Une véritable grenade, un trait d'une précision absolue, un poignard qui frappe, avec la précision chirurgicale du scalpel, en plein dans le cœur. Si le mien avait toujours été en état de fonctionnement, il aurait raté plusieurs battements.

Une remarque anodine en apparence, lâchée tellement vite qu'on aurait pu croire qu'elle était sortie toute seule, sans son accord. Nous sommes difficiles à oublier. Nous, comme un tout, comme une histoire, comme une amitié qui avait si doucement dérivé en une autre forme d'engagement. Un tel passé laissait des traces, d'agréables traces, des souvenirs.

Était-ce ce passé que Dawn avait du mal à oublier ? La conscience, qu'à un moment de notre histoire, nous avions été assez proches pour former un "nous" ? Ou, plus simplement, voulait-elle dire que nous étions, l'un et l'autre, mémorables ? Qu'individuellement, nous étions tous deux si remarquables que nous marquions durablement les esprits ? Qu'il y avait quelque chose, à l'intérieur de nous, qui avait marqué l'autre au point de changer sa perception des choses, au point de rendre tous les autres chemins un peu plus mornes ?
Non. Je ne suis pas difficile à oublier, Dawn. Tu l'es.

Sans m'en rendre compte, je m'étais plongé dans mes pensées, et visiblement Dawn aussi. Je fus rappelé à mes devoirs par un léger raclement de gorge du domestique, et escortai Dawn vers le petit salon. Je la guidai d'une main derrière son dos, un peu au-dessus de la taille, d'un contact que je gardais le plus léger possible, ayant remarqué au fond de ses yeux une expression que je n'y avais jamais vue, qui me faisait juger préférable de ne pas interrompre le fil de ses pensées. Je ne savais pas ce qu'elle avait vécu au cours du dernier siècle, et si c'étaient bien des souvenirs qui hantaient ses yeux, je n'y avais pas ma place et pouvais difficilement l'aider, sauf en gardant le silence.


« Allons ma chère, vous êtes trop magnifiques pour pleurer ainsi. Laissez mon domestique vous trouver une tenue qui vous réconfortera, vous le voulez-bien ? »

Certaines réactions sont purement instinctives. Elles proviennent de l'espèce, de la nature même de l'individu, et sont par là même très difficiles à réfréner. Au pied du mur, le loup grogne, la sorcière murmure un sort défensif, la proie s'enfuit. Cet homme, pourtant pétri de bonnes intentions, venait de troubler le silence que j'avais maintenu pour préserver Dawn, de remarquer ouvertement qu'elle pleurait, et de lui proposer un objet en réconfort, comme à un enfant. Il la transformait en objet et se l'appropriait, elle qui n'appartenait à personne. Sans le savoir, il marchait sur mes plates bandes et venait à mes yeux de passer du statut d'humain au statut de proie.

La réaction instinctive d'un vampire face à un humain qui pose trop de problèmes, c'est de lui sauter à la gorge. Rien de personnel, juste deux créatures suivant leurs instincts. Les humains cherchent les problèmes, et les vampires les mangent. Si j'avais été plus jeune, ou si j'avais été seul, cet homme n'aurait peut-être plus jamais prononcé une parole.

Il se pencha pour lui faire un baisemain, et ne su jamais à quel point j'avais été prêt à lui planter mes crocs dans la jugulaire.
Mais la voix de Dawn était calme, remarquablement maîtrisée, et je repris mon masque d'humain imperturbable, d'hôte modèle.

Je saisis à temps sa dernière remarque et soutint son regard. Cet homme était une proie, que ce soit pour un dîner ou des magouilles. J'étais accompagné, prétendument marié, alors ce serait pour une magouille - qui sait, en lui promettant monts  et merveilles, il assurerait peut-être lui-même notre position dans l’Écosse du XVIIIème siècle ? -. Je pris une mine de circonstance, affichai un air peiné et un sourire contrit.

"Hélas, ce collier est la seule chose, parmi tous nos bagages, que nous ayons pu sauver des voleurs."

Je vis les yeux de notre hôte briller un instant. Il imaginait probablement les richesses que nous avions pu laisser derrière nous, et surtout que nous possédions sans doute encore, bien à l'abri quelque part. Bien.

"Votre hospitalité envers nous, alors que nous venons d'être victimes d'un si terrible coup du sort n'en est que plus honorable, et soyez assuré que nous nous en souviendrons."

Certain d'avoir capté son intérêt je continuai, avant qu'il ait eu le temps de nous poser des questions trop embarrassantes :

"Cependant, nous n'avions pas prévu de faire halte dans les environs, et j'ignore donc tout de la situation, ici... Vous pourriez sans doute m'en apprendre un peu plus ?"

Il se rengorgea, plein d'assurance sur son terrain :

"Bien entendu, c'est la moindre des choses ! La situation et en effet très particulière, cette année à Inverness..."

Inverness. Discrètement, j'adressai à Dawn un clin d’œil complice : au moins nous ne nous étions pas trompés d'endroit.




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Dernière édition par Clyde Lumdsen le Mar Fév 23 2016, 12:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le retour du héros. ♣ Clyde   Mar Fév 23 2016, 12:29



   



Intervention

   
MJ - RED COAT



   



   

Le jour est froid, glacial même, et les hommes commençent à fatiguer sérieusement d'être sans cesse sur les routes. Notre tâche ? Récupérer les dîmes de chaque paysans, chaque noble et chaque écossais surtout. C'est donc assez fatigués, que notre régiment, 5 hommes tout au plus, à cheval et en uniformes arrivent devant la grande demeure. On entre dans la cour, et on descend de cheval. J'ordonne à mes comparses, d'aller donner à boire aux chevaux, alors qu'un garçon d'écurie vient nous accueillir, il a l'air craintif, mais trop benêt pour être dangereux. Lorsque l'hôte sort pour nous accueillir, c'est avec des courbettes sans fin. "Nous sommes venus récupérer l'impôt, et pouvons nous boire, manger avant de repartir?" Il n'a pas l'air de vouloir dire oui, et pourtant il accepte. Je rentre dans la demeure, découvrant deux autres personnes. "Bonjour." Dis-je simplement.

   
   


©Codage by Mr. Chaotik

   
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MessageSujet: Re: Le retour du héros. ♣ Clyde   Mar Fév 23 2016, 12:46

Le retour du héros

Le souffle effacé d’une caresse oubliée, sur ma peau heureusement recouverte de tissu. Le désir sexuel a été l’une des premières sensations humaines que j’avais ressenti – peut-être était-ce la même chose pour toutes les faucheuses. Ce n’était pas vraiment la première chose que j’avais demandé à Sinead, je souffrais de trop de pudeur pour en parler si clairement, mais puisqu’elle s’acoquinait souvent avec certaines personnes, j’en avais conclus qu’elle aussi avait trouvé un certain plaisir de la chair. Et il fallait dire que le mien s’était éteint quelques années plus tôt, pour ne se rallumer que très récemment. L’arrivée de Clyde chamboulait beaucoup de choses, et même si lui ne possédait pas de cœur battant, le mien s’était mis à battre à tout rompre, comme toutes ces idiotes dans les comédies romantiques. Je n’étais pas certaine que Clyde pouvait l’entendre d’ailleurs (cherchait-il seulement à l’écouter ?) mais il fallait que je me ressaisisse. Le vampire risquait d’avoir rapidement faim de sang, et je ne savais pas quel régime il suivait actuellement… une autre question qui avait souvent traversé mes pensées sans que je n’ose vraiment la poser ; avait-il envie de mon sang ? Est-ce qu’il lui chantait ce genre de mélodie à laquelle on ne pouvait se refuser ?

La Dawn du passé était docile, bien élevée, discrète et mignonne. Les temps changeaient, et même si je ne l’avais jamais cru possible, les gens aussi. J’avais évolué, changé, et à l’instar du papillon qui sort de sa chrysalide, mon caractère avait mûri et était sorti de sa chrysalide de peur. Peur de l’inconnu, de l’abandon, de dire ou de faire une bêtise. Peut-être que si je m’étais battue face à Asmodée, Sinead ne serait jamais partie. Peut-être que si je m’étais battue pour vaincre ma peur, Clyde et moi serions différent en ce genre. Je n’avais pas de regret. J’avais mis le temps, mais j’étais devenue ce que je rêvais d’être, et c’était bien ainsi. Aujourd’hui, je n’étais plus la petite bean nighe effrayée que j’avais pu être. A un moment donné, il fallait laisser tomber les œillères, grandir, et s’adapter.
Comme une humaine.

Clyde jouait les hommes charmeurs, et ça semblait porter ses fruits auprès de notre hôte. A cette époque, on ne devenait pas riche en étant honnête homme, ou alors trop rarement. Cette maison était le témoignage d’une nouvelle richesse fulgurante qui ne laissait que peu de doutes sur l’intégrité de ce cher homme. Mais qu’est-ce que cela pouvait nous faire ? Si nous avions un point de chute le temps que les choses se calment… le temps qu’on trouve un moyen de retourner dans ce présent que je commençais à chérir plus que tout… C’était toujours ça de gagné. « Votre hospitalité envers nous, alors que nous venons d’être victimes d’un si terrible coup du sort, n’en est que plus honorable, et soyez assuré que nous nous en souviendrons. » Tu m’étonnes qu’on allait s’en souvenir, de cette petite farce magique. J’avais été rarement mise en danger, surtout grâce aux bons soins de Sinead, de Clyde et ensuite grâce à pas mal de connaissances rencontrées au fil des ans. C’était peut-être la situation la plus dangereuse que je n’avais jamais vécu – je n’étais pas une grande baroudeuse dans l’âme, je devais l’avouer. « Vous pourriez sans doute m’en apprendre un peu plus ? » Gentil Clyde. « Bien entendu, c’est la moindre des choses ! La situation est en effet très particulière, cette année, à Inverness… Faut dire qu’avec l’exil de notre bon vieux roi en Italie, et tous ces Red Coat qui sont un peu partout… Heureusement, la chasse aux sorcière est... Ailbeart. » La voix résonne, grave, comme un claquement. « Depuis quand invites-tu des gens dans ma demeure sans m’en informer au préalable ? » Une femme, de grande stature, aux traits similaires à… Ailbeart, entre soudainement dans la maison, accompagnée d’une dame de compagnie certainement « Eh bien… Ces deux jeunes gens ont été victimes d’un larcin et… » Ailbeart se tord les mains, et je comprends que la maison ne lui appartient pas, mais à la femme au port altier. Un sourire s’étala sur mes lèvres – enfin un retournement de situation intéressant. « Jennet Device, enchantée. Que me vaut le plaisir ? » Je comprends alors pourquoi sa voix est si imposante. Pourquoi elle est si imposante. Pourquoi la demeure est si imposante.

Les sorcières de North Berwick, bon dieu. Jugées pour sorcellerie jusqu’au début du 18è siècle, certaines filles de sorcières avaient réussi à échapper à la potence – et plus généralement au bûcher. Jennet Device, une fille de Berwick. Notre ticket gagnant pour rentrer dans le présent. Les vibrations liées à sa magie transparaissent un instant, pour s’évanouir une seconde plus tard – mes pouvoirs sont beaucoup moins puissants à cette époque, pourquoi ? Etait-ce lié à un sort ? Peut-être que la maison était protégée contre la sorcellerie ? Mon bijou scintille, et alors tout peut basculer en un instant – quelle ironique du sort, si la famille dont je tirais le collier, avait envoyé au bûcher la famille Device ? Ou si, au contraire, elle les avait défendus ? « Magnifique collier, très chère. Expliquez-moi votre histoire. Ailbeart oublierait beaucoup trop de détails s’il me la contait lui-même. » Ses petits yeux acérés se posent sur nous, et tout repose sur le charisme de Clyde ; mais connait-il l'histoire des sorcières aussi bien que moi ?

Le bruit d'une cavalcade dehors se fait entendre. Les capes rouges sont là. Mon sang ne fait qu'un tour, en comprenant que ce sont les Red Coat, ces fameux anglais. Je fais confiance à cette Jennet - si elle a survécu jusque là, tout se passera bien. Surtout que la chasse au sorcière avait perdu de son attrait après ces milliers de cadavres soufflés par le vent. Je me rappelais encore du voyage de ces âmes perdues, traumatisées... J'inspire fort alors que les domestiques s'affairent autour des chevaux, et que le chef de la bande apparemment entre dans la maison. Dehors, il a demandé à boire, et à manger avant de repartir. « Bonjour. » Jennet est glaciale, mais cela semble être son attitude quotidienne. « Mais bien sûr, je n'ai pas encore déjeuner, venez donc vous asseoir à notre table. J'ai cru comprendre qu'Ailbeart a déjà proposé à manger à mes invités, mais ils se joindront à nous, n'est-ce pas ? Ils étaient tout juste sur le point de nous conter leur merveilleuse histoire. Eliza, préparez-nous de quoi nous sustenter le temps que je paye ces messieurs... »
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MessageSujet: Re: Le retour du héros. ♣ Clyde   Mer Fév 24 2016, 22:36



 
Le retour du héros

 
 
Dawn & Clyde
« Coming back in time just to see what we missed »

 
L'hôte continuait ses explications. L'air attentif et poli, j'enregistrais les informations, et tâchais de les comparer aux dates pour cibler jusqu'où nous avions remonté le temps - parce que, même s'il était fier de ses babillages, il risquerait d'avoir quelques soupçons si je lui demandais en quelle année nous étions. Exil du roi en Italie, Red Coats, ... Nous devions être quelques temps avant la bataille de Culloden, mais quand exactement ?

Il enchaîna sur la chasse aux sorcière, mais n'eut pas le loisir d'en dire grand chose. Une voix, grave, sèche, autoritaire. "Ailbeart." Un simple nom, sonnant comme un rappel à l'ordre. À voir la tête affreusement gêné de notre hôte, il était facile de deviner que la remarque lui était adressée, et qu'il n'aurait pas dû nous faire entrer sans autorisation.

La situation devenait plus compliquée : notre hôte n'était pas notre hôte, et la propriétaire de la maison était sans nul doute la femme à l'allure noble, à l'air presque hautain qui venait de parler. Ailbeart était motivé par l’appât du gain, le mettre dans ma poche était presque chose faite... La nouvelle venue semblait un adversaire d'une toute autre trempe.

Elle se présenta - Jennet Device. Le nom de famille me parut familier, mais étrangement lointain. Quoi de plus étonnant ? J'avais vécu au XVIIIème siècle, j'y avais côtoyé des gens, alors c'était sans doute le nom d'une ancienne connaissance, ou un nom saisi à la volée au cours d'une conversation, en tout cas rien d'important... Pourtant, l'impression que j'aurais dû le reconnaître ne me quittais pas, et elle s'accentua quand je vis sur le visage de Dawn qu'elle savait exactement à qui elle avait affaire.

" Magnifique collier, très chère. Expliquez-moi votre histoire. Ailbeart oublierait beaucoup trop de détails s’il me la contait lui-même.", dit-elle en s'adressant directement à Dawn, nous fixant tous deux d'un air inquisiteur. Au mépris des convenances, vu que sa remarque ne m'était pas adressée, je commençai par croire qu'elle s'attend à ce que Dawn réponde. Ce qui m'aurait parfaitement convenu, puisqu'elle semblait comprendre la situation beaucoup mieux que moi.

Mais le regard de Jennet ne me lâchait pas. Sa remarque était pour Dawn, et les explications pour moi. Je lui adressai un sourire de circonstance et m'inclinai légèrement. Gagner du temps. En apprendre plus sur mes hôtes, sur leur situation, tout en racontant notre fausse histoire sans fausse note. Il faudrait jouer serré. Je sentis mon sourire s'étirer - après tout, je trempais dans les intrigues de cour depuis le XVIème siècle. J'étais dans mon élément.

 
Le regard préoccupé de Dawn m'inquiétait, cependant. Je craignais de faire un faux pas sans le savoir, de nous précipiter dans un piège inconnu, aussi étais-je contraint d'avancer avec précautions. Parler pour ne rien dire a beau être un pilier de la politique, il y avait des limites à cette assertion, et Jennet Device ne se laisserait pas berner aussi facilement que Ailbeart.

Device... Pourquoi ce nom me disait-il quelque chose ? Un patronyme de l'East Lothian, à moins d'une journée de cheval de Duns, réalisai-je soudain. Dans ce cas, cette ébauche de souvenir était peut-être encore plus ancienne, peut-être datait-elle même de l'époque presque oubliée ou j'étais encore humain. Je ne pus m'empêcher de penser que je faisais fausse route.

Les secondes accordées par un sourire et une inclinaison de politesse ne font jamais que quelques instants de répit supplémentaires. Elles furent rapidement écoulées ; je devais parler. J'étais sur le point de le faire quand un groupe de cavaliers arriva dans la cour avec fracas.

Des Red Coats. Des soldats britanniques. L'arrivée des cinq hommes armés nous prit tous par surprise, et j'observai discrètement les réactions des occupants de la pièce. Ailbeart sortit en hâte, trébuchant presque, pour rejoindre le garçon d'écurie dehors. Débordant d'obséquiosité, il enchaîna les courbettes, sans grand effet. Les soldats entrèrent en le contournant, et une fois derrière eux je le vis afficher ouvertement son mécontentement, même si quelques instants plus tôt il hochait la tête aux questions des cavaliers.

Janet réagit à l'opposé. Très calme, elle offrit le couvert à ses hôte après qu'un des soldats nous eut souhaité le bonjour, et nous invita dans la salle à manger, se prépara à payer ses taxes, et n'oublia pas de me rappeler que j'avais une histoire à raconter. Fort bien.

En entrant dans la salle, j'essayai de saisir une occasion pour échanger quelques mots discrètement avec Dawn, mais Ailbeart était trop proche. Et Janet ne nous lâchait pas des yeux. Avant même d'avoir parlé, j'avais l'impression qu'elle voyait clair à travers notre mascarade, qu'elle savait. Au moment de franchir la porte, ma main frôla celle de Dawn, et la sensation qui m'envahit fut bien trop vive. Je baissai les yeux, surpris et légèrement désarçonné, avant de me reprendre. Ce n'était pas le moment de réfléchir à l'effet physique que Dawn avait encore, indubitablement, sur moi.

Puis l'instant fut passé, nous nous installâmes tous autour de la table, en chiens de faïence. L'atmosphère resta incroyablement guindée, malgré les efforts louables d'Ailbeart pour détendre l'atmosphère - et, me semblait-il, critiquer sous cape le montant des taxes prélevées par les Red Coats. J'eus presque pitié de lui quand Jennet lui jeta un regard particulièrement glacial, qui fit descendre le volume de sa voix jusqu'à ce que les mots meurent sur ses lèvres. Si je n'avais pas eu le loisir d'observer le comportement de Jennet et les réactions d'Ailbeart avant le dîner, j'aurais presque pu croire qu'elle lui jetait un sort.

Je venais à peine de me faire cette réflexion quand je compris enfin : Device, cette aura formidable, l'East Lothian... Pas juste l'East Lothian, mais North Berwick - notre hôte était une sorcière. Je cherchai le regard de Dawn, mais retournai vite à celui de Jennet, quand elle me rappela pour la troisième fois de lui conter notre histoire.

Je ne pouvais plus repousser l'échéance. Je commençais à raconter des généralités, veillant à ne froisser ni nos hôtes écossais ni les Red Coats assis à leur table. Je pris mon temps pour raconter, avec le plus d'émotion possible, l'attaque dont nous avions été victimes. Le regard de Jennet se faisait de plus en plus froid, il n'y avait aucun détail précis et aucune once de vérité dans mon récit et elle le savait, mais je parlais sans m'interrompre, si bien qu'elle ne pouvait demander des précisions sans me couper la parole et être impolie.

À un certain point, je vis le chef des Red Coats ouvrir la bouche comme pour prendre la parole, et je m'interrompis en priant pour qu'il ait la présence d'esprit de parler avant Jennet - ce qu'il fit. Il me demanda des précisions sur les voleurs, leur nombre, leurs armes, leurs montures, les éventuels blasons que j'aurais pu repérer... Bientôt, la conversation dériva vers le maintien de l'ordre et l'insécurité des routes écossaises, un sujet adaptable, en changeant un peu les détails, à toutes les époques. J'étais à l'aise dans la discussion, les Red Coats aussi - Ailbeart aussi -, mais je n'avais fait que repousser l'échéance.

Dehors, la pluie commençait à tomber et le ciel à s'assombrir, et le domestique apporta des bougies. Ailbeart et les Red Coats dissertaient à bâtons rompus, je n'avais même plus besoin de m'en mêler, et les rares moments de silence étaient comblés par des bruits de mastication.

La pluie se fit diluvienne, et le tonnerre se fit entendre plusieurs fois. Au troisième coup, un hennissement terrifié s'éleva, et l'un des Red Coats étouffa un juron peu recommandable en voyant les chevaux d'égayer dans la cour. Le chef des soldats se leva, remercia Jennet pour son hospitalité, et pris congé poliment.

Ailbeart proposa de les aider à rattraper les bêtes, et j'attrapais distraitement la main de Dawn sous la table. Était-ce prudent de la laisser seule avec une sorcière ? D'un autre côté, elle maîtrisait le sujet bien mieux que moi, et si je partais elle aurait la parole, peut-être même une chance de trouver un moyen de nous faire revenir au XXIème siècle... J'offris mon aide aux soldats, et nous sortîmes tous prendre une douche glacée à la recherche de chevaux.

Le ciel était sombre, je pouvais rester dehors sans problème, et je m'approchai des montures autant que possible. Vu l'affinité que les animaux ont avec moi, nous ne risquions pas de les rattraper de sitôt, ce qui donnait une chance à Dawn de discuter en privé avec la sorcière.

 
- Adrenalean 2016 pour Bazzart

 
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MessageSujet: Re: Le retour du héros. ♣ Clyde   Jeu Fév 25 2016, 21:06



   



Intervention

   
MJ - RED COAT



   



   

Un incapable de plus, il avait laissé s'échapper nos chevaux, et c'est au moment même où j'allais demander aux invités quelles étaient leur identité, que nous fûmes coupés par un raffut de tous les diables. Le freluquet étranger, dont son nom m'est inconnu, vint nous aider dans la tâche. En descendant les escaliers plus lentement que les autres, allumant un cigarette, je pris le temps de demander cette information. "J'ai du oublier votre nom Monsieur...?" Il s'agissait de comprendre ce que ces deux étrangers faisaient chez ce couple écossais. "Et c'est votre soeur?" Demandais-je ensuite, concernant la magnifique jeune femme assise avec nous alors à la table. "D'où venez vous... Laissez les, ils savent ce qu'ils encourent s'ils ne rattrapent pas les chevaux." Ajoutais-je en lançant un regard torve, bien que vague à l'intention de mes subalternes se lançant vers les fuyards. "Vous ne me semblez pas d'ici..."

   
   


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MessageSujet: Re: Le retour du héros. ♣ Clyde   Jeu Fév 25 2016, 23:39

Le retour du héros

Jouer avec la perception de la sorcière était absolument hors de question. Elle aurait vite fait de découvrir mon manège. Que faire ? Lui révéler la vérité sur notre situation ? Pourquoi pas, après tout ? Que risquais-je vraiment, en y repensant ? J’étais immortelle, et Clyde aurait tôt fait de lui arracher la tête, ou même de s’enfuir. Elle n’avait pas d’armes angéliques, et elle n’en aurait certainement jamais – elle pouvait peut-être m’enfermer grâce à un sort, mais j’en doutais sérieusement. Les faucheuses avaient toujours eu la réputation d’être neutre. Mais pour le vampire, c’était une toute autre paire de manches… J’étais d’ailleurs convaincue qu’elle était au courant de la nature de mon ami. Ou alors il s’agissait vraiment d’une sorcière idiote. Dehors, les éléments semblaient se déchaîner, entre orage, pluie et presque un mélange de grêle. Les chevaux s’étant détachés, les hommes sortirent de la pièce pour s’en occuper – et je retins un rire en pensant au mal qu’ils auraient à se débattre avec, puisque les animaux avaient bien souvent peurs des créatures de la nuit. Le souper s’était déroulé sans encombre, long et s’étirant sur des heures, comme si Jennet prenait son pied à nous faire languir. Le tic tac d’une horloge derrière donnait le ton, alors que nous nous regardions, les assiettes complètement vides. « Maintenant nous pouvons parler, ma chère. Vous m’avez déjà emprunté une robe, je peux bien vous faire le prêt d’une plus jolie. Je serais curieuse de connaître votre véritable histoire, maintenant que nous sommes… entre nous. » Elle quitta la salle à manger en m’incitant à la suivre, demandant aux domestiques de la cuisine de s’occuper des derniers plats. A l’étage, plusieurs chambres faisant office de chambre d’amis laissaient sous-entendre qu’elle avait l’habitude d’avoir du beau monde dans la maison – peut-être avait-elle eu des enfants ? Elle paraissait assez âgée pour avoir des garçons ayant déjà quitté la maison. Les femmes avaient tendance à rester à la maison, mais ce n’étaient que des suppositions – il n’y avait pas de mari dans la maison, la femme semblait bien en avance pour son époque, même s’il n’était pas rare de rencontrer des veuves devenues puissantes grâce à l’héritage de leur mari. Elle sortit une magnifique robe de la penderie et la déposa sur un lit double, tandis que les gouttes de pluie toquaient contre les carreaux. Elle sait que je lui ai volé une robe, elle sait aussi que je mens, peut-être en sentant nos vibrations. Peut-être que la magie du présent nous englobe, et qu’elle l’a découvert. «  Je ne suis pas plus humaine que vous. La magie nous a joué un mauvais tour. Nous avons atterri dans votre jardin alors que nous vivions tranquillement… en Angleterre. » Il fallait aussi expliquer le pourquoi du comment du bijou. « Comme un sort de téléportation. » Je ne voulais pas trop parler de cette histoire de futur et tout ça, c’était peut-être un peu trop gros pour elle. « On ne vous veut aucun mal, on veut juste rentrer chez nous. Nous ne voulons pas abuser de votre hospitalité, mais nous n’avons pas d’autre endroit où aller, le temps de rentrer chez nous… - Je vois. » J’attrapai la robe allongée sur le lit, et me glissai derrière un paravent prévu à cet effet. La robe était très élaborée, encore une autre marque de richesse de la part de la femme. « D’accord. – D’accord ? » La sorcière ne répondit pas plus, ne voulant apparemment rien dévoiler de ses plans, mais cette fin de discussion semblait sous-entendre qu’elle continuerait peut-être à nous héberger un moment – surtout si elle me prêtait l’une de ses robes. Mais qu’en attendait-elle en échange ? Je n’avais jamais rencontré quiconque, et surtout pas une sorcière, faire quelque chose sans demander un retour. Si jamais le besoin s’en faisait ressentir, j’utiliserais mes pouvoirs pour nous sortir de ce guêpier dans lequel je venais peut-être de nous fourrer. Je lançai un petit regard dans la cour pendant que Jennet laçait mon corset. Le Red Coat qui évoluait en chef dans leur petit groupe avait pris Clyde à part, et ils discutaient. Clyde ne semblait pas en mauvaise posture… D’un autre côté, c’était plutôt lui qui les sortait des situations les plus catastrophiques par le passé, pourquoi ça changerait aujourd’hui ? « Descendons leur donner l’argent qu’ils cherchent, » grommela la sorcière. Nous descendîmes sur le porche, Jennet ayant préparé l’impôt que souhaitaient les Red Coat – clairement, elle ne semblait pas les porter dans son cœur, et elle voulait qu’ils déguerpissent au plus vite.
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Le retour du héros. ♣ Clyde

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