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 De si vieux amis - Sinead

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MessageSujet: De si vieux amis - Sinead   Lun Fév 29 2016, 00:18



   
De si vieux amis - Sinead & Clyde

Sinead O'Meadra. Faucheuse de plus d'un demi-millénaire, matérialiste, conspiratrice, à la neutralité légèrement contestable... Sinead était un phénomène unique en son genre. Je la connaissais depuis la cour d’Écosse, presque au tout début de mon existence vampirique, et nous avions passé les siècles suivants à nous croiser et à passer de longues périodes ensembles, souvent honorés de la présence de Dawn. À force de nous côtoyer, de magouiller, nous avions vécu toutes les situations possibles et imaginables, et nous nous connaissions quasiment par cœur. Je ne prétendais pas être tout à fait rassuré par la nature profonde de la faucheuse, et elle connaissait les côtés les plus sombres de la mienne, et c'est aussi là-dessus qu'était basée notre amitié - une confiance mutuelle, et une compréhension, une connaissance profonde des moindres secrets de l'autre. Bien sûr, au cours des siècles, certains détails avaient échappé au crible de nos longues conversations, mais si peu... Lorsque j'avais finalement revu Sinead, après avoir passé plus d'une centaine d'année sur mon propre chemin - Dawn partie, Duns incendiée, je m'étais plus ou moins éloigné de mes vieilles connaissances -, nous nous étions rendu compte avec étonnement que nous lisions toujours l'un dans l'autre comme dans un livre ouvert.

Aussi, ce ne fut pas vraiment une surprise quand Sinead s'en alla sans prévenir, me laissant seul avec sur les bras le loyer de plusieurs mois d'une luxueuse villa de vacances - ce qui n'était pas grave en soi, nous étions aussi riches l'un que l'autre - et dans l'impossibilité d'aller régler cette dette en sortant en plein jour sous le soleil tapant. Et ce ne serait certainement pas une surprise non plus pour elle de découvrir que je l'avais faite suivre pour m'informer de sa destination... et qu'après quelques semaines passées à régler les détails d'un séjour écourté, je l'avais finalement rejointe à Inverness pour lui rendre la monnaie de sa pièce.

Renouer avec l’Écosse avait été un sentiment étrange. C'était le pays où j'avais vu le jour, quatre cent soixante-dix-sept ans auparavant, où j'avais grandi, le pays de ma rencontre avec Sinead et Dawn, celui dont les habitants parlaient avec le même accent que celui que je n'arrivais pas à gommer tout à fait de mes propres paroles, et pourtant... c'était aussi le pays où j'avais été poignardé dans une ruelle et laissé pour mort, celui où j'avais été transformé en vampire et commis mon premier crime, celui dont certaines maisons calcinées, en 1895, hantaient mes pensées dès que je fermais les yeux.

J'avais pris une chambre d'hôtel, défait mes valises en attendant que le reste de mes affaires arrivent - si toutefois je décidais vraiment de rester -, et j'allais ensuite rendre une petite visite surprise à Sinead. Elle était, paraît-il, propriétaire d'une galerie d'art en ville ; il allait être facile de la trouver.

La galerie m'impressionna. J'y reconnaissais partout la touche de Sinead, cette quintessence de bon goût qu'elle avait appris à peaufiner au fil des siècles, mêlée à cet instinct, qui ne s'acquiert pas, d'installer les choses de manière à attirer le haut du panier de la société locale. Je souris en remarquant un vieux couple en admiration béate devant un tableau, des lunettes sur le nez et à distance respectueuse. Sinead n'était nulle part en vue, j'allais commencer par m'amuser là, elle finirait bien par passer.

Je me plantai derrière le couple, faisant mine d'observer le tableau, et grognai d'un air appréciateur. Le vieil homme se retourna, sa femme à son bras, et me sourit de cet air un peu réservé qu'on réserve aux gens qu'on ne connait pas mais avec qui l'on a une passion commune.

- Très joli, ce tableau, n'est-ce pas ?, déclara la femme poliment, mais avec un soupçon de chaleur qui m'indiquait qu'elle appréciait vraiment l’œuvre.

"Magnifique, lui répondis-je avec emphase, mais ce qui est intéressant ce n'est pas tant l’œuvre que son incroyable histoire !"
Je m'interrompis le temps d'esquisser un sourire contrit. "Je suis désolé, déformation professionnelle..." repris-je plus calmement, avant de me présenter en tendant la main. "Peter Sailsworth, historien."

L'homme perdit de sa réserve et me serra la main, d'une poigne usée et calleuse. J'étais passé du statut d'inconnu à celui d'homme sérieux et recommandable - parfait.

"Quelle histoire ?" me demanda-t-il avec intérêt.

Je pris une inspiration et me penchai vers eux. Je racontai d'un ton confidentiel :
"Et bien, l'histoire de ce tableau commence par celle de sa peinture, comme tous les autres... Seulement, pour celui-ci elle fut assez particulière. On raconte que le commanditaire de l’œuvre, mécontent des délais que demandait le peintre, lui rendit visite à l'atelier et que, à la vue du tableau non terminé, il entra dans une telle colère qu'il en étrangla le peintre et que ce sont ses apprentis qui ont dû finir le travail. "  Je croisai le regard effaré de la femme et continuai, pointant du doigt vers le bas du tableau.

"Vous voyez, ici, c'est pour cela que la signature parait comme estompée : les apprentis, pour finir le tableau, ont dû peindre par-dessus la signature que leur maître y avait déjà apposé..." L'effarement dans leurs yeux se muait en horreur. Je vis du coin de l’œil Sinead arriver vers nous, et continuer à voix bien haute :  "Mais ce n'est pas tout ! Depuis lors, ce tableau est réputé pour porter malheur à tous ceux qui le regardent, et plusieurs de ses précédents propriétaire auraient sombré dans la folie rien qu'à passer devant tous les jours..."

J'y étais peut-être allé un peu fort, vu l'air accablé de mes interlocuteurs...

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MessageSujet: Re: De si vieux amis - Sinead   Lun Mar 21 2016, 00:01



   
De si vieux amis - Sinead & Clyde

Installée à mon bureau, je travaillais sur l'acquisition d'une nouvelle oeuvre qui me tenais à coeur et ce depuis fort longtemps. Elle avait été mienne durant quelques décennies, avant qu'on me la vole. J'aurais pu retrouver le coupable pour lui faire payer un tel affront mais en ce temps là, j'avais malheureusement d'autres problèmes plus urgent. Mon défunt époux était mort dans des circonstances forts fâcheuses et douteuses et bien entendu les soupçons pesèrent sur moi. Comme disent les mortels : cela sentait le roussi dans le coin. Deux choix s'offraient à moi, soit je restais et me battais dignement pour mon honneur, soit alors je m'en allais discrètement et refaisais ma vie ailleurs. Mon honneur de mortel n'ayant strictement aucun intérêt à mes yeux, je préférais emporter tout ce que je pouvais et espérais pouvoir revenir en catimini un peu plus tard pour récupérer le reste de mes affaires. Ce tableau n'ayant malheureusement pas pu tenir dans mes valises, j'avais dû le laisser derrière moi et bien entendu, quand je suis revenue sur mes pas quelques mois plus tard, il avait été vendu. Douce vengeance pour la famille de mon défunt mari, qui avait certainement vu une belle occasion d'obtenir une certaine justice avec l'argent de la vente. J'avais emporté avec moi une grande partie de la fortune de feu mon époux, je pouvais comprendre qu'il l'avait un peu mauvaise. Avais-je quelque chose à voir avec la mort de cet homme ? On ne demande pas cela à une dame voyons ... Et puis les accidents ça arrivent non ? Même si tout est calculé pour que la personne n'est aucune chance de survivre, ce n'est définitivement pas de ma faute si les mortels sont si fragile !

J'ai pisté mon tableau pendant une longue période mais il changeait de mains trop régulièrement pour rester sur sa trace. Pendant quelques temps j'ai même abandonné ma traque. Ce n'est pas comme si j'avais l'éternité devant moi, je finirais bien par y remettre la main dessus, même si pour cela il faut que je dévalise un musée pour récupérer mon bien. Il est évident que je ne pourrais certainement pas l'avoir de façon légal si un musée l'a en sa possession, les papiers du tableau ont brûlé dans ma magnifique demeure en Italie .... Quel drame, je ne préfère pas m'en souvenir, j'en suis encore toute retournée. Et évidemment ma parole comme quoi je suis la propriétaire légale de ce tableau ne suffira pas. Fort heureusement je ne rencontre pas ce problème, il est en la possession d'un vieux monsieur. L'homme que j'ai engagé pour retrouver mon tableau m'a bien spécifié qu'à l'heure actuelle, ce milliardaire ne compte pas vendre ce tableau, mais je compte sur mon apparence et mes talents d'oratrice pour obtenir gain de cause ... sinon une âme partira plus tôt que prévu. Ce n'est pas comme s'il ne puait pas déjà le sapin, comme les mortels aiment si bien le dire. J'ai entendu le carillon de la porte d'entrée. Je lève la tête et voix un couple admirer mes oeuvres. J'esquisse un beau sourire et leur laisse à la contemplation. J'aime laisser un peu de temps aux mortels pour s'imprégner de ces merveilles que je leur offre, ce n'est qu'ensuite que j'attaque. Je suis plutôt douée dans les affaires ... enfin ça c'est quand un importun ne vient pas tout gâcher. J'entends des voix et au début je me dis que c'est le couple qui discute d'une toile. Seulement je me souviens que la carillon a sonné quelques instants plus tôt. Je reconnais deux voix d'hommes, ce qui en soit n'est pas normal, je décide donc de me lever pour aller voir. C'est là que je vois trois personnes dont une qui, sans même avoir besoin de se retourner, est une silhouette que je reconnaitrais entre milles.

- Clyde !! dis-je en m'avançant auprès du trio. Je ne sais pas ce que leur a raconté Clyde, mais je sens que ce n'est pas bon pour les affaires. J'ignore comment il m'a retrouvé mais s'il me fait perdre une vente, j'expédie tout droit son âme en enfer. Maudit vampire. Bienvenue dans la Riverside Gallery. Je m'appelle Sinead, je suis la propriétaire ... leur dis-je en tendant la main pour leur serrer la leur, sourire aux lèvres, toujours très assurée et charmante. Je vois que vous avez rencontré mon frère Clyde ... Dis-je en attrapant le bras de mon frère, l'air heureuse de le voir alors que ce n'était absolument pas le cas. "Vous avez des goûts remarquables, cette toile est vraiment magnifique. L'artiste l'a peinte pour le Conte de Bellecourt, un homme proche de la royauté. Grâce à ce chef d'oeuvre, l'artiste a reçu de nombreuses commandes de nombreuses familles vivants à la Court." Dis-je sans une once d'hésitation, tentant de faire oublier les histoires ridicules qu'avait pu sortir Clyde pour les faire fuir. L'homme n'avait pas l'air de me croire, ne sachant plus vraiment sur quel pied danser. Je détestais profondément Clyde en cet instant. J'ignore ce que vous a dis mon frère, mais croyez moi ce n'est que pour vous faire marcher ... J'ai beau l'adorer, il a toujours pris un malin plaisir à mentir pour se faire bien voir ... Nous vous laissons admirer les tableaux en paix et surtout n'hésitez pas, nous serons dans le bureau là bas. J'esquissais un grand sourire puis trainée Clyde a ma suite. Si tu veux ruiner mes affaires surtout continue ... Parfois j'ai envie de trainer ton âme damnée dans les enfers, tu le mériterais tellement .... Lui dis-je en le foudroyant du regard.

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« Chaque souffle nous rapproche de la mort. » H. A.


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