AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Loki Magni Dalgaard

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Fear me, love me, die for me.
parchemins : 161
inscrit le : 06/03/2016
crédits : Illyan :D

MessageSujet: Loki Magni Dalgaard   Dim Mar 06 2016, 12:07

Loki Magni Dalgaard

Les cinq sens sont cinq portes pour les péchés.

 
Nom DalgaardPrénom(s) Loki Magni Âge 831 ans Date et lieu de naissance 1185 SuèdeNationalité & origines Suédoise, Suède Espèce Vampire  (se référer aux annexes ici)Etat civil Veuf.
Profession Faussaire, il copie des oeuvres connues pour les vendre à des prix exorbitants, ou remplacer les réelles pour voler celles-ci.
Caractère Je dirais bien qu’il y a les jours avec et les jours sans, mais il y a infiniment plus de jours sans. Loki se montrera toujours charmant, flatteur et délicieusement agréable et cultivé envers ces dames qu’il séduit plus vite qu’un battement de coeur, qu’il réduira ensuite en miettes en bon Don Juan. A présent qu’il a abandonné son humanité pour embraser sa nature de créature de sang, c’est un chasseur des plus efficaces, impitoyable et discret. C’est un beau parleur et un menteur de talent, qui triche aussi naturellement qu’il respire. Il pourrait vous faire croire que le ciel est vert et l’herbe bleu. C’est un être de culture qui utilise son éternité pour apprendre tout ce qui suscite son intérêt et voler tous les trésors qu’il convoite pour sa demeure. Mais c’est aussi un être sombre qui peut exploser de colère et détruire des choses d’une valeur incommensurable. Il n’accepte pas de perdre, et n’a de loyauté que pour lui. Le portrait parfait de l’absolue connard. Oh et bien sûr il manie le sarcasme aussi bien qu’une lame. Et sa fierté peut justifier qu’il prenne une vie.
Groupe Bedtime Stories  


pseudo/prénom Calidora  âge L’âge parfait! Comment es-tu arrivé par ici ? Ya un alpha qui voulait un copain dans ma tête. Autre(s) compte(s) O’Shean Mc Guyre  présence Tous les jours pour dire bonjour, un sur trois pour rp.  remarque Sinead is mine.   Crédits écrire ici Avatar


Code:
<span class="av1">Charlie Hummam</span> › Dalgaard Loki
 
 


Dernière édition par Loki Magni Dalgaard le Dim Mar 06 2016, 12:09, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Fear me, love me, die for me.
parchemins : 161
inscrit le : 06/03/2016
crédits : Illyan :D

MessageSujet: Re: Loki Magni Dalgaard   Dim Mar 06 2016, 12:08


histoire

Je vois mon passé comme une autre vie. Une vie rêvée peut être même, tant elle paraît pâle et insipide à présent. Il me reste des images surtout, comme des tableaux dans la galerie sombre de ma mémoire. Oui c’est cela, j’ai fixé les moments les plus importants dans les toiles de mon esprit. Et à ces toiles s’accrochent des sentiments. Des liens qui cherchent à m’attraper, des chaînes qui me garderaient si seulement je me rapprochais trop près. Car c’est ce que sont les sentiments. Ils sont des chaînes glacées qui vous mettent à genoux et vous volent votre liberté. Vous devenez dépendant d’eux, faisant tout pour ressentir encore plus, encore plus fort, au risque de connaître la peur plutôt que l’excitation, la douleur plutôt que la joie. Car les plus grandes joies sont aussi éphémères qu’un papillon, tandis que la douleur ne fadit jamais. Elle est un démon ricanant, prenant plaisir à ravager votre esprit de ses attaques pernicieuses. Et le manque. Que dire du manque ? Il est semblable à la faim. Pas la faim que ces misérables humains ressentent, non loin de ce chatouillis, c’est la sensation que tout votre corps pourrait se retourner contre vous et s’abaisser à un état de primitivité absolue pour obtenir ce qu’il lui faut. On commence toujours par résister au manque. On le pousse de la main, on essaie de se concentrer sur autre chose. Jusqu’à ce que l’obsession commence, et que l’on néglige toute chose pour ne s’occuper que de celle qui nous intéresse. Et  céder est la plus belle et la plus cruelle des choses. Car on ne peut posséder vraiment qu’en détruisant, n’est-ce pas mon amour ?


*1200, château de la famille Dalgaard, salle d’étude, Suède.*

Cela fait des heures que je suis enfermé ici. Comme tous les jours il me faut écouter mon professeur particulier me dispenser l’une de ses leçons. Arithmétiques, langues diverses et variées, histoire, il n’a de cesse d’avoir quelque chose à m’apprendre. Habituellement je suis un élève intéressé et avide d’apprendre de nouvelles choses, car père et mère m’ont fait comprendre que l’éducation fait l’avenir d’un homme, hors j’espère bien surpasser mon père en talents et en fortune pour pouvoir me consacrer à la peinture. Je sais que cette idée leur déplaît fortement à tous deux, mais je leur prouverais que mon talent mérite d’y consacrer sa vie. Et puis je n’aurais jamais à travailler, alors autant que toutes ces choses me servent à parcourir le monde et à voir de mes propres yeux toutes les terres incroyables dont mon maître me conte les beautés et les coutumes. Mais aujourd’hui je n’ai pas le temps pour cela. Il y a quelque chose de bien plus important dont je dois m’occuper. Je suis donc très peu disposé à prêter mon attention à mon professeur qui l’a évidemment remarqué et essaie de retenir mon attention en me posant des questions. J’y réponds de façon évasive, les yeux rivés sur la cour. J’ai fêté mes quinze printemps et père m’a promis un étalon. Nous l’entraîneront ensembles pour qu’il ne réponde qu’à moi et que je le mène à la chasse. Il me faudra des années pour atteindre ce but, et je ne peux réfréner plus mon impatience de le voir enfin.

Quand père sort enfin en tenant en main un jeune poulain à la robe bai rouge miroitant sous le soleil, je suis subjugué. Il est magnifique. Tout en finesse et en membres déliés. Il a quelques tâches plus foncées sur la croupe et d’une élégance certaine malgré son jeune âge alors qu’il trottine autour de l’enclos dans lequel il est finalement lâché.

Je bondis pour ma part de mon siège, saluant l’érudit d’un vague adieu avant de dévaler les escaliers bien plus vite que je n’en ai le droit. Heureusement je ne croises qu’une servante qui s’écarte d’un bond. Je cours jusqu’au écuries ou je manque cette fois de renverser une fille de servante qui s’occupe des cuirs. Elle a une dizaine d’années et des yeux gris trop grands pour son petit visage. Pas le temps de m’arrêter, mais je prends la peine toutefois de ralentir alors que je m’approche de mon père, ne voulant pas être condamné à remonter pour m’être montré si pressé.


*1205, château de la famille Dalgaard, jardins, Suède.*

L’enfant aux grands yeux gris est devenue une jeune femme. Fille d’automne, elle s’est épanouie sans que personne ne le remarque. Comment ai-je pu pourtant être aussi aveugle tout ce temps ? A sa peau délicate et pâle qui se colore d’embarras dès que je la taquine ? A sa longue chevelure presque blanche qui la pare comme la plus belle des étoffes ? Elle est élégante et gracieuse, et je passe des heures à l’observer. Je ne peux me rassasier d’embrasser sa bouche a chaque détour de couloir, ou d’enlacer sa taille si fine pour qu’elle ne puisse m’échapper. Ses yeux orage sont toujours timides, mais ils pétillent à présent en ma présence. Et de nous deux elle est certainement la plus prudente et la plus discrète, détournant les yeux quand elle doit nous servir. Je déteste cela qu’elle doive nous servir alors qu’elle devrait être à mes côtés. A chaque fois que nous parlons de notre futur, elle me repousse en riant, me rappellent que cela n’est pas possible et qu’il faut nous contenter de ce que l’on a. Mais comment le pourrais-je ? Elle est ce que j’aime le plus au monde, et j’aimerais partager l’aisance dans laquelle je vis avec elle. Je refuse de voir son dos se courber sous les lourdes charges ou les tâches trop dures que l’on finira par lui imposer. Ou ses mains devenir rêche à force de laver le linge. Et bien sûr je refuse qu’elle puisse épouser un fils de paysans. Je vois bien comme tous les hommes agissent en sa présence, leur galanterie soudaine et surtout leurs regards. Cele me rend furieux. Mais je ne peux l’épouser, pas plus que je ne peux la réclamer comme mienne. Car alors nous serions tous les deux à la rue, et quelle existence cela serait-elle ? Je ne peux pas lui imposer de fuir, chassée de la maison car je voudrais partager chaque jour avec elle. Alors tous les matins, alors que le ciel est encore gris, j’embrasse sa joue, je caresse une dernière fois son ventre qui s’arrondit de jour en jour, et je quitte la petite chambre minuscule qu’elle occupe dans les quartiers des domestiques. Elle porte mon enfant. Et cela me rend fou de joie. Et de peur aussi. Elle m’assure qu’elle pourra cacher sa grossesse jusqu’à la fin, mais comment le pourrait-elle ? Et ne se met-elle pas elle et l’enfant en danger en travaillant dans son état ? Je tentes de la convaincre par tous les moyens de partir, je voudrais la confier à sa famille. Mais elle refuse de partir, et je ne veux pas la contrarier.

L’inquiétude à remplacé l’euphorie. Je ne manges plus, je ne dors plus. Elle a perdu les eaux et ses cris de douleur déchirent mes tympans. Avec la complicité d’autres servantes nous avons réussit à l’installer en dehors du château, dans une petite maison d’invité. Les dernières semaines auraient donc été idylliques, si la fatigue n’avait pas peu à peu ternit l’éclat de sa peau et de ses yeux qui semblent à présent vides alors qu’elle laisse retomber sa tête, épuisée. Les contractions sont violentes, trop violentes, et l’enfant n’est toujours pas là. Malgré les protestations des femmes, je suis resté. Je ne peux quitter son chevet alors qu’elle se bat pour mettre notre enfant au monde. Mais peu à peu sa poigne se desserre, ses ongles dans mon bras disparaisse. Je sens son souffle erratique sur ma joue, mais sa poitrine ne se soulève qu’à peine. Les visages sont graves, les bras ensanglantés retombent le long des corps rompus par la fatigue d’avoir tout tenté. Je ne veux pas la regarder. Je ne veux pas qu’elle me le dise. Je ne peux plus ignorer que notre enfant ne vivra pas. Mais elle, elle ne peut me quitter n’est-ce pas ? Elle s’en remettra, si seulement elle pouvait ouvrir les yeux, et serrer ma main…
 

*1212, château de la famille Dalgaard, bois alentours, Suède.*

Les années se sont écoulées. Emportant avec elle joie et capacité à aimer. Je ne suis qu’un fantôme. L’ombre de moi-même. J’ai peu à peu abandonné tout ce qui me passionnait pour me retrancher dans des jours entiers de lectures. La bibliothèque est bien le seul endroit ou je ne la vois pas. Elle est partout avec moi. Auprès de sa tombe, je caresses les fleurs qui y ont poussées, et l’arbre qui protège sa dernière demeure. Il est encore tout jeune et fragile, comme elle l’était, mais si mon aimée n’est plus depuis longtemps, je sais que le végétal lui nous survivra à tous, et qu’il protégera toujours de son ampleur la tombe de mon amour et de notre bébé qui a perdu la vie dans cet accouchement impossible.

Aujourd’hui je dois me marier. Mes parents ont décidé qu’il était temps que j’épouse une jeune fille de bonne famille. La fille d’un noble certainement très influent et très ennuyeux, aux manières parfaites, aux tenues si encombrantes qu’il n’y a aucune chance qu’elle puisse monter à cheval, et à la conversation sans aucun doute des plus fades. Il n’y aura pas d’escapades interdites, pas de rendez-vous fortuits, de surprises inattendus, ou de coeurs qui battent la chamade. Je ne ressens rien, ni excitation ni envie. Peut être que si je ressens quelque chose, c’est du dégoût. De la répulsion envers moi-même pour n’avoir su protéger la femme que j’aimais de tout mon être, que notre enfant lui ai prit la vie sans voir le jour. Et pour mes parents qui n’en savent toujours rien, qui n’ont aucune idée de ce qu’il s’est passé et de ce qu’ils imposent à cette noble en la mariant à l’être que je suis devenu. J’ai même refusé de la rencontrer, cela ne sert à rien. Si je dois la côtoyer le reste de ma vie, autant garder la surprise jusqu’à l’autel. Je quittes à regret le seul souvenir matériel que j’ai de mon bonheur perdu, sentant comme toujours battre en moi la blessure de sa perte.


*1220, parc public de la ville, Suède.*

Nous nous promenons. La main gantée de ma femme posée de façon appropriée sur mon bras, son autre main tenant une ombrelle de dentelle sensée protéger son teint du soleil. Un sourire factice orne ses lèvres, et elle salue d’une voix charmante toute personne que l’on croise, me forçant à m’arrêter tous les dix pas pour saluer une amie, une connaissance. Je déteste cela. Devoir passer tous nos dimanches ensoleillés ici pour qu’elle puisse faire admirer ses parures, je ne vois pas plus l’intérêt de faire croire que nous sommes un couple heureux en restant des heures assis dans l’herbe. Nous ne le sommes pas. Nous vivons sous le même toit, mais des vies tout à fait partagées. Je doutes évidemment qu’elle puisse apprécier ma froideur et mon indifférence à son égard, mais je ne peux me résoudre à l’aimer. Elle a tout fait pour pourtant. A présent elle est résignée certainement, et semble pouvoir se contenter de l’affection de ma famille qui la couvre d’attentions, ma mère particulièrement est plus que ravie d’avoir une autre femme de son rang à la maison. Organisant dîners et bals, séduisant toute la noblesse suédoise et influençant les salons qu’elles tiennent avec les autres femmes. Nous avons deux enfants. Deux bambins charmants en tout points mais qui me sont étrangers. Ils n’ont pas les yeux gris, ou la bouche rieuse et mutine qu’aurait eu le bébé que je n’ai jamais vu.


A présent le seul visage dont je parviens à apprécier la beauté, et que je peins inlassablement, et un visage intensément sauvage, libre, au regard provoquant et sombre. Elle est apparue ici un soir, au bras de son mari, et pourtant elle a tout de suite attirée mon attention. Elle ne bouge pas, elle danse. Comme si elle seule entendait la musique du temps, du monde, et se moquait des pauvres pêcheurs que nous sommes incapables de l’entendre. Ses idées sont arrêtés et bien trop novatrices dans la bouche d’une femme. Ses sourires sont de ceux qui agacent les femmes et subjuguent les hommes. Elle n’a d’ailleurs pas peur de se confronter aux opinions de ces derniers et sa voix un brin rauque et d’une sensualité brutale me subjugue. Elle réveille en moi quelque chose que je croyais définitivement mort. Tension, désir, besoin, passion. Cela n’a aucun sens. Et pourtant je me sens revivre. Quelque chose se libère en moi à chaque fois que nos regards se croisent, ses paroles osées me font rire, et je trouve toute les excuses possibles pour l’inviter à danser, à chaque fois un peu plus perdu par sa grâce et son énergie sans pareille. Nous nous sommes rapprochés sans que personne ne s’en doute, jouant des ombres et des portes débordés. Nous sommes devenus amants, et loin d’apaiser le désir intense qu’elle m’a inspiré à la première rencontre, je n’en suis que plus insatiable. Nous sommes tous les deux coincés dans des mariages de convenance, fades et qui entravent notre liberté. J’ai enterré de mes propres mains la femme que j’aimais et notre bébé car j’ai eu peur. Peur de mes parents, peur de la vie qu’on aurait loin d’ici. A présent je n’ai plus peur. Ni d’eux, ni des autres, et encore moins de l’opinion publique. Que les commères fassent chou gras de deux mariages brisés, je n’en ai cure. Malgré la dureté de ses refus, je sais qu’elle m’aime. Comment peut-elle le nier quand elle me regarde ainsi ? Je lui pardonnes à chaque fois, la retenant toujours un peu plus. Je suis ivre de sa présence, et quand elle part, faisant ses valises pour suivre son mari je crains de devenir fou de rage. Elle l’a préféré lui et son argent plutôt que mon amour. J’échafaudais milles plans pour partir, emporter tout ce que je pouvais et lui faire la cour, dans les règles d’art. Nous pourrions faire le tour du monde, voir toutes les merveilles dont mes professeurs m’ont parlé. Et puis finalement ce sont de petites mains minuscules et des pas balbutiants qui m’ont ramené à la raison. Comme un seau d’eau en plein visage j’ai vu mon fils s’accrocher à moi. Et me sourire de sa bouche édenté, fier de son exploit, avant de poser sa tête contre ma jambe, comme si c’était là qu’il voulait être. Je jetais un regard éperdu à la nounou qui l’avait suivit, mais finit par le prendre dans les bras. Un peu maladroit, et certainement embêté. Alors je réalisais que même si je ne l’avais pas choisi, ma vie était ici, auprès d’eux. M’enfuir signifierait apporter l’opprobre sur toute la famille et particulièrement sur ma femme, la condamnant à une vie recluse et offrant le même sort à mes garçons. Je ne peux leur faire ça, pas alors que ma souffrance n’est en rien de leur fait. Alors je renonçais à retrouver Sinead, vivant au jour le jour, tâchant de m’immerger dans les tâches de gestion du château ou ma peinture pour oublier la douleur qui bourdonnait de nouveau à chaque instant.

*1222, port de commerce, Suède.*

Le jour qui pointe est grisâtre, froid et humide. Je resserre mon manteau sur moi et souffle dans mes mains glacés sans réelle conviction. J’ai passé la nuit dehors, jouant aux cartes avec des marins de passage, me régalant de leurs histoires et aventures. Ici on ne pose pas de questions et on n’attend certainement pas de moi une attitude correcte. Tant que je paie tout le monde est ravi. Mais il me faut rentrer à présent. J’ai renvoyé mon cocher, aussi il me faut louer un cheval à l’auberge, le garçon d’écurie en tient certainement déjà un de prêt, j’ai mes habitudes ici. Aussi quand c’est une grande silhouette massive qui m’accueille aux abords des stalles, quelque chose en moi me souffle de courir, loin…que personne ne peut être vêtu d’ombres même à cette heure-ci…Mais ma raison est depuis longtemps endormit et je me rapproches, hélant le pauvre hère avec ce qu’il me reste de vocabulaire. Je ne me rappelle plus de rien ensuite. Des sensations confuses. La douleur comme une brûlure ou des poignards chauffés à blanc plongeant dans tout mon corps, mon visage entièrement brisé et recomposé. De l’acide dans mes veines. Des hurlements sans fin. Et la soif…une soif atroce impossible à étancher. J’ai certainement erré dans l’inconscience des jours durant. Mon réveil a eu lieu quand mon coeur s’est finalement arrêté. Le choc m’a fait ouvrir les yeux et prendre une respiration brusque qui m’écorcha encore plus la gorge. Mais la douleur avait disparu. La peur aussi, comme mon sentiment de responsabilité envers ma famille. Je trouvais mon équilibre rapidement sur le bateau roulant pourtant avec force sur la mer certainement agité, uniquement mû par le besoin d’apaiser cette soif qui semblait déchirer de ses griffes mon ventre. Je ne pris attention à rien, suivant mes instincts aveuglément.


*1225, quelque part en mer du nord.*

Je me suis jeté du pont. Directement dans la houle glacée. Mais cela n’a pas marché. Pas plus que d’enfoncer un poignard dans ma propre poitrine, ou de sectionner les veines de mes coudes. Je n’ai plus besoin de respirer, mon coeur ne bat plus, et rien ne semble pouvoir venir à bout de ce corps qui se régénère plus vite que je ne lui inflige des blessures. Je sens toujours la douleur, et j’ai appris à mes dépens, que laisser une lame dans ma chair était une sensation atroce au moment de la retirer et que cela ne m’apporterait pas la paix que je souhaite tant. Je suis maudit. Un demi être, a l’apparence humaine mais aux besoins mystérieux. Je chasse mes semblables, ne trouvant à me sustenter qu’en plongeant mes crocs dans leurs peaux tendres. Et je me hais pour cela. Comment puis-je survivre ainsi ? Ce sang qui coule dans ma gorge semble être ma seule raison d’être, mon enfer et mon paradis. Leurs hurlements de douleur sont aussi une satisfaction des plus cruelles car aussitôt que la faim recule, l’horreur de mes actes me fouettent plus durement que n’importe quel châtiment corporel. Chaque jour un nouveau visage figé dans la peur et la douleur. Un nouveau corps mutilé à virer par dessus bord. Un nombre incalculable de fois j’ai lacéré mon visage, refusant de voir ce que j’avais fait, espérant que cette fois la douleur suffirait à faire mourir mon esprit. Mais je me réveilles toujours avec cette faim…et celui qui m’a fait ça, mon maître comme il se nomme lui-même; m’observe sans intervenir. Veillant à ce que je me nourrisses, et couvrant nos traces sans une once de pitié. Il semble uniquement intéressé par le fait que je sois capable de reproduire les toiles qu’il me représente. J’ai essayé de refuser. Je l’ai fait. Jusqu’à ce qu’il me débarque avec lui à sa première escale, me plongeant dans un monde que j’avais oublié. J’aurais certainement pu devenir fou au milieu de cette populace grouillante. Chaque battement de coeur, chaque respiration, chaque mot, chaque odeur, chaque mouvement se disputant mon attention. J’aurais pu tous les tuer. Alors je l’ai supplié de me ramener. Et j’ai accepté de jouer les faussaires pour lui. Je n’ai guère le talent d’un grand artiste, mais ma technique me permet de créer des faux très convaincants.

*1600, villa, Florence, Italie.*

Cela fait des heures que nous observons ses toiles. D’abord à la lumière si douce et colorée du matin, puis à présent dans un voile ombré apporté par les voiles qui nous protègent de la lumière. Ce sont des visages pour la plupart, des mains, des parties de corps, de femmes toujours. Les bouches sont sensuelles, les mains fines et délicates, les traits fins. Elles sont belles. Toutes italiennes, ont retrouve l’opulente chevelure de jai, les regards sombres de velours, et les traits méditerranéens dont j’ai appris à apprécier l’arrogance. Mais quelque chose manque. Ces femmes sont belles, et l’on se retourne certainement sur leur passage dans la rue, espérant croiser un regard, une moue intriguée. Mais elles n’ont pas cette intensité qui vous fait trébucher, qui vous fait vous mettre à genoux pour lire dans leurs yeux que vous avez leur amour. Elles sont innombrables mais aucune n’est immortelle. Nous devisons gaiement, le jeune peintre et moi, nous attardant parfois sur un détail ou sur un travail en cours.

Cela fait à présent quelques dizaines, centaines d’années peut être même que je me suis libéré de mon maître. Il parcoure toujours les mers et les terres, mais il a un autre infant et j’ai assez prouvé ma valeur pour disposer de mon entière liberté. Il nous arrive de nous croiser et je peins encore pour lui à l’occasion. J’ai parcouru le monde, m’arrêtant parfois, ou me contentant de laisser un sillage de corps magnifiquement exsangue selon l’intérêt que la populace et le pays soulève en moi. Mais l’Italie, ah l’Italie, terre chaude et savoureuse…Son sang est épais, d’un carmin presque noir tant il est riche. Tout y est propice à la fête, à l’ivresse et l’art y règne. Ses paysages me fascinent toujours autant, et je ne me lasse pas d’observer ses changements au fil des saisons et des années qui s’écoulent comme un clignement. J’y ai plusieurs demeures richement décorées d’objets glanés au fil de mes voyages ou plutôt dérobés par mes soins.

La voix soudainement rauque d’émotion du jeune homme me tire de mes pensées, et je lui redonnes mon attention, intrigué par ce que je sens en lui. Il aime…il me paraît bien jeunot pour éprouver de tels sentiments envers une femme, surtout pour l’une de ces modèles qui sont souvent encore plus arrogantes qu’elles ne sont talentueuses. Mais alors que je tournes mon regard vers les toiles qu’il me montrent à présent, je restes pour la première fois depuis des siècles sans voix. J’attends que mon coeur ce traître oublié, revienne à la vie en un sursaut douloureux. Mais rien ne se passe. Pas même un frémissement. Tant mieux. Car je ne peux me détourner de ce corps savamment redessiné et peint sur la toile. A la différence des autres tableaux, sa beauté explose aux yeux, et chaque coup de pinceau est comme une caresse sur sa peau satinée. On devine chaque courbe esquissée, et on lit sur les lèvres amusées que pour elle tout ça n’est qu’un jeu. Et ça l’est…Pourtant ça ne peut être elle. Cette pensée me redonne un souffle dont je n’ai pourtant pas besoin. Ce doit être son arrière arrière arrière arrière etc petite fille. La ressemblance est troublante, je pourrais sans mal la voir bouger d’une toile à l’autre, me narguant de sa main mutine qui glisse sans s’attarder, disparaissant dans un glissement de tissu.

Je voudrais faire disparaître toutes ces toiles, les brûler, les réduire en cendres volantes dans l’air épais de la ville, pour que personne ne puisse jamais contempler ce visage et ce corps qui furent mien il y a de cela tant de vies. La rage manque de me faire perdre tout sens commun, et répandre le sang frais de ce jeune peintre sur ces oeuvres insolentes me paraît soudainement une merveilleuse idée. Pourtant je me retiens, ou quelque chose me retient. Une certaine curiosité malsaine peut être ? Je dois savoir…M’assurer qu’elle est bien une héritière ou une femme lui ressemblant comme son reflet. Il ne m’est pas difficile d’obtenir tous les renseignements que je veux de cet enfant éperdu d’amour et d’admiration pour cette Signora bellissima. Je le laisse à son obsession, décidant que je pourrais toujours le tuer plus tard.

Sa trace n’est pas difficile à retrouver, cette femme est de tout les événements, et son nom glisse sur les langues comme quelque chose d’infiniment précieux. Elle est là, à quelques pas de moi, et en cet instant je me rappelle que j’aurais pu me damner pour cette femme, pour une vie avec elle. C’est elle. Son parfum est toujours aussi enivrant, et pas même une héritière en lignée étroite n’aurait pu avoir ce regard si intense qu’il semble avoir un pouvoir sur votre âme. Heureusement pour moi, je n’en ai plus. Elle ne peut plus rien me faire, son emprise est morte avec mes autres faiblesses d’humains. Mais à présent je sens autre chose aussi. Son énergie, ses vibrations qui frémissent sur ma peau alors que je m’approches d’elle. Et je comprends. Je sais en cet instant que ce froid qui s’enroule autour de vous comme la caresse du sommeil est celle de la mort. Elle n’est pas plus vivante que moi, elle ne l’a certainement jamais été. J’ai rencontré d’autres de ces semblables au fil du temps et de mes errances. Elles sont les messagères de la mort, celles qui guident les âmes au delà du voile. Une tâche a laquelle elles ne peuvent se soustraire. Elles sont là certainement depuis la nuit des temps. Leur pouvoir est immense et leur sang certainement un pur délice, peut être le seul capable de rendre ivre un vampire. Mais je me garderais de le boire, ou même de l’approcher. Elle devra d’abord apprendre d’elle-même ce que je suis devenu. Qu’elle contemple l’horreur de mes actes et l’enfer qui prends vie sous mes pieds.

Je me détournes d’elle, désormais animé d’un nouveau but, d’un défi à ma hauteur. Car quand on a surmonté la mort même, que nous reste-il à combattre si ce n’est notre plus grande faiblesse ?


Il est à présent temps de partir, mes souvenirs sont des catacombes dont il est facile de trouver l'entrée, mais encore plus aisé de s'y perdre et d'y rester prisonnier. Enjambez les squelettes, n'écoutez pas les cris des esprits et courez...courez vers la lumière, vers la vie...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Fear me, love me, die for me.
parchemins : 161
inscrit le : 06/03/2016
crédits : Illyan :D

MessageSujet: Re: Loki Magni Dalgaard   Dim Mar 06 2016, 12:35

Et voilà ! Désolé pour le mal de crâne suite à l'indigestion de mon histoire ! Des bisous sur vos fesses


◈ Fear your dreams they're hiding nightmares. ◈
▽ In the beauty are evil. In happiness the most painful grief. You are your own ennemi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
parchemins : 267
inscrit le : 14/12/2015
crédits : Gorgeousmali

MessageSujet: Re: Loki Magni Dalgaard   Dim Mar 06 2016, 12:39

LOOOOOOOKIIIIIIII xtd *o* lov pompom aonh fuck calin leek hug wazaa yeeeeh pnq :poledance:

Tu es tellement beau :sitoplai: :sitoplai:

Merci encore d'avoir pris mon scénario, il te va tellement comme un gant, c'est magnifique *o* Je kiffe ce que tu as fais du perso, tout est parfait à mes yeux, Sinead va tellement te détester d'être encore en vie aujourd'hui petit coquinou xD toc ouste
Jotem leek


« Chaque souffle nous rapproche de la mort. » H. A.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité

MessageSujet: Re: Loki Magni Dalgaard   Dim Mar 06 2016, 13:07


Félicitations, t'es validé !

Bienvenue chez les fous.



La vache  *o*  Sans mentir ta fiche est tout bonnement magistrale. Ça fut long de la lire mais ce fut aussi un véritable régal. Loki est pas un mec très très sympa et je trouve que tu le gères très bien.  lov  Ta plume elle pète et t'avais la motivation. Comme Sinead a validé avant moi je ne peux que mettre un point d'honneur.  hug PS: rebienvenue poisson

Bravo, le plus dur est fait.
Tu as terminé ta fiche, l'épreuve la plus pénible du rpg. Maintenant tu peux officiellement entrer dans le jeu    
Avant de te lancer dans le rp, quelques petites choses. N'oublie pas de vérifier que ton avatar figure bien dans le bottin. Normalement, il sera ajouté lorsque ta fiche aura été validée par un admin, mais les oublis sont toujours possibles. Ensuite, tu peux aller créer tes liens et aussi des scénarii si ça te chante. Après ça, le monde est à toi petit padawan ;)  Oh, et n'oublie pas d'aller te trouver du boulot, ou de te déclarer ici
En cas de souci, si tu as une idée de lieu à ajouter, ou bien une question concernant l'évolution de ton personnage, la moindre incertitude, tu peux en faire part au staff. On est un peu givrées mais pas méchantes, surtout n'hésite pas   on n'a jamais mordu personne (encore).    (ok je sors..) Et sinon, pense à vérifier ce topic pour les nouveautés qui seront ajoutées au forum pour plus de piment, de fun, d'embrouilles (en rp évidemment!).
Voilà, je crois que j'ai fait le tour. Maintenant, vas-y, vole de tes propres zailes.  

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Fear me, love me, die for me.
parchemins : 161
inscrit le : 06/03/2016
crédits : Illyan :D

MessageSujet: Re: Loki Magni Dalgaard   Dim Mar 06 2016, 13:43

Ah Sinead, mon adorée détestée ! Le monde devrait se préparer à l'apocalypse !

J'adoooooore ce scénario, merci de l'avoir créé et de m'avoir fait confiance ! Je me suis vraiment éclatée à imaginer et écrire sa vie. C'est un dandy monstrueux, j'adore !

L'air marin vous va à ravir très chère, il se pourrait que je vous accroche à la proue de mon bateau, vous emmène en croisière !



Illy, merciiii ! Ta rapidité est juste magique ! Et merci pour ta patience et tes compliments ! Oui c'est un véritable douchebag celui-ci, et il en fait un art haha ! Il nous faut un rp mon petit, il va bien se débrouiller pour allumer toutes les alarmes à son arrivée à Inverness huhu.

Et avec O' aussi, mais ça je crois que Bri planchait dessus.


◈ Fear your dreams they're hiding nightmares. ◈
▽ In the beauty are evil. In happiness the most painful grief. You are your own ennemi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité

MessageSujet: Re: Loki Magni Dalgaard   Dim Mar 06 2016, 14:40

Rapide! Bienvenue faudra que je lise ta fiche! /PAN/
Revenir en haut Aller en bas
avatar
parchemins : 696
inscrit le : 27/10/2015
crédits : Blondie

MessageSujet: Re: Loki Magni Dalgaard   Dim Mar 06 2016, 14:51

Ily l'est, moi je planche sur cette monstruosité depuis des jours haha. Enfin je vais pouvoir dormir tranquille ! Oh cpa utile, je te brieferais /sbam/


 HEAR ME ROAR
LET THE WIND CARRY US, TO THE CLOUDS, HURRY UP. WE CAN TRAVEL SO FAR AS OUR EYES CAN SEE. WE GO WHERE NO ONE GOES. OUR DREAMS ARE NEVER TOO BIG.
© ZIGGY STARDUST.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Loki Magni Dalgaard   

Revenir en haut Aller en bas
 

Loki Magni Dalgaard

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [05/06/11] Hommage à Magni et débat public au Vieux Forgefer
» galerie Loki.
» Loki, cheveux en mohair
» PRESENTATION LOKI
» Loki _ I created the Sound of Madness.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: 
Who's who
 :: 
Enter the Dance
 :: 
congratulations !
-