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 Ballerine dans une boîte brisée, tu tournes sur une musique depuis longtemps oubliée.

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MessageSujet: Ballerine dans une boîte brisée, tu tournes sur une musique depuis longtemps oubliée.   Lun Mar 07 2016, 21:37


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Le mouvement. C'est une de ces choses qui utilise vos cinq sens en même temps. Vous le sentez sur votre corps. L'air déplacé, le poids des corps qui se balancent, les bras qui se tendent dans les voltes, et la cadence des pieds qui frappent avec force ou légèreté. Les yeux fermés, on visualise la scène rien qu'avec nos autres sens. Le froissement des étoffes nous renseigne sur les matières à la mode en ce moment, ou le nombre d'épaisseur requises. Les rires résonnent, gourmands et feutrés. L'ambiance est à la fête, à la décadence et aux aventures interdites. Les effluves de parfums se mêlent à celles de la nourriture raffinée et des boissons vieillies et gardées jalousement pour l'occasion. Si on se rapproche de la brise fraîche, on découvrira des balcons magnifiquement ouvragé. Et un jardin tout droit sortit d'un rêve. Je peux goûter dans l'air les peaux tendres dont le pouls bats follement d'excitation, et les sentiments qui jaillissent de tous ces êtres. Je m'en nourris comme je boirais du sang encore une fois ce soir, pour le plaisir, pour l'ivresse. Pour rajouter de la terreur à toute cette joie décadente. Peut être la ferais-je jouir avant de lui prendre la vie. Ou peut être la perdrais-je dans les ombres du jardin. Il n'y a rien de plus amusant qu'une donzelle éperdue dans une nature pourtant artificielle, enfonçant ses talons dans l'herbe, et accrochant ses jupons aux épines des roses qu'elle a approché de trop près. Car alors quoi de plus naturel que de sucer la goutte de sang qui s'échappe de son doigt meurtri ? Et évidemment cela offre aussi l'opportunité d'une merveilleuse mise en scène pour ceux qui trouveront à l'aube le corps froid et pour toujours perdu de cette frivole créature.

Chaque cou, chaque poignet brille de bijoux étincelants, de pierreries souvent grossières, mais parfois aussi taillées d'une manière exquise. D'une caresse, d'un compliment, parfois même d'un baiser, je déleste ces dames de leur fardeau, ne manquant pas de leur laisser d'un regard une impression, une obsession qui les hantera, les poussera à me chercher sans qu'elle ne comprenne réellement pourquoi.

Les bals sont toujours propices aux réunions secrètes, et aux échanges osées dans les alcôves feutrées, mais celui-ci se démarque encore plus par son soucis du détail. Les fenêtres immenses sont à peine voilés de tissu aérien qui flotte mollement autour, donnant un air de temple antique à la place, impression renforcée par les centaines de bougies qui sont notre seul éclairage. Lumière chaude et vacillante, projetant milles odeurs de la flagrance la plus fine, à la plus capiteuse. Les ombres s'enlacent, et se prélassent, jouant un théâtre dont chaque invité est un spectateur anonyme. Car les visages sont masqués. Et sous l'art délicat de la matière ainsi transformée, on n'aperçoit que des regards, tantôt ivres, tantôt langoureux, parfois las, ou calculateurs.

Il y a une libération dans le fait d'endosser un costume, une parure, un rôle et un visage qui est celui d'une figure de l'art. Cela donne une fort impertinente, comme si le temps d'une nuit, tout était permis, car elle a le goût d'éternité cette nuit passée à danser et à rêver, à s'abandonner et à vivre plus que jamais. C'est certainement le meilleur moment pour mourir, dans l'apothéose d'une vie d'apparences n'est-ce pas ?

Je glisses et j'enlaces, faisant tourner les graciles silhouettes sans fatigue, provoquant des joues rosées et des souffles courts. Batifoler ainsi me distrait fort bien, et cela ne m'empêche en rien d'être conscient du moindre être présent sur la propriété et donc de toute possible contrariété. Et je n'aime pas être contrarié.

 
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MessageSujet: Re: Ballerine dans une boîte brisée, tu tournes sur une musique depuis longtemps oubliée.   Mer Mar 09 2016, 21:03


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Etre indépendante c'est bien, cela a beaucoup d'avantages. Je peux aller où je veux sans avoir à demander la permission ou sans trainer quelqu'un derrière moi pour rentrer dans les bonnes moeurs de l'époque. Je peux boire et manger à volonté sans être jugé constamment. Je peux baiser qui je veux sans avoir à me justifier ou me cacher. Je peux disparaitre sans rendre de compte. Mais voilà, ça a aussi ses limites et à l'époque dans laquelle nous vivons, nous les atteignons très rapidement. Une jeune femme comme moi ne passe pas inaperçue. Je pourrais rajouter "malheureusement", mais au fond cela me sert autant que cela me dessert. J'aime qu'on me remarque, j'aime qu'on me désire, j'aime qu'on m'adule et qu'on tente d'obtenir mon attention et mes faveurs, mais cela m'empêche parfois de vivre comme je l'entends. On ne peut pas toujours avoir tout ce qu'on veut dans la vie, n'est-ce pas ce qui se dit ? Je trouve cela injuste et d'une certaine façon pas toujours vrai, mais passons cela. Les hommes pensent qu'il est préférable pour une jeune femme d'être accompagnée, il se font donc le devoir de m'offrir la possibilité de trouver refuge chez eux, à leur côté, jusqu'à se que la mort nous sépare... Si seulement ils savaient qu'il n'y a que leur mort à eux qui peut nous séparer, je ne peux mourir, je suis sa messagère, sa servante, le guide des âmes défuntes, le vaisseau qui les guides au delà du Voile. Le schéma se répète et se ressemble, au fil des siècles c'est devenu une danse apprise par coeur, réalisée sans passion ni réelle envie, n'existant que pour faire plaisir aux règles en vigueur, rien de plus. Ils se pensent tous uniques, mais ils sont tous pareil à mes yeux, ils ne deviennent au final plus que des noms qui se mélangent dans mes souvenirs. Etait-ce William à Londres ? S'appelait-il Henri ou Hector ? Etait-il Duc ou Conte ? Sommes nous restés mariés 4 ou 6 ans ?

La seule réelle raison de tout ce cinéma, en plus de passer inaperçue au milieu de tous ces mortels, c'est l'appât du gain. Robes, bijoux, pierres précieuses, or, titres de noblesse, héritages, domaines ... Tant de choses matérielles qui m'attirent et me font vibrer. Je n'existe que pour ça ... enfin presque. J'ai beau avoir fermé mon coeur à l'Amour et j'ai beau m'ennuyer ferme dans mes mariages, je m'amuse beaucoup avec mes nombreux amants. La passion, le goût de la luxure, les vaines promesses, les délicieux secrets, tout est bon pour me divertir et me faire vibrer, me donnant presque parfois l'impression que je suis mortelle, l'espace d'un cours instant. Tout comme mes époux, je ne les comptes plus et j'ignore la moitié de leur nom, tout comme ils ignorent le miens. J'aime le goût du risque. Les peintures, les artistes, sont certainement les plus passionnés à mon sens. Ils mettent beaucoup de religion dans leurs baisers, ils caressent mon corps avec une telle sensibilité pour cette chair qui s'offre à eux que j'en frissonne parfois. La passion les dévore et les consume. Combien ont dessiné mon portrait ? Combien ont sculpté mon corps nu ? Combien m'ont transformé en Madone pour m'offrir au monde ? J'aime être adulé, je l'ai déjà dis mais je le répète et grâce à eux, mon existence sur terre est reconnue et offerte aux futures générations. Combien de personnes pourront admirer un de mes portraits ? Combien de musées s'arracheront mes toiles ? Combien de personnes tomberont sous le charme de mes traits ? Combien se perdront dans la contemplation de mes courbes ? Combien rêveront de moi après m'avoir observé durant des heures ? Combien me croiseront dans la rue avec cette sensation de Déjà Vu ? Je sais que ce n'est pas prudent, que je ne devrais pas laisser de traces de mon passage, mais quel humain pourrait croire un instant que la femme qu'ils ont observé dans ce tableau et la même que celle assise en face d'eux au café ?

Ce soir un grand bal est prévu, toute la Haute Bourgeoisie et la Noblesse s'y rendra et bien entendu, je ne louperais ça pour rien au monde. J'aime les Bals et encore plus les Bals masqués. J'aime virevolter sur la piste de danse, passant de bras en bras sans jamais m'arrêter, n'accordant pas un regard de plus pour un homme en particulier. J'aime me faire désirer, convoiter et courtiser. J'aime entendre des murmures d'admiration ou de jalousie sur mon passage. J'aime les sourires faux des femmes et les regards passionné de leurs époux. Ma femme de chambre fixe la dernière pince à ma coiffure. Je suis maquillée avec soin, à la mode de l'époque. Je porte une belle robe, d'un autre temps, rien que pour le plaisir qu'on me remarque. Elle est somptueuse, mais différente des autres et c'est ça qui plaira. Certaines tenteront de discréditer ce choix, tandis que d'autres le salueront. Mon beau masque incrusté de fil d'or achève ma préparation. Il masque la moitié de mon visage, mettant mes yeux en amandes en valeur, faisant ressortir mes yeux bleus et mes lèvres purpurines. Je chausse mes souliers de bal et je me dirige vers la sortie, là où ma calèche m'attend. Quand j'arrive enfin, je fais sensation, comme je l'avais espéré, mais rien de plus normal, je suis une Faucheuse, j'ai été créé pour ça. On me salue, on me courtise et on me propose de danser. Je n'hésite pas une seconde, mes pas n'aspirent qu'à cela, se défouler sur cette piste de danse. Des couples virevoltent autour de nous, mes l'un d'eux attire mon attention. Il est de dos, mais je sens quelque chose de particulier avec lui. L'air n'est pas pareil autour de lui, son aura est différente. Je n'ai pas le temps d'analyser plus que déjà il se perd dans la foule....

 
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MessageSujet: Re: Ballerine dans une boîte brisée, tu tournes sur une musique depuis longtemps oubliée.   Lun Mar 14 2016, 13:52


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La gorge est parfaitement pâle, sans défaut, délicieusement douce comme les pétales d'une rose. J'embrasses cette peau juvénile du bout des livres, résistant à l'envie d'y plonger mes crocs. Je sens tout contre moi ce coeur qui bat si vite...petit oiseau prisonnier dans la cage thoracique elle même prisonnière d'un corset doré des plus seyants. La taille est si fine que je peux pratiquement en faire le tour de mes deux mains. Elle est jeune...son sourire ravi est teinté d'un soupçon de peur alors qu'elle attire tous les regards. Certainement même sa première saison de bal. Pourtant elle n'a rien de la gaucherie qu'ont habituellement ses compagnes du même âge. Et elle n'ouvre pas sa jolie bouche pour me raconter sa vie ou les attentes maritales de ses parents. C'est une jolie fleur aux joues teintées d'un voile rosé et au souffle erratique alors que je lui fais enchaîner divers mouvement jusqu'à la renverser sur mon bras. Sa poitrine ne tend qu'à peine le tissu transparent couvrant sa peau pâle, pourtant quand une goutte de sueur s'y glisse, je décides qu'il se pourrait bien que je la mordes ici finalement. Déclencher la sensualité chez une femme est toujours une étape délicieuse. Les voir soudainement s'ouvrir et s'abandonner à ce désir auquel elles ne peuvent prétendre résister ne manque pas de me distraire. Les mouvements changent, les regards se font de velours, les moues mutines, les postures toujours élégantes, se parent d'insolence alors qu'elles jettent leur dévolu sur un partenaire.

Pourtant je m'en lasse toujours. C'est facile, bien trop facile. Il n'y a jamais de longue lutte, nulle conquête ne paraît inaccessible ou ne me demande d'utiliser des stratagèmes. Jeunes ingénues abandonnent leur vertus contre des serments lancés dans le vent. Les épouses seraient elles aussi prêtes à quitter mari et enfants si je leur demandais. Je finis par me retirer de la piste de danse, ayant aperçu une duchesse avec qui j'ai l'habitude d'échanger de longues conversations. Bien que son français soit parfait, elle porte toujours son accent nordique ce qui est une douce musique à mes oreilles. Grande voyageuse et amatrice d'arts, nous trouvons toujours à nous rendre service mutuellement et je la salue avec plaisir, baisant sa main gantée comme le gentleman qu'il me sied de prétendre être. Après quelques minutes pourtant, je la rends à son mari. Un courant frais vient de s'infiltrer dans la salle, et avec lui ce parfum de lys qui vous envoûte. Je peux d'ores et déjà sentir sur ma peau son pouvoir qui pulse. Elle est l'envoyé de la mort, dansant et riant parmi les vivants. Aussi tiède et vivante qu'eux, alors que son corps ne subit ni les ravages du temps, ni ceux de la maladie. Elle est là parmi eux, parfaite illusion au coeur battant...j'aimerais glisser mes mains autour de son cou, presser sa peau, serrer sa gorge jusqu'à ce que son souffle s'en échappe et voir enfin si la mort peut la prendre aussi, ou si même une blessure mortelle n'aura qu'un effet passager sur elle. Mais c'est une question pour un autre jour. Ce soir je suis la surprise. Et j'aimerais beaucoup savoir si elle arrivera à rester aussi indifférente que le jour ou elle m'a abandonné en apprenant que j'ai triomphé de la mort, que je suis l'un de ces enfants, lui offrant des offrandes chaque jour qui passe.

Je m'éloignes des festivités, allant m'allonger sur la rambarde d'un des balcons, perdant mon regard dans le ciel étoilé. Ses nuances en sont incroyables, dégageant une impression de mouvement qui est d'une beauté indubitable. Je restes là, attendant sa venue, certain qu'elle viendra. Nous nous sommes frôlés tout à l'heure, durant une passe qui nous a rapprochés. Mon masque couvrant mon visage et mes cheveux, elle n'a pu me reconnaître, mais elle a dû me sentir....Je pourrais libérer mon énergie, répandre mon pouvoir insidieusement, mais alors j'attirerais à moi toutes ces créatures à la chair fraîche et au sang brûlant, ce qui risque de compromettre nos retrouvailles. Je la sais femme d'instinct et non de sentiment, si le moindre détail attire son attention, elle s'y fiera.

 
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MessageSujet: Re: Ballerine dans une boîte brisée, tu tournes sur une musique depuis longtemps oubliée.   Lun Mar 14 2016, 22:05


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Je danse, je suis venue pour ça et je ne compte pas abandonner mon plaisir pour un vulgaire buveur de sang. Ce n'est pas le premier que je croise dans mon existence et ce ne sera très certainement pas le dernier. Je virevolte, j'esquisse des sourires, donnant l'impression d'être aux anges mais il hante mes pensées sans que je comprenne réellement pourquoi. S'il avait été Clyde, j'aurais pu comprendre. J'aurais été étonné de le voir dans le coin mais je n'aurais pas détesté cette surprise. Parmi tous les vampires que j'ai pu rencontrer, il est mon préféré et de loin. Il est comme moi et je suis comme lui, nous nous entendons à merveille et en même temps nous nous craignons. Jamais il ne pourra se passer quelque chose entre nous, il est un ami, un véritable ami. Je le connais par coeur et l'inverse est tout aussi vrai, nous sommes deux êtres prévisibles l'un pour l'autre alors que le reste du monde sera constamment surpris par nos décisions. Nous sommes pareil et c'est ce que j'aime autant que c'est ce que je déteste. Mais ce n'est pas Clyde, même sans avoir vu son visage, je sais que ce n'est pas lui. Clyde, je le reconnaitrais dans une foule, les yeux fermés. Je connais le son de son pas, l'odeur de sa peau, la vibration que fait l'air autour de lui. Je reconnaitrais son rire entre milles, tout comme le son de sa voix.

Plus j'y pense et plus j'ai la sensation de l'avoir déjà rencontré quelque part. C'est une sensation étrange, inexplicable presque. Comment pourrais-je l'avoir rencontré quelque part alors que je n'ai pas vu son visage, ni même ses yeux, ses cheveux ou rien de particulier d'ailleurs. Nous nous sommes frôlés au détour d'un pas de danse, rien de plus. C'est à ce moment là que j'ai réalisé que je n'étais pas le seul être surnaturel dans le coin, mais sans plus de détails. J'ai dû le chercher dans la foule, en train de quitter la piste de danse, pour comprendre ce qu'il était, un vampire, avant cela, j'étais loin de me l'imaginer. Chaque créature a une aura très particulière, il faut pouvoir se concentrer dessus pour reconnaître à quel type de créature elle appartient. Je salue mon partenaire, nous applaudissons les musiciens et je décide de prendre une pause. Mon cavalier me propose un verre et j'accepte avec plaisir, feignant d'être morte de soif alors que je pourrais passer 100 jours et 100 nuits dans le désert sans éprouve la faim ou la soif. Respirer même est inutile, pourtant je le fais par habitude, parce qu'il faut faire illusion. Plus on leur ressemble et plus on donne le change. C'est parfois bien fatiguant de faire semblant, oubliant même le temps d'un battement de cil ce que l'on est vraiment. Mais notre nature nous rappel à l'ordre. Nous ne vieillissons pas, nous ne mourrons pas, nous n'enfantons pas ... La dure réalité de notre condition n'est pas toujours évidente à supporter. Certains se sont vraiment pris au jeu et on finit par se persuader qu'ils étaient aussi humains que les mortels, voir parfois plus.

Je déguste mon verre, discutant gaiment avec mon partenaire de danse mais je ne suis pas vraiment là. Il m'obsède, il me hante et j'ignore pourquoi. Il n'y a aucune raison pour ça et je déteste profondément ça. Je suis en colère et dégoûtée, mon inconscient tente de me dire quelque chose mais j'ignore quoi et ça me rend dingue. Je finis par céder par la tentation, je dois savoir, je dois découvre le fin mot de cette histoire. Tout cela a un sens, cela en a toujours un, mais lequel ? Voilà la grande question. Je trouve une excuse, je prétexte que j'ai besoin de prendre l'air, que j'ai croisé une ancienne amie qui souhaite me confier un problème qui la ronge, ainsi j'évite le moment où il me propose de m'accompagner. Il me salue accepte mon excuse et me dit qu'il se tiendra à ma disposition si je souhaite retourner sur la piste de danse. J'esquisse un sourire ravie mais au fond je l'ai déjà oublié cet inconnu à qui je vais hanter les pensées durant des semaines. Je ne mets pas longtemps avant de retrouver le vampire, il se trouve sur un des balcons, allongés sur la rambarde, en train d'observer les étoiles. C'est incroyable comme je suis attirée par lui, je déteste profondément cela, ça ne m'étais pas arrivée depuis longtemps et je refuse l'idée que je replonge dans cet enfer. Une fois, pas deux. Je ne dissimule pas ma nature mais j'ignore s'il a été capable de la reconnaitre. A-t-il croisé des faucheuses dans le passé ? Quel âge a-t-il ? Quel visage se dissimule sous ce masque ? Pourquoi suis-je si attirée par lui alors que je n'ai pu voir de sa personne que des bouts de tissus qui le recouvrent et ce masque qui cache totalement sa tête. J'observe à mon tour les étoiles C'est une magnifique nuit, n'est-il pas ? Lui dis-je d'une voix suave, comme j'en ai l'habitude de le faire. Pourquoi n'enlevez-vous pas votre masque, vous seriez plus à l'aise pour observer le ciel... Enlèves ton masque, je veux voir ton visage, je veux comprendre pourquoi...

 
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MessageSujet: Re: Ballerine dans une boîte brisée, tu tournes sur une musique depuis longtemps oubliée.   Lun Mar 21 2016, 16:42


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Mon équilibre est précaire, et devoir m'en préoccuper calme l'agitation de mes pensées. Ma chasse ne fait que commencer, et c'est une chasse très spéciale...aucun immortel ne l'est vraiment, il y a toujours des mais et des petits caractères tout effacés en bas du contrat que vous ne lisez jamais, alors il y a certainement des conditions rendant notre mort possible, mais cela serait certainement si compliqué à réaliser, que je peux considérer que cette aventure n'aura pas de fin. A moins que le temps s'arrête. Ou qu'une épidémie tue les humains jusqu'au dernier. Alors nous n'aurions plus de raisons de hanter ce monde. Nous sommes tous les deux des serviteurs de la mort, qu'adviendrait-il de nous si il n'y avait plus que des créatures surnaturelles ?

Si j'étais un chat, je ronronnerais de plaisir et d'impatience. A la place je fredonnes une vieille chanson qui s'accorde sur le rythme lent et sirupeux de la danse actuelle. L'énergie collective emplit la salle, contaminant chacun de ses êtres d'une euphorie festive, d'une ivresse pétillante, d'une audace que peu ont tous les jours, et qu'ils auront certainement oubliés demain, caché derrière leurs poudres et leurs convenances. Je souffles un brin d'anarchie dans chaque esprit. Ce soir tout est permis.

Les jardins sont calmes, et je penses un instant à m'y laisser tomber. Je ne dérangerai même pas le hibou qui somnole le ventre plein, ou ce renard audacieux qui de sa démarche discrète se fraie un chemin vers la volière. Peut être lui ouvrirais-je même la porte. Ce serait un joli carnage certainement. Je suis cependant distrait de mes plans pour répandre le chaos dans cet écrin de perfection florale, quand l'objet de ma venue ici, quitte enfin la salle de danse. Je sens son hésitation, son agacement même si son visage ne le trahit certainement pas. Je résiste au fait de la regarder, encore un petit peu, qu'elle s'approche donc...un regard et elle pourrait comprendre, comme je l'ai fais devant ce tableau. Elle est aussi élégante qu'une danseuse étoile, mais je la sais étrangère à toute discipline. Elle s'approche avec assurance, engageant la conversation avec cette voix qui susurrait mon nom dans mon oreille alors que nos corps menaient leur propre danse. Je me rappelles avec brutalité de tous nos moments par fragments, comme un miroir que l'on aurait brisé et éparpillé les morceaux qu'on chercherait à présent à rassembler. Je ne veux pas me rappeler. Cette vie n'était que fantaisie. Ce n'est pas ce que je suis. Je préférais voir de la souffrance déformer son beau visage, de la peur agrandir ses yeux moqueurs, que ce sourire mystérieux, que cette curiosité banale.

Alors j'obéis, je m'assois pour lui faire face. Et je relèves mon masque, découvrant mon visage qui est resté figé dans le temps. Finalement moi aussi je prends la parole, ma voix dénuée d'émotions résonnant dans la nuit.

-Bonsoir Sinead.



hj: Cet avatar oh my goodness !

 
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MessageSujet: Re: Ballerine dans une boîte brisée, tu tournes sur une musique depuis longtemps oubliée.   Jeu Mar 24 2016, 16:41


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Je n'aurais pas dû, mon inconscient avait tenté de me prévenir que je devais rester le plus loin possible de cet étranger, mais je ne l'ai pas écouté et maintenant j'en paie le prix fort. J'aurais dû ignorer sa présence, couper ma nature "humaine" le temps de la soirée même si je serais apparue aux yeux de mon cavalier comme différente. J'ai laissé cet homme me dicter mon comportement, c'est évident et ce n'est que maintenant, en l'ayant sous les yeux que j'en prends pleinement conscience. Tout en lui m'attirait sans que je puisse trouver de raison rationnelle a un tel comportement. Tout en lui faisait écho à un souvenir du passé mais ma mémoire me faisait défaut et rien ne remontait à la surface. Pourtant c'était là, quelque part, enfoui profondément en moi mais une barrière invisible emprisonnait le souvenir. Dieu que j'ai étais sotte, encore plus sotte que certaines mortelles que j'ai croisé dans mon existence et dont je me suis moquée. Insouciante, stupide et si naïve, cela ne me ressemble pas. Mais il a toujours eu ce don après tout, me faire devenir quelqu'un que je ne suis pas...

Je suis allée à sa rencontre, ignorant dans quoi je m'aventurais mais ne pouvant résister à l'envie de rester loin de lui plus longtemps. Je lui ai demandé d'enlever son masque, sous prétexte d'être plus confortable pour observer les cieux mais au fond on savait tous les deux que je n'avais qu'une seule envie, voir son visage. Il savait que je ne l'avais pas reconnu sinon je ne serais pas là à être confrontée à mon passé. Je serais loin, très loin d'ici en tentant vainement d'oublier cette rencontre et en reprenant ma route pour mettre le plus de distance entre nous. Au lieu de ça j'abaissement lentement mon regard vers lui, assis en face de moi, pour l'observer enlever son masque. Une alarme c'était enclenchée dans ma tête mais je n'y avais pas prêté attention, pourquoi l'aurais-je fais ? Il n'était qu'un vampire, rien de plus, il ne pouvait rien contre moi ... Mais dieu que j'étais naïve... si naïve. Quand mon regard bleuté découvrit son visage, mes pupilles se dilatèrent sous le choc de la découverte. L'homme qui se dressait devant moi n'était nulle autre personne que Loki. Et Loki n'était nulle autre personne que le seul être qui avait réussi, l'espace d'un instant, à faire battre mon coeur, ce que je croyais impossible. Si mon coeur battait, il aurait certainement défailli, mais il ne bat pas, ce qui est à mon avantage. Mon visage reste impassible mais mes yeux ne pouvaient tromper mon ancien amant. Je l'avais reconnu et c'était un choc de le retrouver ici, après tout ce temps.

Parmi tous les hommes que j'ai rencontré dans ma longue existence, il a fallu que TOI, tu deviennes un vampire .... Lui dis-je d'une voix qui se voulait amusée. J'esquissais un sourire et mon visage avait ce masque de sérénité que j'offrais régulièrement aux mortels pour les rassurer. Mais mon âme était agitée, aux abois. Non pas lui. Tout mais pas lui. Il était tel que dans mes souvenirs. Souvenirs que j'avais tenu à enfouir profondément au tréfonds de ma mémoire pour ne plus jamais que j'y songe. Voilà pourquoi j'étais tant attirée par lui alors que je n'arrivais plus à me souvenir pourquoi. Tout me reviens en mémoire et toutes les pièces du puzzle se mettent en place. Cette démarche si caractéristique de mon beau scandinave. Sa façon de danser n'avait pas changé, elle faisait écho à nos nombreuses danses que nous avions partagé, au temps jadis, lui et moi. Combien de fois m'avait-il serré par la taille, aux yeux de nos époux, sans que ces derniers ne relèvent quoi que ce soit. Nous n'étions qu'un homme et une femme mariés, en train de danser ensemble, rien de plus, alors que la vérité était ailleurs, nous étions deux amants en train de nous enflammer l'un pour l'autre devant l'ensemble de nos proches. Même son parfum me rappelait des souvenirs. J'étais persuadée que ma peau pourrait reconnaitre la sienne sans problème, au vu du nombre de fois où elles s'étaient frôlées, caressées. Ses doigts, ses yeux, ses lèvres, ce sourire, cette voix ... trop de souvenirs, plus que je ne pouvais en supporter. Même sans avoir besoin de respirer j'avais la sensation que j'allais étouffer. Ma cage thoracique se compressait, c'était affreux. J'ignorais ce que cela faisait jusqu'à ce que je le vive. Il fallait que je fasse taire cette mortalité que je simulais depuis tant de siècles et qui devenait réelle en cet instant.

Bonsoir Loki ... Que fais-tu dans le coin ? Il était hors de question qu'il se pense inoubliable ou unique à mes yeux. Les faucheurs ont une très bonne mémoire et je compte jouer sur ce point là. Certains diront que nous pourrions reprendre là où nous nous étions arrêté vu que plus rien ne nous empêchait de nous aimer mais c'est là où ils ont tort : Tout nous sépare aujourd'hui, je ne coucherais jamais avec un buveur de sang ....

 
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MessageSujet: Re: Ballerine dans une boîte brisée, tu tournes sur une musique depuis longtemps oubliée.   Lun Avr 04 2016, 15:32


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Je suis si immobile quand cet instant je pourrais tout simplement faire partit du bâtiment. Je suis le chasseur qui peut attendre des heures, des jours sa proie...Comme nous parlons ici de siècles je ne sens même pas une poussière d'impatience. Elle est là, à quelques pas, et d'elle-même ne peut s'empêcher de se rapprocher et de me toucher, de plonger ses yeux dans les miens. Elle sait. Au fond d'elle, elle sait. Je le vois dans le trouble qui agite son regard, dans sa bouche qui ne sait s'il faut sourire ou grimacer. Suis-je plaisir ? Suis-je douleur ? Ou regret peut être. Ai-je été pour elle une erreur ? Je suis certainement maintenant une abomination. Un monstre qui prend des vies et dissémine des cadavres selon sa faim et son amusement. Mais n'est-ce pas elle qui m'a apprit à survivre à tout, à surmonter la mort et le vide ? Et n'est-elle pas l'image même de la terriblement séduisante veuve, qui parcoure les bals et les soirées, enchantant tout le monde à la recherche du nouveau heureux élu qui entretiendra son train de vie jusqu'à ce qu'elle se lasse et l'abandonne d'une manière certainement tragique ?

C'est une actrice magnifique. Je pourrais même la croire fragile ou capable de ressentir, pendant un bref instant, je crois me rappeler moi aussi qu'elle éveillait des sentiments aussi terribles que merveilleux chez moi. Mais non, aucun frisson, aucun frémissement, ni battement. Je ne suis que la beauté creuse d'une oeuvre d'art.

Elle se reprend vite, et teinte sa voix d'une nuance moqueuse, se drapant comme d'un châle de sa froideur aristocrate. Très bien, je préfères de loin ces jeux de mots aux gémissements pathétiques. Plus on me résiste, plus la traque dure jusqu'à ce que finalement se brise l'esprit qui ne sait plus ou est la réalité du cauchemar.

-Surprise mon amour. Le statut de veuve te va à ravir je vois. As tu déjà décidé lequel de ces gentilshommes te passera la bague au doigt cette fois ?

Oh comme cela est amusant. Que de souffrances et de désillusions en perspectives. Si j'étais un chat, je sauterais de mon perchoir pour me jucher sur ses épaules, enroulant mon corps souple autour du sien, d'une façon plus menaçante que tendre finalement, pour disparaître dans la nuit jusqu'au jour suivant. Peut être devrais-je prendre l'habitude de ces animaux acariâtre de réclamer mon dîner à la même personne pendant un temps avant de l'abandonner sans prévenir pour damner une autre âme.

-Cette soirée est charmante. Et ce jardin est d'un goût exquis, il est certainement parfait aussi pour les âmes intrépides qui cherchent à échapper à leur destin. Dans l'ombre vit le silence, mais qui sait ce qu'à l'aube nos hôtes trouverons ?

Tic tac, tic tac. Un cadeau pour toi très chère. Mais n'y trop vite, n'y trop tard tu le trouveras, si tu ne veux pas avoir une autre âme à emporter, celle-ci se débattra surement, inconsciente de son sort et opposée à sa destinée. Mais les humains sont libres de leurs choix n'est-ce pas ? Alors profitons du spectacle, la nuit est si belle...


 
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MessageSujet: Re: Ballerine dans une boîte brisée, tu tournes sur une musique depuis longtemps oubliée.   Jeu Avr 07 2016, 00:07


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Rester neutre, sûre de moi comme à mon habitude. Ne rien laisser paraître, laisser planer l'illusion d'un je-m'en-foutisme total pour sa personne. Pourtant la vérité était ailleurs, il se trouvait bel et bien devant moi et je n'en revenais pas. Parmi tous mes amants, je n'aurais jamais parié sur lui. J'aurais préféré le savoir franchi le voile depuis longtemps afin que jamais plus je n'ai à souffrir de sa présence à mes côtés. Je ne veux plus revivre l'enfer de la séparation, le désir de le revoir, de le sentir à nouveau sur moi, de pouvoir respirer son parfum et me sentir vivante, quelques instants. Ce n'est qu'un jeu, une douce illusion, je refuse l'idée de me laisser avoir comme une débutante. C'est peut-être au goût de Dawn de tomber amoureuse du premier mortel qui passe devant elle mais ce n'est absolument pas mon cas. Je veux rester la Sinead insensible et calculatrice que l'on a toujours connu et certainement pas une marionnette du destin.

Nous voilà lancer dans une danse que je ne pensais pas réaliser un jour et certainement pas avec lui. Parmi tous les vampires que j'ai croisé durant ma longue existence, il est certainement le pire. Il n'est plus l'homme que j'ai connu. Il revêt bien son apparence, il a bien son odeur et le timbre de sa voix et je suis persuadée qu'il doit avoir les mêmes baisers et les mêmes caresses. Mais ce n'est plus mon ancien amant. Il est mort et enterré depuis fort longtemps. Il n'est qu'une pâle copie de lui, une sangsue sanguinaire et très certainement privé d'humanité. N'est-ce pas mieux au final ? Au moins je n'aurais pas à souffrir de ses supplications pour que je le reprenne dans mon lit. Il est si différent et similaire que ça en est troublant. Pourtant je reste moi-même, stoïque, même si ça bouillonne à l'intérieur. Heureusement que j'ai de l'expérience en matière de masque, sinon ce serait le drame. C'est dans ce rôle que j'excelle le plus. Lui dis-je sans hésiter, un léger sourire au coin des lèvres Le plus fortuné, cela va s'en dire. Un homme ne sert à rien s'il ne possède pas les avantages de son statut social et de sa richesse. Ce n'est bien entendu pas complètement vrai. Pour le choix de mes époux, c'est exactement ce que je recherche. Je m'en fous qu'il soit beau ou laid, vieux ou jeune. Je le veux fortuné, avec une bonne situation sociale et des relations. Pour mes amants c'est une toute autre histoire. Je les aime passionné, souvent artiste parce que je suis sensible à ce domaine. Je les veux beaux, charmeur et fou d'amour pour moi. Il ne pourra pas nier la description de cette catégorie vu qu'il en a fait parti. Mais à l'inverse de mes autres amants, il était aussi fortuné et aurait très bien pu rentrer dans la première catégorie si je l'avais laissé faire et aurais accepté qu'il quitte femme et enfants pour m'épouser.

Une sangsue reste une sangsue, même si son visage a été cher à mon coeur au temps jadis. Je décide que je ne resterais pas figée sur place, surprise plus longtemps par la situation. Alors je me dirige tranquillement vers le rebord du balcon et j'observe ce jardin qu'il prend plaisir à me décrire. Je lis entre les lignes, rien de bien compliqué me direz-vous. Encore du boulot, comme si je n'avais que ça à faire. Lui jubilant dans son coin, en sachant que je le maudirais quand je devrais me charger de conduire la malheureuse âme de l'autre côté du voile. Mais il pourra, comme certains de ses confrères et consoeurs, faire durer le plaisir en me laissant regarder, devant attendre qu'elle meurt pour que je puisse jouer les guides. Parfois j'interviens, afin de montrer au parasite qui me cherche un peu trop que c'est moi qui décide, je leur suis supérieur en tout, même dans la mort. Alors je reste là, tranquillement, l'air sereine, à observer le jardin. Il est plutôt bien entretenu, il serait agréable de faire une marche de nuit. Il serait dommage de ne pouvoir assister à la découverte, toi qui te sera donné tant de mal pour égayer leur journée ... et la mienne. Restes donc à mes côtés jusqu'à la découverte du corps. Tu verras les soleil dardant ses rayons sur ta peau ... une pure merveille. Cela doit faire si longtemps que tu n'as plus eu la sensation de sa chaleur sur ta peau. Là ne t'en fais pas, tu seras servi... Comme toutes créatures de la nuit, ils ont des faiblesses et je les connais. Je ne suis pas née de la dernière pluie mon amour, tu ne me feras pas céder si facilement.

 
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MessageSujet: Re: Ballerine dans une boîte brisée, tu tournes sur une musique depuis longtemps oubliée.   Lun Avr 11 2016, 15:41


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Je l'ai toujours vu comme une femme parfaite. D'une beauté à peine réelle, d'une grâce sans effort, d'un esprit à la fois cultivé et mutin, toujours prompte aux mots d'esprits et aux débats enflammés, même si cela faisait grommeler les hommes. Elle n'a jamais accepté d'être l"épouse qui se tait et sourit, et n'a jamais non plus baissé les yeux quand on la questionnait sur l'absence d'enfants dans ses jupes. Elle était mon songe durant les longues nuits d'hiver, et son souvenir éthéré est certainement ce qui chaque jour m'a permit de continuer cette vie qui me dégoûtait. Je la voyais alors comme une muse dont je ne pouvais arrêter de contempler et dessiner les moindres formes. Peut être la sculpture lui aurait rendu meilleure justice. Car elle semble faite du plus dur marbre. Un marbre froid et pâle, qui ne se plie que difficilement face à des émotions feintes. Elle est une ballerine de porcelaine, qui danse à la perfection dans sa boîte à musique, mais sans émotions.

Elle est aussi dure qu'un guerrier du nord, refusant de céder, de reculer ou même d'avouer ses sentiments. Me retrouver ici alors qu'elle me croyait mort depuis des siècles ne peut la laisser réellement indifférente. Elle me hait certainement pour interrompre sa mascarade, pour mettre en danger ses plans ou ses amusements. Peut être suis-je dérangeant. Ou alors ma vue lui rappelle-t-elle une vie qu'elle a essayé par tous les moyens d'oublier ? L'a-t-elle peut être déjà fait ? Je n'étais après tout qu'un vulgaire amusement...Quoi qu'il en soit, je préfère le silence aux pleurs. Cela me permet d'observer son visage, ses yeux d'une couleur qui n'appartient qu'à elle. Et de lui promettre sans parler, qu'à présent l'éternité va être réellement longue. Je vais faire en sorte qu'elle ai à contempler chaque victime, chaque femme que je viderais de son sang, chaque ingénue qui cédera à mes avances, chaque couple que je briserais en son nom.

Ses paroles m'amusent et je souris, agitant la main vers la salle pour lui faire signe de se retourner, avant de désigner savamment quelques grands noms de la noblesse.

-Evidemment, il va sans dire, qu'il nous faut un candidat fortuné et vigoureux, il serait dommage que tu sois délaissé dans ton propre lit. Peut être avec un héritier adulte, cela te distraira si ton époux doit voyager. Voyons,voyons...nous devrions demander à la Duchesse, c'est une femme délicieuse qui ne se lassera jamais de créer des alliances.

Les françaises semblent toutes êtres des créatures de jeu, présentant un visage et des manières délicates, offrant des divertissements qu'aucune morale ne pourrait réprouver, pour ensuite déchaîner les passions. J'ai déjà eu l'occasion de rencontrer quelques politiciennes de l'ombre entre autres professions peu recommandables et définitivement interdite au sexe faible. Aussi les mariages arrangés sont la couverture parfaite pour un véritable réseau de contrebande notamment. Et cela ne m'amuserait que plus que de voir Sinead prise dans une telle toile d'araignée.

Elle réagit avec brio à ma provocation, et je ne peux qu'avouer que cela m'avait manqué. Elle n'a pas peur de moi, au contraire elle n'hésite pas à s'opposer à moi comme si j'étais toujours cet humain qu'elle tenait en son pouvoir. Mon annonce ne doit certainement pas lui plaire, mais elle ne montre pas son déplaisir, me provoquant à son tour en me proposant d'assister à l'aube. M'asseyant de profil sur la rambarde, je laisses mes jambes pendre dans le vide, estimant que l'atterrissage sera vigoureux mais ne nous fera point de mal.

-Que de douces paroles, nous devrions y aller. La malheureuse à du comprendre que son charmant ne viendrait pas à présent. Quand à son sort, je ne saurais le prédire, elle est après tout seule maîtresse de celui-ci. Peut être serait-il plus divertissant d'aller admirer la roseraie, j'ai entendu dire que ces fleurs pouvaient pleurer des larmes de sang. Contes de bonnes femmes certainement, mais cela égaierait ta chevelure.

Je lui tends une main pour l'entraîner dans ma chute, certain qu'elle ne reculera pas. Elle a après tout l'occasion de me faire souffrir aussi en m'entraînant jusqu'à l'aube. Le soleil ne me tuera pas, et la lumière de l'aube ne me brûlera pas non plus, mais cela me videra lentement de mon énergie et sera douloureux. Je ne pourrais donc rester dehors longtemps, juste assez pour lui faire mes adieux, et la laisser se questionner sur mes prochains mouvements.



 
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Merci Illyan !! J'ai bavé sur mon clavier également ! Il t'est évidemment destiné héhé !


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