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 Car j'ai fini par te pardonner - o'she.

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MessageSujet: Car j'ai fini par te pardonner - o'she.   Lun Avr 11 2016, 21:22



« Mais t'as laissé ton odeur sur les draps,
Je donnerais tout pour être dans tes bras  »
feat. O'Shean


Comme un ouragan qui aurait tout chamboulé sur son passage, le bond dans le temps avait brisé des cœurs, raffermi des liens, permis de retrouver des amants perdus. L’espace d’un moment, dans ces robes pas à ma taille, dans mon carcan trop serré de petite femme qui n’avait aucun pouvoir, c’était comme si le Béhémoth avait tout ravagé sur son passage. Il y avait d’abord eu l’inquiétude pour les autres, pour les amis, pour ceux qui nous manquait ; il y avait ensuite eu l’inquiétude pour soi-même, car l’égoïsme était une caractéristique si propre à l’être humain que je m’en étais correctement badigeonnée pour être bien sûre de rentrer dans le moule ; et puis seulement à la toute fin, la peur que tout ce qu’on avait jamais connu, tout ce qu’il y avait de tangible autour de nous ne serait jamais plus.

Quand le temps s’était remis en place, que les démons avaient cessé leurs petits jeux mesquins et que les soldats de notre bon Dieu s’étaient enfin décidés à venir sur Terre, lorsque toute cette miséricorde s’était abattue sur moi, il avait fallu un long moment avant que mon petit cœur de croyante ne se remette du choc. On était bel et bien revenue à Inverness, en 2016, dans le bon espace-temps mais avec des morts en plus, et des disparitions aussi. Il y avait eu cet appel incessant des âmes tourmentées qui demandaient d’être relâchées, d’être aidées, d’enfin en finir avec la vie.

Parfois je me prenais la tête dans les mains et je me demandais si c’était vivable, d’avoir toutes ses voies en soi. Il y avait eu les attentats de Paris, de Bruxelles, et toutes ces guerres au fin fond du monde – trop loin pour que les âmes désincarnées ne m’atteignent, mais pourtant si proches… N’était-ce pas mon but, ma destinée, que de partir dans ces déserts de sang, de travailler jour et nuit comme à la vieille époque, où les âmes étaient si nombreuses qu’elles menaçaient d’engloutir les vivants ?
Enfermée dans le noir pendant des jours, ce n’était qu’après que j’avais ressenti le cri rougeoyant, la nécessité d’aller voir la meute, car la meute appelait, tourmentée.

Depuis le partage des sens avec O’Shean – oh, O’Shean, j’essayais de l’enfermer dans une petite boîte bien à clef, que j’aurais jetée dans le plus profond des abysses… -, je sentais la meute si loin, et pourtant si proche, cette entité magique si féroce protégée par les sortilèges de Brianna. Mais les pleurs de la mort étaient bien plus puissants que tout. Et c’était l’âme en peine que je me ruais sur le territoire lycan. Il y avait bien Sinead alentours, et je ne voulais pas qu’elle arrive avant moi, qu’elle me ravisse encore quelque chose qui m’appartenait, que la jalousie ne s’immisce une fois encore, une fois de trop, car la jalousie tuait, rendait fou, fou à lier, à rester des jours et des nuits enfermée dans une chambre…

J’arrive près de la maison, je pourrais presque sentir l’odeur de la mort sur ma langue, et je sais que l’alpha sait.
On sait tous les deux.


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MessageSujet: Re: Car j'ai fini par te pardonner - o'she.   Mer Avr 13 2016, 22:00


Faucheuse & Alpha


(verlaine) ▽ Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville, Quelle est cette langueur Qui pénètre mon cœur ?
On est rentrés. J'arrive à peine à y croire. On est rentrés à notre époque, chez nous. Et non seulement Roxanne et moi sommes tous les deux sains et saufs, mais elle porte notre enfant, cet héritier que je désire depuis si longtemps, cette famille que je ne croyais jamais avoir. Alors que cette épreuve aurait dû lui donner toutes les raisons de me fuir, ou de tout laisser tomber, elle n'a jamais cessé de se battre, et de croire dans le fait que l'on s'en sortirait, que l'on retrouverait nos vies. Et on l'a fait. Il me faut maintenant découvrir ce qu'il s'est passé et comment l'empêcher. Car si la nouvelle d'une grossesse me réjouit, je sais aussi que cela met en danger Roxanne. Il y a très peu de chance que le bébé naisse loup de naissance, mais je ne prendrais pas de pari là dessus, et surtout, cela va approfondir notre lien encore plus, d'une façon des plus imprévisibles vu qu'elle n'est pas louve. Chaque mois la tentation de la transformer sera plus forte, jusqu'à être pratiquement intolérable, alors que grandira la tentation contradictoire aussi de l'éloigner pour la protéger. Car je ne me fais pas d'illusion, mes loups aussi tolérants soient-ils, ne peuvent accepter une humaine comme lupa.

Il me faut la protéger, et protéger également une meute déconstruire et en colère. Ils ont crus que je les avais abandonnés, que j'étais partit avec elle, ils ont souffert comme moi à chaque seconde de l'absence de lien, sentant peu à peu la bête bondir et s'emparer de leurs sens, émotions, jusqu'à prendre leur corps pour les moins dominants. Dougal a tenu autant qu'il a pu. Il s'est battu pour garder l'ordre, mais il n'a pu empêcher les transformations, et hors pleine lune cela leur a ôté toute humanité. Ils l'ont tué car ils ne reconnaissaient pas en lui leur alpha, et personne ne pouvant prendre cette place ici, ils se seraient certainement entretués entre dominants, ou seraient demeurés sous forme de loup pour survivre et échapper à cette fin.

Le bilan est terrible, et la maison en portera à jamais les marques. Les regards sont lourds, cernés, les gestes douloureux, et les blessures nombreuses. D'ici quelques temps rien n'y paraîtra plus, les corps vont se régénérer plus rapidement maintenant que l'on est réunis, les absents n'étant pas disparus mais mort, la magie s'est regroupé autour de ceux qui sont bien là, vivants et puisants à sa source. Quand nous serons remit, et que les tensions seront calmées, on réparera la maison, travailler ensembles de nouveau, et surtout leur rappeler que c'est tout autant leur foyer que le mien, que c'est notre centre de pouvoir mais surtout un lieu ou être libre est des plus importants.

Et puis ici ils sont protégés des chasseurs et autres créatures qui pourraient leur vouloir du mal. Je doutes que les protections même combinées avec celles de Brianna puisse retenir un démon, mais pour le moment la maison reste le lieu le plus sûr. Offrant de plus la proximité des bois et de cachettes souterraines. Mais il nous faut de l'aide, de l'aide de créatures qui pourront nous aider à nous préparer à cette nouvelle ère.

Il est coutume chez les loups de dévorer le corps des défunts, aspirant ainsi souvenirs et pouvoir, et gardant avec nous les êtres perdus. Il n'y a donc pas de corps à enterrer. Dougal et Camille ont toutefois leurs sépultures, avec les objets leur appartenant, et la cérémonie est grave, empreinte de la peur que la folie quelque part nous ai touché nous aussi. Il n'y a pas de mot de réconfort assez fort, alors je les serre contre moi, en attendant que l'aube nous réchauffe et nous oblige à reprendre nos vies.

Tout me semble lourd, trop lourd, l'air est capiteux, la terre grasse, les nuages bas...Et la magie crépite d'une étrange façon. Je sais qu'elle arrive au moment ou elle s'approche de la frontière. Je la sens à présent. Comme un battement de coeur particulier, un souffle parfumé, associé à une lumière douce, rassurante. C'est ainsi que l'appelle le loup, dans son langage à lui, car elle n'est rien qu'il connaît. J'aurais évidemment préféré la voir dans des circonstances bien plus positives et joyeuses, pour reprendre notre échange d'informations sur nos natures respectives par exemple, ou discuter d'histoire, tout en randonnant. Mais je lui suis d'ores et déjà reconnaissant. Elle est certainement venue dès qu'elle a su, et même si comme moi elle est en retard, sa présence compte, elle apaisera les coeurs et les pleurs, redonnera un espoir à ceux que la culpabilité ronge malgré le fait qu'ils savent tous que l'instinct ne peut être jugé si l'on veut vivre avec soi.

Je lui tends un verre de whisky dès qu'elle passe le porche, lui lançant un regard lourd de peine mais aussi de confiance. Je sais qu'elle est à présent la seule qui puisse faire quelque chose. Et j'espère que de son côté elle n'a pas perdu une personne chère. Il me semble déjà qu'elle porte un deuil tout autour d'elle.

-Merci d'être venu, cela doit être tout aussi pénible pour toi.

(c) AMIANTE



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LET THE WIND CARRY US, TO THE CLOUDS, HURRY UP. WE CAN TRAVEL SO FAR AS OUR EYES CAN SEE. WE GO WHERE NO ONE GOES. OUR DREAMS ARE NEVER TOO BIG.
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MessageSujet: Re: Car j'ai fini par te pardonner - o'she.   Mer Avr 13 2016, 22:40



« I'll smile I know what it takes to fool this town,
I'll do it till the sun goes down  »
feat. O'Shean


Il me tendit un verre de whisky, comme si on se connaissait depuis toujours, comme si c’était notre petit rituel à nous. Il me connait depuis bien longtemps, et moi aussi, car j’ai guidé bon nombre d’esprits de loup de l’autre côté, au travers du Voile. J’attrapai le verre, ayant presque envie de poser une main rassurante sur son épaule « c’est pas ta faute, mec, t’inquiète pas ». J’ai un travail à accomplir ici, mais j’ai aussi beaucoup de choses à lui dire, à lui demander. Si sa meute est dans cet état-là, je ne me leurre pas : ça a tout à voir avec ce fichu bond dans le temps qui nous a coupé l’herbe sous le pied. Je plongeai mon regard dans le liquide ambré, le cœur emplit de doutes et de désarroi. Il y a beaucoup d’âmes, et ça va être une très longue nuit, surtout qu’elles semblent être mortes dans des conditions peu favorables au passage.
En plus de ça, je suis en retard.
La mort, en retard.
On aura tout vu.
Dans un rire amer, je descends le verre.

« Merci d’être venue, cela doit être tout aussi pénible pour toi. » Je haussai les épaules, ne sachant pas trop comment répondre à cet élan de gentillesse. Un peu comme si je me sentais gauche dans mes mouvements, dans mes envies. « Avec tout ce qui s’est passé, c’est triste à dire, mais je suis presque contente d’être enfin face à une situation normale. Je m’occupe de… de tout ça, et je viens te voir après. Tu aimerais que je leur dise quelque chose ? » Je déposai le verre en le remerciant d’un hochement de tête. Et je me plonge dans ce que je sais faire de mieux, ce pour quoi je suis ici.

L’ordre.
Pur.
Naturel.
Beau.
C’est presque agréable d’amener toutes ces âmes, comme un sentiment que tout marche bien et que tout continuera de bien fonctionner. Pourtant, au fond de moi, je sais que c’est faux.

Je n’ai pas le compte exact. Je sais juste que Dougal a été très compliqué à amener de l’autre côté, amer, triste, déshonoré presque. Les autres n’ont pas opposé tant de résistance que ça – ils n’avaient plus d’alpha, certains étaient déjà tombés dans la folie, à moitié coincé entre une forme humaine et lupine. Je n’ai même pas saisi l’identité de certains. Lorsque mon travail est achevé, je me rends sous la véranda, où O’Shean est là, certainement à regarder les étoiles. J’ai beaucoup de choses à lui dire, mais c’est comme si les mots étaient coincés dans ma gorge – ou tournaient en rond dans mon cœur, comme un chat qui souhaiterait mordre sa queue. « Dougal te fait ses excuses. Il aurait aimé que les choses tournent autrement. Il a vraiment essayé. Ils sont tous partis sans opposer de résistance, leur âme est en paix, tu peux dormir tranquille. » C’est un mensonge, bien sûr, mais je sais bien mentir à ceux qui restent encore sur cette Terre. Il paraît que ça a quelque chose à voir avec la bienveillance, ou la candeur que je dégage. Parfois je me demande quel effet ça fait d’avoir Sinead en face de soi après qu’elle ait exécuté son travail… J’aurais pu ajouter qu’ils étaient tous partis Là-Haut, mais c’était le mensonge de trop : O’Shean sait bien comment peuvent être les loups. « Tu étais parti aussi, n'est-ce pas ? » Combien d’âmes n’ont pas reçu mon secours ? Combien sont restées dans le noir, à m’appeler, pendant des heures, des jours, des nuits ?
Mon Dieu.
Venez-moi en aide.


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